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On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
mardi 7 juillet 2026
Accident de décompression : la plus grande étude jamais réalisée révèle 12 facteurs de risque majeurs
Accident de décompression : la plus grande étude jamais réalisée révèle 12 facteurs de risque majeurs
L’accident de décompression (ADD) reste l’une des principales craintes du plongeur, et l’une des plus mal comprises. On entend souvent qu’il suffit de « respecter son ordinateur » pour être protégé. La réalité est plus nuancée. Un ADD survient lorsque l’azote dissous dans les tissus au cours de la plongée forme des bulles lors de la remontée, plus vite que l’organisme ne peut les éliminer. Ces bulles peuvent provoquer des douleurs articulaires, des troubles neurologiques ou, dans les cas graves, des atteintes potentiellement mortelles.
Le point essentiel, confirmé par la recherche la plus récente, est le suivant : un accident de décompression peut survenir même lorsque les paliers et les procédures de l’ordinateur ont été scrupuleusement respectés. Les algorithmes de décompression actuels reposent sur des modèles théoriques d’un plongeur « moyen ». Ils ne tiennent pas compte de la variabilité physiologique individuelle ni de nombreux facteurs personnels et opérationnels qui modulent le risque réel.
C’est précisément ce qu’éclaire l’étude DAN Europe publiée en 2026, « Identification of DCS risk factors in recreational diving », réalisée à partir de la base de données DAN DSL (version 07/2024). Il s’agit, à ce jour, de la plus grande analyse de données de plongée réelle jamais publiée. Là où la plupart des travaux antérieurs s’appuyaient sur des expériences contrôlées ou sur quelques milliers de plongées, cette étude a passé au crible 127 957 plongées effectuées par 5 907 plongeurs dans des conditions réelles. Son modèle statistique identifie 12 facteurs de risque indépendants et atteint une qualité prédictive remarquable (aire sous la courbe ROC de 0,910).
Cet article décrypte ces 12 facteurs, explique pourquoi certains résultats sont contre-intuitifs, et surtout détaille ce que vous, plongeur, pouvez réellement contrôler pour réduire votre risque personnel.
Étude DAN Europe · 2026
Les chiffres clés de la décompression en plongée
Une analyse en conditions réelles, à grande échelle, pour mieux comprendre et prévenir les accidents de décompression.
Plongées analysées
127 957
en conditions réelles
Plongeurs suivis
5 907
79,8 % hommes · 20,2 % femmes
Accidents observés
628
accidents de décompression
0,49 %
taux d’incidence global
12
facteurs de risque indépendants identifiés
0,910
Qualité prédictive du modèle
Aire sous la courbe ROC = 0,910 — une capacité de prédiction excellente.
Pourquoi un accident de décompression peut-il survenir même en respectant son ordinateur ?
La majorité des plongeurs victimes d’un ADD n’ont commis aucune « faute » évidente. Ils ont suivi leur ordinateur, respecté leurs paliers et leur vitesse de remontée. Comment l’expliquer ? L’étude DAN Europe 2026 met en lumière plusieurs raisons structurelles.
Les limites des modèles de décompression actuels
La plupart des ordinateurs de plongée reposent sur l’algorithme Bühlmann ZH-L16C, qui divise le corps en 16 compartiments tissulaires théoriques, chacun absorbant et rejetant l’azote à une vitesse différente. Ce modèle est robuste, mais il décrit un plongeur théorique. Il ne « sait » rien de votre morphologie, de votre état de forme du jour, de votre température corporelle ou de votre effort réel. Il calcule une décompression sûre en moyenne, ce qui n’équivaut pas à une décompression sûre pour chaque individu, à chaque plongée.
La variabilité individuelle
Deux plongeurs effectuant exactement le même profil n’ont pas le même risque. L’étude le démontre clairement : à profil identique, le sexe, la corpulence et d’autres caractéristiques personnelles modifient fortement la probabilité d’ADD. Le modèle « universel » de l’ordinateur ne capture pas cette variabilité.
Les facteurs physiologiques
L’état de l’organisme au moment de la plongée — niveau de fatigue, effort musculaire fourni, hydratation, inflammation — influence la formation et l’élimination des bulles. Ces variables ne sont pas mesurées par les ordinateurs actuels mais pèsent réellement sur le risque.
Les facteurs environnementaux et opérationnels
La température de l’eau, le nombre de gaz utilisés, l’objectif de la plongée (loisir ou technique), l’enchaînement des plongées et la durée des intervalles de surface comptent aussi. Selon l’étude DAN Europe publiée en 2026, ces paramètres opérationnels modifient le risque indépendamment du profil de décompression lui-même.
En résumé : respecter son ordinateur réduit fortement le risque, mais ne l’annule jamais. Le risque résiduel dépend de facteurs personnels et opérationnels que l’étude DAN Europe 2026 a précisément quantifiés.
