lundi 15 juin 2026

La santé des océans se dégrade et l'on regarde ailleurs

Le deuxième baromètre Starfish montre une accélération des changements océaniques, en particulier l'élévation du niveau de la mer, l'extinction d'espèces et le réchauffement des eaux. La mobilisation pour répondre à ces menaces reste insuffisante. « La dégradation de l'océan se poursuit et s'accélère sur plusieurs indicateurs clés, tandis que les réponses politiques, financières et les efforts de protection demeurent insuffisants, tant en ampleur qu'en rapidité », établit la deuxième édition du baromètre Starfish, lancé il y a un an à l'ouverture de la troisième Conférence des Nations unies pour l'océan (Unoc 3) à Nice. « Des avancées notables en matière de gouvernance témoignent néanmoins d'une mobilisation internationale croissante », constate ce baromètre qui est adossé à l'organisation européenne Mercator Ocean International, intégré au rapport annuel sur l'état de l'océan du service Copernicus Marine, piloté par un comité scientifique réunissant 29 auteurs issus de 14 pays, et dont les résultats sont publiés dans la revue scientifique State of the Planet (1) . Représenté par une étoile de mer à cinq branches, le baromètre fournit des indicateurs sur l'état de l'océan, les pressions humaines, les impacts sociétaux, les efforts de protection et les opportunités pour l'humanité. Multiplication des facteurs de stress En premier lieu, le baromètre met en évidence « une dégradation continue de la santé de l'océan, aggravée par la multiplication simultanée des facteurs de stress climatiques » : élévation du niveau de la mer de 4,2 mm par an sur la période 2012-2025, près du double du rythme observé au cours des décennies précédentes ; vagues de chaleur marines sévères en juin 2025, ayant touché 20 % de l'océan mondial ; stress thermique subi par 84,4 % des récifs coralliens et conduisant à leur blanchissement ; menaces d'extinction pesant sur 1 685 espèces marines ; réduction de la banquise qui a atteint sa deuxième superficie la plus basse depuis 1982 (32,1 Mkm²). Plus grave, les facteurs de stress climatique n'agissent plus de façon isolée. Vingt-cinq pour cent de l'océan supérieur est désormais exposé simultanément à plus de deux facteurs de stress : réchauffement, désoxygénation et acidification. « On commence à avoir des facteurs de stress climatique qui sont multifactoriels », explique Marina Lévy du CNRS, présidente du comité scientifique. « Cela conduit à un stress qui ne cesse d'augmenter sur les récifs coralliens (…), indispensables pour la vie dans l'océan », illustre-t-elle. Alors qu'il est le principal tampon climatique de la planète (90 % de la chaleur excédentaire absorbée), les capacités d'absorption de l'océan stagnent depuis 2016, fragilisé par des phénomènes extrêmes (vagues de chaleur, El Niño). Et les choses devraient empirer. « D'ici à 2100, l'océan pourrait avoir à absorber de deux à quatre fois plus de chaleur si le réchauffement mondial est limité à 2 °C, et jusqu'à cinq à sept fois plus, dans les scénarios d'émissions les plus élevés », a rappelé Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche émérite au CNRS lors d'un webinaire organisé le 29 mai par La Fondation de la mer. Pressions humaines structurellement inchangées Pourtant, les pressions humaines restent structurellement inchangées : record d'émissions de CO2 en 2025 dans le monde (38,1 Mdt) ; stabilité des émissions du transport maritime et report à 2026 de l'adoption du cadre Net Zero de l'Organisation maritime internationale (OMI) ; niveau record de production de déchets plastiques en 2025 (130 Mt) ; 31 contrats d'exploration minière des grands fonds marins en vigueur (même si 40 États se sont positionnés contre toute exploitation) ; 67 % des navires de pêche industrielle opérant dans les aires marines protégées côtières de plus de 1 km2 échappant à tout suivi. Les impacts sociétaux de ces changements sont par conséquent en hausse : 212 milliards de dollars (Md$) de dégâts liés aux tempêtes et inondations en 2024, soit près du double du niveau de 2023 ; coûts de l'assurance maritime portés à 39,9 Md$ (+21 % par rapport à 2021) sous l'influence combinée des risques climatiques et géopolitiques ; coût social du carbone associé aux impacts sur l'océan estimé à 48 dollars par tonne de CO2 ; mort de 8 260 migrants en mer en 2025. Quelques avancées notables dans les efforts de protection Les signes d'une mobilisation existent mais celle-ci apparaît insuffisante. Le baromètre fait ainsi état d'avancées dans les efforts de protection : entrée en vigueur de deux traités internationaux majeurs, le Traité sur la haute-mer (BBNJ) en janvier 2026 et l'Accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche en septembre 2025 ; les aires marines protégées dépassent 10 % de l'océan mondial (mais seulement 3,2 % sont en protection intégrale ou élevée) ; de nouvelles protections pour les raies et les requins ont été adoptées dans le cadre de la Convention de Washington (Cites). Sur la branche « Opportunités pour l'humanité », le baromètre relève également des éléments positifs : l'investissement dans l'économie océanique se développe avec plus de 40 fonds de capital-risque dédiés (contre quatre en 2018) ; plus de 2 000 startups sont actives dans l'innovation maritime ; l'alimentation mondiale issue de la pêche repose de plus en plus sur des pratiques d'économie circulaire (34 % de la farine et 53 % de l'huile de poisson fournis par les sous-produits de la pêche en 2022). Mais le baromètre met aussi l'attention sur un point de préoccupation important : l'affaiblissement des principaux systèmes d'observation de l'océan in situ (les deux autres piliers étant les satellites et le jumeau numérique de l'océan), réduisant la capacité de protection. « Les bouées ancrées et les observations depuis les navires sont en recul depuis la pandémie, sous l'effet de contraintes budgétaires, d'une réduction du temps de mer et d'un nombre décroissant de personnels qualifiés », rapporte le baromètre. S'y ajoute le désengagement des États-Unis qui ont commencé à retirer des centaines d'instruments d'observation océanographiques. L'initiative OceanEye, lancée officiellement par la Commission européenne le 3 juin, a pour ambition d'enrayer ce déclin.

