mardi 29 janvier 2019

Explosion du trafic aérien

Un rapport sur les performances environnementales des aéronefs décrit les améliorations en matière de durabilité de l'aviation en Europe tout en pointant l'explosion du trafic aérien.
Elaboré par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) et Eurocontrol, le deuxième rapport environnemental européen sur l'aviation souligne le paradoxe d'une aviation toujours plus ‘'verte'', mais dont les émissions vont continuer à exploser. De fait, le nombre de vols a augmenté de 8 % entre 2014 et 2017 et va s'accroître de 42 % entre 2017 et 2040 selon les prévisions. D'ici 2040, les émissions de CO2 et de NOX (oxyde nitreux) devraient respectivement grimper d'au moins 21 % et 16 %. En 2016, l'aviation était responsable de 3,6 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'Union européenne des vingt-huit et de 13,4 % des émissions du secteur des transports.
Face à ces constats, la Commission européenne estime que ‘'la contribution du secteur aérien à la lutte contre le changement climatique nécessitera son engagement total en faveur d'investissements dans des solutions de décarbonation de l'aviation, en vue d'atteindre l'objectif de l'UE de parvenir à zéro émission nette d'ici à 2050'', souligne un communiqué publié le 24 janvier.
Les améliorations technologiques et le renouvellement de la flotte ont pu partiellement contrebalancer l'impact de la croissance récente, mais le bruit et les émissions ont tout de même augmenté depuis 2014. Le nombre d'aéroports majeurs qui traitent plus de 50.000 mouvements d'aéronefs par an devrait passer de 82 en 2017 à 110 en 2040 et, par conséquent, le bruit des avions pourrait affecter plus d'Européens.
Cependant l'efficacité environnementale de l'aviation continue de s'améliorer et d'ici 2040, d'autres améliorations en termes de consommation moyenne de carburant par passager-kilomètre parcouru (-12 %) et d'énergie sonore par vol (-24 %) sont à prévoir, selon le rapport.
Réduire le bruit
Premier train de mesures, la mise en œuvre d'innovations de conception des aéronefs afin d'en réduire le bruit, auquel sont exposés des millions d'Européens. Les données de certification récentes démontrent que les technologies de pointe continuent d'être intégrées dans les nouvelles conceptions. La nouvelle norme de bruit des aéronefs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018 et les prochaines normes relatives aux émissions de CO2 et aux moteurs des avions seront appliquées dès le 1er janvier 2020.
Le niveau sonore moyen de la catégorie des avions à deux allées de la flotte européenne a considérablement diminué depuis 2008 en raison de l'introduction de l'Airbus A 350 et du Boeing 787, souligne le rapport.
En 2017, 9,6 millions de vols ont eu lieu à destination ou en provenance des aéroports des vingt-huit pays de l'Union européenne en 2017 et leur nombre devrait augmenter de 42 % entre 2017 et 2040. L'initiative Ciel unique européen a introduit des instruments réglementaires pour aider à relever les défis environnementaux associés à cette croissance. Par exemple, les opérations de descente continue des aéronefs ont le potentiel de réduire à la fois le bruit et le CO2, en particulier dans la zone centrale européenne. De nouveaux processus de vérification et de collecte des certificats de bruit des avions sont mis en place par l'AESA afin de soutenir une approche harmonisée.
Des carburants ‘'durables''
Autre priorité, l'utilisation des carburants aviation durables. Le recours à ces carburants est actuellement minimal et devrait rester limité à court terme. Selon le rapport, les carburants d'aviation durables pourraient apporter une contribution importante à l'atténuation des impacts actuels et futurs de l'aviation sur l'environnement.
Six filières de production des carburants d'aviation à base de biocarburants ont été certifiées et plusieurs autres sont en cours d'approbation. L'Union européenne a le potentiel d'augmenter sa capacité de production de carburant d'avions biosourcé, mais l'utilisation par les compagnies aériennes reste minime en raison de plusieurs facteurs, notamment le coût par rapport au carburant d'aviation conventionnel et la faible priorité accordée à la plupart des politiques bioénergétiques nationales.
Anticiper les effets du climat sur le trafic aérien
En 2016, un accord a été conclu au sein de l'Organisation de l'aviation civile internationale en vue de la mise en place d'un système de compensation et de réduction des émissions de carbone pour le transport international. Depuis novembre 2018, 76 États se sont portés volontaires pour compenser leurs émissions à partir de 2021.
Les effets du changement climatique pourront affecter l'aviation. Des températures moyennes et extrêmes plus élevées auront une incidence sur les performances générales des avions. Ceci est dû au fait que, lorsque la température de l'air augmente, sa densité diminue et que la portance est réduite. Plusieurs aéroports dans le monde prévoient déjà des départs à des heures plus fraîches de la journée pour les avions les plus lourds, afin de prendre en compte les températures plus élevées.



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