Les 12 facteurs qui augmentent ou diminuent le risque d’ADD selon DAN
À partir d’une régression logistique multivariée (la méthode qui isole l’effet propre de chaque variable, indépendamment des autres), les chercheurs ont retenu 12 facteurs ayant une influence statistiquement indépendante sur la survenue d’un ADD. Pour chacun, l’étude fournit un « odds ratio » (OR) : un OR supérieur à 1 signale un facteur aggravant, un OR inférieur à 1 un facteur protecteur. Voici ce qu’ils signifient concrètement pour vous.
1. Le gradient de sursaturation de surface (DSSG)
Ce que c’est : le DSSG (DAN Surface Supersaturation Gradient) mesure le degré de sursaturation en azote de vos tissus au moment précis où vous atteignez la surface. C’est, en quelque sorte, la « pression d’azote en excès » que votre corps doit encore évacuer en sortant de l’eau. Il est recalculé à partir du profil enregistré par l’ordinateur, selon le modèle Bühlmann ZH-L16C.
Ce que montre l’étude : c’est le facteur de risque le plus déterminant de tous. Le DSSG médian était de 0,866 dans les plongées avec ADD contre 0,743 dans les plongées sans ADD (p < 0,001). La progression est spectaculaire : à un DSSG de 0,7, le taux d'ADD est de 0,095 % ; à 0,8, il monte à 0,72 % ; à 0,9, à 3,34 % ; et au-delà de 1,0, il atteint 37,5 %.
Conséquence pratique : le DSSG est entièrement contrôlable par le plongeur, car il dépend du profil (profondeur, durée, remontée, paliers). Plonger avec un réglage plus conservateur, ralentir la remontée et prolonger les paliers de sécurité font baisser le DSSG, et donc le risque, de façon directe.
2. Le compartiment directeur
Ce que c’est : dans le modèle Bühlmann, le « compartiment directeur » est le tissu théorique qui, à un instant donné, atteint le premier sa tension critique en azote. C’est lui qui pilote le calcul de la décompression et impose, le cas échéant, les paliers.
Ce que montre l’étude : le numéro du compartiment où survient le DSSG maximal influence le risque d’ADD de manière indépendante (OR = 0,79 par incrément). Il est aussi corrélé au nombre de gaz utilisés, signe qu’il reflète en partie le type de plongée pratiquée.
Conséquence pratique : ce paramètre est surtout technique. Pour le plongeur, il rappelle qu’il existe des profils « rapides » (compartiments courts) et « lents » (compartiments longs) et que les futurs ordinateurs intégreront ce niveau de finesse dans l’estimation personnalisée du risque.
3. Le sexe féminin
Ce que c’est : le sexe biologique du plongeur, traité comme facteur physiologique non modifiable.
Ce que montre l’étude : c’est le facteur physiologique le plus marquant. En analyse brute, l’ADD est survenu 3,29 fois plus souvent chez les femmes (1,25 %) que chez les hommes (0,38 %). En analyse multivariée, l’odds ratio atteint 4,63, soit un risque accru d’environ 363 % indépendamment des autres paramètres.
Pourquoi cet effet ? Les chercheurs renvoient à des travaux sur modèles animaux suggérant que les mécanismes de résistance à l’ADD diffèrent entre les sexes : une moindre tendance à la coagulation et une réponse inflammatoire particulière à la décompression sembleraient favoriser la résistance masculine. Ces mécanismes restent à confirmer chez l’humain.
Conséquence pratique : ce facteur n’est pas modifiable, mais il plaide pour davantage de conservatisme. Une plongeuse a tout intérêt à adopter des marges de sécurité plus larges, sans dramatiser : 1,25 % reste un taux faible en valeur absolue.
4. Un IMC (indice de masse corporelle) faible
Ce que c’est : la classe d’IMC du plongeur, du sous-poids à l’obésité.
Ce que montre l’étude : le résultat est contre-intuitif. Les données brutes décrivent une courbe en U, mais l’analyse multivariée révèle qu’une classe d’IMC plus basse, en particulier en dessous de la normale, est associée à une augmentation de 15 % des cotes d’ADD (OR = 0,85 par classe, c’est-à-dire que descendre d’une classe augmente le risque). Les chercheurs soulignent eux-mêmes que ce résultat justifie de futures recherches.
Conséquence pratique : contrairement à une idée répandue, être très mince ne protège pas. L’IMC n’est pas modifiable à court terme ; là encore, le message est au conservatisme plutôt qu’à l’inquiétude.
5. L’utilisation de plusieurs gaz
Ce que c’est : le nombre de mélanges gazeux différents utilisés au cours d’une même plongée (air, nitrox, mélanges techniques…).