jeudi 5 mars 2026

Pluralisme média avec le démarrage de la campagne des élections municipales

Cinquante-sept universitaires ont déposé mercredi 4 mars un référé-liberté (une procédure d’urgence) devant le Conseil d’Etat contre l’inertie du régulateur de l’audiovisuel face aux manquements au pluralisme de CNews et Europe 1. Le timing n’est pas anodin, il vise explicitement la campagne officielle des élections municipales, qui a débuté lundi. Dans leur recours, les requérants – des professeurs de droit pour la plupart enseignants dans les grandes facultés parisiennes et régionales, dont Paris-Panthéon-Assas, Paris-I et Bordeaux – s’appuient sur le principe de pluralisme dit «interne», consacré par le Conseil d’Etat en février 2024. Ce principe interdit en théorie à tout éditeur audiovisuel de laisser s’installer un déséquilibre «manifeste et durable» dans la représentation des courants de pensée – au-delà du simple décompte des temps de parole politiques. Dans le viseur des requérants, CNews et Europe 1 et leur complaisance à l’égard de l’extrême droite. Selon Camille Broyelle, professeure de droit à Paris-Panthéon-Assas, une des chevilles ouvrières de la requête, les deux antennes «sont des médias militants et même très militants, ce qui est interdit par la loi» et «leur impact sur l’agenda politique est considérable».

mercredi 10 décembre 2025

Des enjeux importants face à l’objectif de 10 % de réduction des prélèvements d’eau d’ici 2030

En 2022, l’eau potable représente le premier poste de prélèvement dans le bassin Artois-Picardie. Le « plan eau », adopté en 2023, fixe un objectif de réduction de 10 % des volumes d’eau prélevés à l’horizon 2030, en grande partie porté par la consommation d’eau potable domestique. En 2022, celleci s’élève à 201 millions de m³ dans le bassin. Compte tenu des évolutions démographiques et sans anticiper de modifications comportementales, la consommation d’eau potable se stabiliserait à l’horizon 2030 à 200,2 millions de m³. Ce niveau serait nettement supérieur à celui fixé par le « plan eau » : 171 millions de m³. La consommation dépasserait l’objectif dans l’ensemble des territoires du bassin mais les enjeux seraient différents. En effet, plusieurs facteurs peuvent induire une hausse de la consommation comme la croissance démographique ou encore le développement d’activités économiques déjà présentes (tourisme, commerce ou industrie) notamment dans l’Authie et la Canche. Pour en savoir plus : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8675514

Pesticides : 2 300 scientifiques signent une lettre ouverte contre un projet de règlement européen