Ce que montre l’étude : c’est le facteur de risque non physiologique le plus puissant, juste derrière le sexe. Chaque gaz supplémentaire multiplie les cotes d’ADD par environ 2,9 (OR = 2,87). La progression du taux d’ADD est nette : 0,40 % avec un seul gaz, 2,81 % avec deux, 8,59 % avec trois, et jusqu’à 50 % avec quatre.
Pourquoi cet effet ? Le nombre de gaz n’est pas dangereux en soi : il est un marqueur de la plongée technique (recycleurs, grandes profondeurs, longues durées, refroidissement, déshydratation). C’est cet ensemble de contraintes que le « nombre de gaz » résume.
Conséquence pratique : les plongées multi-gaz appellent une planification, un entraînement et un conservatisme renforcés. Le risque est lié au contexte technique global, pas à la simple présence d’un deuxième détendeur.
6. L’exercice physique avant la plongée
Ce que c’est : l’activité physique réalisée juste avant la mise à l’eau.
Ce que montre l’étude : un exercice avant la plongée double le risque d’ADD en analyse multivariée (OR = 2,06). En données brutes, le taux d’ADD passe de 0,38 % sans exercice à 0,78 % avec un exercice léger.
Pourquoi cette nuance importante ? Les auteurs invitent à interpréter ce résultat avec une extrême prudence. D’autres travaux solides montrent qu’un exercice contrôlé en « pré-conditionnement » (par exemple un effort aérobie modéré quelques heures avant) réduit au contraire la formation de bulles. Le questionnaire DAN ne distinguait pas l’exercice de préparation de l’effort « parasite » (porter du matériel lourd, lutter contre le courant peu avant l’immersion). De plus, exercice et fatigue avant la plongée étaient fortement corrélés.
Conséquence pratique : évitez les efforts intenses non préparés juste avant l’immersion. Un pré-conditionnement léger et planifié n’est pas à fuir ; un effort épuisant improvisé, si.
7. Le confort thermique
Ce que c’est : la sensation de température ressentie par le plongeur pendant la plongée (du froid au confortable, voire au chaud).
Ce que montre l’étude : autre résultat contre-intuitif. Le taux d’ADD le plus élevé concernait les plongées où le plongeur se déclarait à l’aise thermiquement (0,51 %), contre 0,16 % quand il avait froid. En multivariée, passer du froid au confort augmente les cotes d’ADD d’un facteur 2,83, comparable à l’effet du nombre de gaz.
Pourquoi cet effet ? L’explication tient à la physiologie de la décompression. Être chaud pendant la phase de fond favorise la circulation périphérique et donc l’absorption d’azote ; rester chaud (ou se réchauffer) pendant la remontée et la décompression accélère au contraire l’élimination. Le scénario le plus risqué est d’être chaud au fond puis de se refroidir à la remontée. Les chercheurs soulignent que le confort « ressenti » est subjectif et que de futures mesures de température corporelle réelle (centrale et cutanée) seront nécessaires pour clarifier ce mécanisme.
Conséquence pratique : l’idéal est d’éviter d’être trop chaud pendant la phase profonde et de rester bien protégé du froid pendant la remontée et les paliers. La gestion thermique compte autant que le profil.
8. La charge de travail pendant la plongée
Ce que c’est : l’intensité de l’effort fourni sous l’eau (palmage soutenu, courant, manutention, travail au fond).
Ce que montre l’étude : un effort marqué pendant la plongée augmente les cotes d’ADD de 61 % (OR = 1,61). Le taux d’ADD passe de 0,39 % sans charge de travail notable à 0,67 % avec.
Conséquence pratique : économisez votre effort, surtout en phase profonde. Un palmage calme, un lestage bien réglé et l’anticipation des courants réduisent directement ce facteur, qui fait partie des plus facilement maîtrisables.
9. L’objectif technique de la plongée
Ce que c’est : la finalité déclarée de la plongée (loisir, encadrement, technique, etc.).
Ce que montre l’étude : les plongées à but technique augmentent les cotes d’ADD de 36 % (OR = 1,36). En données brutes, leur taux d’ADD atteint 1,24 %, contre 0,57 % pour les plongées loisir.
Conséquence pratique : la plongée technique concentre plusieurs facteurs aggravants à la fois (profondeur, durée, multi-gaz, froid). Elle exige une formation spécifique et une rigueur de planification proportionnelle au risque, indispensables pour devenir moniteur de plongée ou encadrer des plongeurs dans des environnements plus exigeants.
Pour les futurs encadrants préparant le BPJEPS plongée, la compréhension de ces mécanismes de risque constitue une compétence fondamentale.
Les professionnels évoluant vers des responsabilités d’encadrement avancé ou de direction technique via le DEJEPS plongée sont particulièrement concernés par ces problématiques de gestion du risque.
10. Le nombre de plongées répétitives
Ce que c’est : le nombre de plongées enchaînées dans une même série (toute plongée réalisée dans les 48 heures suivant la précédente étant comptée comme « répétitive »).
Ce que montre l’étude : effet apparemment protecteur. Chaque plongée supplémentaire dans la série réduit les cotes d’ADD d’environ 6 % (OR = 0,94).
Pourquoi cette prudence ? Les auteurs expliquent que ce résultat est probablement lié à la définition même de la « série » : pour qu’une plongée soit comptée comme répétitive, l’intervalle de surface a pu s’allonger jusqu’à 48 heures. C’est donc surtout l’allongement des intervalles qui protège, pas le fait d’enchaîner les plongées en soi.
Conséquence pratique : ne lisez pas ce facteur comme « plus je plonge, moins je risque ». Lisez-le comme une confirmation indirecte de l’importance des intervalles de surface (facteur suivant).
11. L’intervalle de surface
Ce que c’est : le temps passé en surface entre deux plongées d’une même série.
Ce que montre l’étude : chaque heure supplémentaire d’intervalle de surface réduit les cotes d’ADD de 4 % (OR = 0,96). L’effet est cumulatif et confirme une recommandation classique de la plongée loisir.
Conséquence pratique : allonger ses intervalles de surface est l’un des leviers les plus simples et les plus efficaces pour réduire son risque. Selon l’étude DAN Europe 2026, les recommandations de sécurité devraient explicitement encourager des intervalles prolongés.
12. La fatigue ressentie avant la plongée
Ce que c’est : l’état de forme déclaré par le plongeur avant l’immersion (reposé, fatigué ou épuisé).
Ce que montre l’étude : le résultat le plus surprenant. Se sentir fatigué ou épuisé avant la plongée réduit les cotes d’ADD de 70 % (OR = 0,30). Autrement dit, la fatigue ressentie apparaît comme protectrice.
Pourquoi cet effet contre-intuitif ? L’explication retenue par les chercheurs est comportementale : un plongeur qui ne se sent « pas en forme » a tendance à plonger de façon plus prudente et plus conservatrice (profil moins agressif, remontée plus lente, plongée écourtée). C’est cette prudence accrue, et non la fatigue elle-même, qui réduirait le risque. Les auteurs précisent que la structure de la base ne permet pas de conclure définitivement et qu’une révision du questionnaire est prévue.
Conséquence pratique : le vrai message n’est pas « plongez fatigué », mais « plongez prudemment ». Le bénéfice observé vient du comportement conservateur. Adopter cette prudence quel que soit son état de forme est la bonne leçon à retenir.
Quels facteurs un plongeur peut-il réellement contrôler ?
Tous les facteurs n’ont pas le même statut. Certains sont gravés dans votre physiologie ; d’autres dépendent entièrement de vos choix avant et pendant la plongée. Le tableau ci-dessous fait le tri.
Tableau récapitulatif des principaux facteurs de risque de l’accident de décompression (ADD) identifiés par l’étude DAN Europe 2026, avec leur impact potentiel et leur caractère modifiable.
Facteur Modifiable ? Impact potentiel
Gradient de sursaturation (DSSG) Oui (profil, paliers) Très élevé — facteur n°1
Charge de travail Oui Élevé (+61 %)
Intervalle de surface Oui Protecteur (-4 %/heure)
Confort thermique En partie Élevé (×2,8)
Exercice avant la plongée Oui Élevé (×2,0)
Nombre de gaz / type technique Oui (choix de plongée) Très élevé (×2,9)
Comportement prudent / conservatisme Oui Protecteur
Sexe Non Très élevé (×4,6)
IMC / corpulence Non (court terme) Modéré (+15 %/classe basse)
Compartiment directeur Non directement Modéré
Voici comment agir concrètement sur les leviers que vous maîtrisez :
Gestion de l’effort : palmez calmement, soignez votre lestage et votre stabilité, anticipez les courants. Réduire la charge de travail diminue directement le risque.
Hydratation : bien que non mesurée directement par l’étude, la déshydratation est citée comme un facteur associé à la plongée technique. Une bonne hydratation avant la plongée fait partie des recommandations de prévention reconnues.
Température : évitez d’être trop chaud en phase profonde et protégez-vous bien du froid pendant la remontée et les paliers. La combinaison « chaud au fond, froid à la remontée » est la plus défavorable.
Allongement des intervalles de surface : chaque heure supplémentaire compte. C’est l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces.
Conservatisme de la décompression : réglez votre ordinateur de façon plus prudente, ralentissez votre remontée, prolongez votre palier de sécurité. Vous faites baisser le DSSG, le facteur n°1.
Comportement prudent : c’est le fil conducteur de l’étude. Le bénéfice « protecteur » de la fatigue ressentie s’explique par un comportement plus conservateur. Adopter cette prudence systématiquement est la meilleure prévention.
Ce que cette étude va probablement changer dans les futurs ordinateurs de plongée
Au-delà des conseils pratiques, l’étude DAN Europe 2026 ouvre une perspective importante : la fin du modèle de décompression « unique pour tous » et l’arrivée d’une décompression réellement personnalisée.
La décompression personnalisée
Aujourd’hui, votre ordinateur applique le même algorithme que celui de votre voisin de palanquée, sans tenir compte de votre sexe, de votre corpulence ou de votre état du jour. Le modèle DAN, qui isole l’effet propre de 12 facteurs personnels et opérationnels, fournit la base statistique d’un calcul ajusté au profil individuel.
Les modèles probabilistes
Les ordinateurs actuels raisonnent en « oui/non » : la décompression est respectée ou non. Le modèle DAN, lui, calcule une probabilité d’ADD à partir d’une équation intégrant le DSSG et les autres facteurs. Les chercheurs décrivent explicitement leur travail comme la base d’un « ordinateur de plongée probabiliste individualisé ». Demain, votre ordinateur pourrait afficher non plus une simple consigne, mais une estimation de votre risque réel.
La prise en compte du profil individuel
Le DSSG est, selon les auteurs, le paramètre opérationnel modifiable le plus important et il est « entièrement contrôlable par le plongeur ». C’est donc le candidat naturel pour piloter ces futurs modèles, complété par des facteurs personnels. À terme, des données plus riches (température corporelle réelle, charge de travail quantifiée, voire prédisposition individuelle aux bulles) viendront affiner le calcul.
L’avenir des ordinateurs de plongée
Les auteurs reconnaissent les limites de leur base (absence du foramen ovale perméable, de l’hydratation précise ou de la prédisposition aux bulles) et annoncent des études complémentaires. La direction est claire : l’ordinateur de plongée de demain sera un assistant de risque personnalisé, capable d’adapter la décompression à qui vous êtes et à comment vous plongez, et non plus à un plongeur théorique moyen.
Synthèse
Ce qu’il faut retenir
Les principaux enseignements de l’étude DAN Europe 2026 sur les facteurs de risque de l’accident de décompression.
Point essentiel
Un accident de décompression peut survenir même en respectant son ordinateur : les algorithmes décrivent un plongeur moyen, pas votre physiologie réelle.
Étude de référence
127 957 plongées, 5 907 plongeurs et 628 ADD observés, pour un taux d’incidence global de 0,49 %.
Facteur n°1 : le DSSG
Au-delà d’un DSSG de 1,0, le taux d’ADD atteint 37,5 %. Ce facteur se contrôle via le profil de plongée et les paliers.
Facteurs puissants
Le sexe féminin (×4,6) et le nombre de gaz utilisés (×2,9) ressortent fortement, l’un comme facteur physiologique, l’autre comme marqueur de plongée technique.
Résultats contre-intuitifs
Le confort thermique augmente le risque, la fatigue ressentie semble le réduire via un comportement plus prudent, et un IMC bas n’est pas forcément protecteur.
Vos meilleurs leviers
Conservatisme de la décompression, gestion de l’effort, intervalles de surface plus longs et bonne gestion thermique à la remontée.
Vers une décompression personnalisée
L’avenir appartient aux ordinateurs probabilistes personnalisés, capables d’estimer un risque réel plutôt qu’une consigne unique pour tous.
Fil conducteur
La prévention repose avant tout sur un comportement prudent et conservateur, quelle que soit votre forme du jour.
Pour les candidats souhaitant développer une maîtrise approfondie de la sécurité, de la décompression et de l’encadrement, notre formation complète sur 15 mois permet d’acquérir progressivement les compétences techniques et pédagogiques nécessaires à une pratique professionnelle.
Selon l’étude DAN Europe publiée en 2026, l’ADD touche environ 0,49 % des plongées loisir.
lundi 29 juin 2026
L’usage des pesticides augmente à nouveau en France, en particulier les substances de la famille des « polluants éternels »
Devant l’absence de mise à jour récente de l’indicateur historique par l’Etat, l’association Générations futures publie, jeudi, son propre calcul, à partir des données de ventes de produits et en se fondant sur la méthodologie officielle.
Devant l’absence de mise à jour de l’indicateur historique, Générations futures publie, jeudi 25 juin, son propre calcul, à partir des données de ventes de produits et en se fondant sur la méthodologie officielle. Selon l’association, le NODU a augmenté d’environ 6 % entre 2023 et 2024, dernière année pour laquelle les données sont disponibles. Depuis 2019, note l’ONG, l’indicateur suit une tendance à la hausse et a grimpé de plus de 10 %.
Le ministère de l’agriculture va-t-il continuer à publier l’indicateur historique d’usage des pesticides en France, comme il s’y était engagé ? Rien n’est moins sûr. Baptisé « NODU » (nombre de doses unités) celui-ci est calculé chaque année sans interruption depuis 2009 pour suivre le recours de l’agriculture à ces intrants de synthèse. Mais, en février 2024, un nouveau référentiel a été introduit, reprenant le très contesté indice européen dit « HRI-1 ».
Le recours aux pesticides n’a donc jamais été aussi élevé depuis cinq ans. A son lancement en 2009, le plan Ecophyto avait pourtant pour ambition de voir baisser de 50 % le NODU en dix ans. Cet objectif, plusieurs fois repoussé – avec les plans Ecophyto 2, Ecophyto 2 +, puis Ecophyto 2030 – n’a jamais été atteint, pas plus que n’a été obtenue une baisse effective du recours aux pesticides. Selon les dernières données communiquées par le ministère de l’agriculture, le NODU s’est élevé de près de 8 % entre la fin des années 2000 et 2023.
Disparités d’usage
Le nouvel indice adopté par le ministère – jugé trompeur par le conseil scientifique du plan Ecophyto, mais aussi par d’autres groupes d’experts européens –, se montre bien plus conciliant puisqu’il baisse de près de 50 % sur la même période.
Le NODU masque toutefois des disparités d’usage, selon le danger des produits. L’utilisation du glyphosate, par exemple, ne montre pas d’orientation à la baisse. Entre 2023 et 2024, les tonnages de cet herbicide controversé ont grimpé de 6 752 à 8 268 tonnes, et oscillent depuis 2019 autour de ces valeurs.
Générations futures a également calculé l’évolution du NODU, restreint aux substances officiellement classées « cancérogène, mutagène ou reprotoxique ». En 2024, cet indicateur baisse de 5,5 % environ par rapport à 2023, mais il demeure plus élevé qu’en 2019. L’usage des pesticides classés « perturbateur endocrinien » (une catégorie de danger ajoutée à la réglementation européenne en 2018) est presque stable en 2024 par rapport à l’année précédente, mais la tendance lourde est à la baisse depuis 2019.
C’est pour les pesticides appartenant à la famille des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées ou « polluants éternels ») que les chiffres rassemblés pour la première fois par l’association sont les plus inquiétants. Pour ces pesticides, le NODU est fortement orienté à la hausse depuis cinq ans. Entre 2019 et 2024, le recours à ces substances a augmenté de près de 50 %. Or, celles-ci se dégradent en métabolites persistants qui peuvent contaminer durablement les ressources en eau, à l’image de l’acide trifluoroacétique (TFA).
Dangerosité
Selon une campagne nationale menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, le TFA est retrouvé à des taux supérieurs au seuil de qualité réglementaire dans 92 % des échantillons d’eau potable distribuée en France. Or, le 10 juin, l’Agence européenne des produits chimiques a classé le TFA comme « toxique pour la reproduction suspecté ». Deux jours plus tard, le député écologiste de la Gironde, Nicolas Thierry, a écrit à la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, pour lui demander de rendre publique la liste des pesticides autorisés en France dont la dégradation conduit à la formation de TFA. Contacté par Le Monde, le ministère de l’agriculture n’a pas répondu à nos questions.
« Ces données conditionnent non seulement la bonne information des citoyens, des collectivités, des gestionnaires de services d’eau potable et des agriculteurs eux-mêmes, mais également la capacité des pouvoirs publics à prévenir une contamination dont les conséquences sanitaires, environnementales et économiques pourraient être considérables », commente Nicolas Thierry, à l’origine de la loi de février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS, en interdisant l’usage dans certains produits de grande consommation comme les cosmétiques et les textiles d’habillement.
A la lumière de la reconnaissance par l’Agence européenne des produits chimiques de la dangerosité du TFA, le député demande également à la ministre de préciser « les démarches engagées afin de réexaminer les autorisations des produits concernés ». Seule réponse obtenue à ce jour par le parlementaire : « Bien reçu, merci. »
lundi 15 juin 2026
La santé des océans se dégrade et l'on regarde ailleurs
Le deuxième baromètre Starfish montre une accélération des changements océaniques, en particulier l'élévation du niveau de la mer, l'extinction d'espèces et le réchauffement des eaux. La mobilisation pour répondre à ces menaces reste insuffisante.
« La dégradation de l'océan se poursuit et s'accélère sur plusieurs indicateurs clés, tandis que les réponses politiques, financières et les efforts de protection demeurent insuffisants, tant en ampleur qu'en rapidité », établit la deuxième édition du baromètre Starfish, lancé il y a un an à l'ouverture de la troisième Conférence des Nations unies pour l'océan (Unoc 3) à Nice.
« Des avancées notables en matière de gouvernance témoignent néanmoins d'une mobilisation internationale croissante », constate ce baromètre qui est adossé à l'organisation européenne Mercator Ocean International, intégré au rapport annuel sur l'état de l'océan du service Copernicus Marine, piloté par un comité scientifique réunissant 29 auteurs issus de 14 pays, et dont les résultats sont publiés dans la revue scientifique State of the Planet (1) .
Représenté par une étoile de mer à cinq branches, le baromètre fournit des indicateurs sur l'état de l'océan, les pressions humaines, les impacts sociétaux, les efforts de protection et les opportunités pour l'humanité.
Multiplication des facteurs de stress
En premier lieu, le baromètre met en évidence « une dégradation continue de la santé de l'océan, aggravée par la multiplication simultanée des facteurs de stress climatiques » : élévation du niveau de la mer de 4,2 mm par an sur la période 2012-2025, près du double du rythme observé au cours des décennies précédentes ; vagues de chaleur marines sévères en juin 2025, ayant touché 20 % de l'océan mondial ; stress thermique subi par 84,4 % des récifs coralliens et conduisant à leur blanchissement ; menaces d'extinction pesant sur 1 685 espèces marines ; réduction de la banquise qui a atteint sa deuxième superficie la plus basse depuis 1982 (32,1 Mkm²).
Plus grave, les facteurs de stress climatique n'agissent plus de façon isolée. Vingt-cinq pour cent de l'océan supérieur est désormais exposé simultanément à plus de deux facteurs de stress : réchauffement, désoxygénation et acidification. « On commence à avoir des facteurs de stress climatique qui sont multifactoriels », explique Marina Lévy du CNRS, présidente du comité scientifique. « Cela conduit à un stress qui ne cesse d'augmenter sur les récifs coralliens (…), indispensables pour la vie dans l'océan », illustre-t-elle.
Alors qu'il est le principal tampon climatique de la planète (90 % de la chaleur excédentaire absorbée), les capacités d'absorption de l'océan stagnent depuis 2016, fragilisé par des phénomènes extrêmes (vagues de chaleur, El Niño). Et les choses devraient empirer. « D'ici à 2100, l'océan pourrait avoir à absorber de deux à quatre fois plus de chaleur si le réchauffement mondial est limité à 2 °C, et jusqu'à cinq à sept fois plus, dans les scénarios d'émissions les plus élevés », a rappelé Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche émérite au CNRS lors d'un webinaire organisé le 29 mai par La Fondation de la mer.
Pressions humaines structurellement inchangées
Pourtant, les pressions humaines restent structurellement inchangées : record d'émissions de CO2 en 2025 dans le monde (38,1 Mdt) ; stabilité des émissions du transport maritime et report à 2026 de l'adoption du cadre Net Zero de l'Organisation maritime internationale (OMI) ; niveau record de production de déchets plastiques en 2025 (130 Mt) ; 31 contrats d'exploration minière des grands fonds marins en vigueur (même si 40 États se sont positionnés contre toute exploitation) ; 67 % des navires de pêche industrielle opérant dans les aires marines protégées côtières de plus de 1 km2 échappant à tout suivi.
Les impacts sociétaux de ces changements sont par conséquent en hausse : 212 milliards de dollars (Md$) de dégâts liés aux tempêtes et inondations en 2024, soit près du double du niveau de 2023 ; coûts de l'assurance maritime portés à 39,9 Md$ (+21 % par rapport à 2021) sous l'influence combinée des risques climatiques et géopolitiques ; coût social du carbone associé aux impacts sur l'océan estimé à 48 dollars par tonne de CO2 ; mort de 8 260 migrants en mer en 2025.
Quelques avancées notables dans les efforts de protection
Les signes d'une mobilisation existent mais celle-ci apparaît insuffisante. Le baromètre fait ainsi état d'avancées dans les efforts de protection : entrée en vigueur de deux traités internationaux majeurs, le Traité sur la haute-mer (BBNJ) en janvier 2026 et l'Accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche en septembre 2025 ; les aires marines protégées dépassent 10 % de l'océan mondial (mais seulement 3,2 % sont en protection intégrale ou élevée) ; de nouvelles protections pour les raies et les requins ont été adoptées dans le cadre de la Convention de Washington (Cites).
Sur la branche « Opportunités pour l'humanité », le baromètre relève également des éléments positifs : l'investissement dans l'économie océanique se développe avec plus de 40 fonds de capital-risque dédiés (contre quatre en 2018) ; plus de 2 000 startups sont actives dans l'innovation maritime ; l'alimentation mondiale issue de la pêche repose de plus en plus sur des pratiques d'économie circulaire (34 % de la farine et 53 % de l'huile de poisson fournis par les sous-produits de la pêche en 2022).
Mais le baromètre met aussi l'attention sur un point de préoccupation important : l'affaiblissement des principaux systèmes d'observation de l'océan in situ (les deux autres piliers étant les satellites et le jumeau numérique de l'océan), réduisant la capacité de protection. « Les bouées ancrées et les observations depuis les navires sont en recul depuis la pandémie, sous l'effet de contraintes budgétaires, d'une réduction du temps de mer et d'un nombre décroissant de personnels qualifiés », rapporte le baromètre. S'y ajoute le désengagement des États-Unis qui ont commencé à retirer des centaines d'instruments d'observation océanographiques. L'initiative OceanEye, lancée officiellement par la Commission européenne le 3 juin, a pour ambition d'enrayer ce déclin.
jeudi 5 mars 2026
Pluralisme média avec le démarrage de la campagne des élections municipales
Cinquante-sept universitaires ont déposé mercredi 4 mars un référé-liberté (une procédure d’urgence) devant le Conseil d’Etat contre l’inertie du régulateur de l’audiovisuel face aux manquements au pluralisme de CNews et Europe 1. Le timing n’est pas anodin, il vise explicitement la campagne officielle des élections municipales, qui a débuté lundi.
Dans leur recours, les requérants – des professeurs de droit pour la plupart enseignants dans les grandes facultés parisiennes et régionales, dont Paris-Panthéon-Assas, Paris-I et Bordeaux – s’appuient sur le principe de pluralisme dit «interne», consacré par le Conseil d’Etat en février 2024. Ce principe interdit en théorie à tout éditeur audiovisuel de laisser s’installer un déséquilibre «manifeste et durable» dans la représentation des courants de pensée – au-delà du simple décompte des temps de parole politiques.
Dans le viseur des requérants, CNews et Europe 1 et leur complaisance à l’égard de l’extrême droite. Selon Camille Broyelle, professeure de droit à Paris-Panthéon-Assas, une des chevilles ouvrières de la requête, les deux antennes «sont des médias militants et même très militants, ce qui est interdit par la loi» et «leur impact sur l’agenda politique est considérable».
mercredi 10 décembre 2025
Des enjeux importants face à l’objectif de 10 % de réduction des prélèvements d’eau d’ici 2030
En 2022, l’eau potable représente le premier poste de prélèvement dans le
bassin Artois-Picardie. Le « plan eau », adopté en 2023, fixe un objectif de
réduction de 10 % des volumes d’eau prélevés à l’horizon 2030, en grande
partie porté par la consommation d’eau potable domestique. En 2022, celleci
s’élève à 201 millions de m³ dans le bassin. Compte tenu des évolutions
démographiques et sans anticiper de modifications comportementales,
la consommation d’eau potable se stabiliserait à l’horizon 2030 à
200,2 millions de m³. Ce niveau serait nettement supérieur à celui fixé
par le « plan eau » : 171 millions de m³. La consommation dépasserait
l’objectif dans l’ensemble des territoires du bassin mais les enjeux seraient
différents. En effet, plusieurs facteurs peuvent induire une hausse de
la consommation comme la croissance démographique ou encore le
développement d’activités économiques déjà présentes (tourisme,
commerce ou industrie) notamment dans l’Authie et la Canche.
Pour en savoir plus : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8675514
Pesticides : 2 300 scientifiques signent une lettre ouverte contre un projet de règlement européen
L'Union européenne veut simplifier les règles autour des pesticides en supprimant l'obligation de faire ré-homologuer les produits de façon périodique. En réponse, quelque 2 300 chercheurs et chercheuses adressent une lettre ouverte au Premier ministre contre cette proposition.
Dans une lettre ouverte, 2 300 scientifiques alertent contre un projet européen de simplification de la réglementation sur les pesticides. Ce texte doit être examiné cette semaine à Bruxelles, et prévoit la suppression "du renouvellement périodique systématique de l'agrément pour toutes les substances actives".
Pour le président de l'association Alerte médicale sur les pesticides, le docteur Pierre-Michel Perinaud, cela serait synonyme d'une régression de 30 ans en arrière : "Quand une substance active de pesticide bénéficie d'une autorisation, en général c'est sur dix à quinze ans et c'est sur la foi de tests fournis et réalisés par les industriels", explique-t-il. "Le seul moment en pratique où est prise en compte la littérature scientifique, ce sont justement ces réévaluations", affirme-t-il, assurant que c'est cette littérature scientifique "a permis l'interdiction de pesticides sur la base de données assez solides".
"Dans le sens d'une utilisation débridée des pesticides"
"Ce qui nous paraît, nous, scandaleux, c'est cette suppression qui aboutit de fait à une homologation ad vitam aeternam des substances actives", déplore Pierre-Michel Perniaud. "C'est une régression qui revient à une trentaine d'années en arrière, qui va dans le sens d'une utilisation encore plus débridée des pesticides, alors que toutes les études scientifiques vont dans le sens de leur arrêt. Nous on pense qu'il faut mettre l'accent sur la transition vers un autre modèle agricole".
Fin novembre, la commission européenne assurait que les modifications engagées, et donc cette fin du renouvellement périodique des autorisations, ne réduiraient pas le niveau élevé de protection de la santé humaine et de l'environnement.
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