L'Union européenne veut simplifier les règles autour des pesticides en supprimant l'obligation de faire ré-homologuer les produits de façon périodique. En réponse, quelque 2 300 chercheurs et chercheuses adressent une lettre ouverte au Premier ministre contre cette proposition. Dans une lettre ouverte, 2 300 scientifiques alertent contre un projet européen de simplification de la réglementation sur les pesticides. Ce texte doit être examiné cette semaine à Bruxelles, et prévoit la suppression "du renouvellement périodique systématique de l'agrément pour toutes les substances actives". Pour le président de l'association Alerte médicale sur les pesticides, le docteur Pierre-Michel Perinaud, cela serait synonyme d'une régression de 30 ans en arrière : "Quand une substance active de pesticide bénéficie d'une autorisation, en général c'est sur dix à quinze ans et c'est sur la foi de tests fournis et réalisés par les industriels", explique-t-il. "Le seul moment en pratique où est prise en compte la littérature scientifique, ce sont justement ces réévaluations", affirme-t-il, assurant que c'est cette littérature scientifique "a permis l'interdiction de pesticides sur la base de données assez solides". "Dans le sens d'une utilisation débridée des pesticides" "Ce qui nous paraît, nous, scandaleux, c'est cette suppression qui aboutit de fait à une homologation ad vitam aeternam des substances actives", déplore Pierre-Michel Perniaud. "C'est une régression qui revient à une trentaine d'années en arrière, qui va dans le sens d'une utilisation encore plus débridée des pesticides, alors que toutes les études scientifiques vont dans le sens de leur arrêt. Nous on pense qu'il faut mettre l'accent sur la transition vers un autre modèle agricole". Fin novembre, la commission européenne assurait que les modifications engagées, et donc cette fin du renouvellement périodique des autorisations, ne réduiraient pas le niveau élevé de protection de la santé humaine et de l'environnement.

lundi 8 décembre 2025

Glyphosate : l’une des plus influentes études garantes de la sûreté de l’herbicide rétractée, vingt-cinq ans après sa publication

Directive européenne sur la surveillance des sols

La directive sur la surveillance et la résilience des sols a été adoptée par le Conseil le 29 septembre 2025 et votée au Parlement le 23 octobre 2025. Elle entrera en vigueur le 16 décembre prochain. Les États-membres auront alors 3 ans pour la transposer dans leur droit national. Ce texte, qui constitue la première législation européenne sur les sols, comporte plusieurs volets : une structuration et une harmonisation d'un cadre européen de surveillance des sols (chapitre 2) avec un suivi d’indicateurs (incluant une liste indicative de contaminants des sols (article 8)) et un protocole d’échantillonnage (cf. annexes I et II), une promotion de la résilience des sols et des modalités de gestion durable des sols, associée à la mise en œuvre de principes d’atténuation de l’artificialisation des terres (chapitre 3) et un dernier volet consacré à la gestion des sites et sols contaminés (chapitre 4), avec en particulier la publication d’une liste publique des sites potentiellement pollués.

vendredi 28 novembre 2025

Le TFA pourrait rendre nos eaux potables non conformes

Le TFA pourrait rendre nos eaux potables non conformes Publié le 15 novembre 2024 Le TFA fait partie des PFAS, ces polluants éternels préoccupants. Non réglementé à ce jour, il n’est pas rare qu’on le retrouve dans les eaux européennes, y compris de consommation. Une récente décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pourrait faire évoluer la situation. Le flufénacet, un herbicide qui se désagrège dans l’environnement en acide trifluoroacétique (TFA), est un perturbateur endocrinien. C’est la conclusion de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), publiée le 27 septembre 2024, le considérant à ce titre comme susceptible de perturber le système hormonal de l’homme et des mammifères sauvages. L’information est passée inaperçue. Elle est pourtant loin d’être anodine, souligne Générations Futures, association de défense de l’environnement. Des évaluations qui traînent Le flufénacet, principalement utilisé sur des cultures de céréales (blé et orge), est l’un des herbicides les plus vendus dans l’Union européenne (UE). En France, les ventes sont passées de moins de 100 tonnes en 2008 à 911 tonnes en 2022. Pourtant, le flufénacet est dans une situation des plus paradoxales. Il avait été autorisé en 2004 pour une période de 10 ans qui a expiré fin 2013. Il était, depuis, en cours d’évaluation par les agences européennes en vue d’un possible renouvellement de son autorisation. En attendant, il a fait l’objet de 9 procédures de prolongation. Ce n’est donc que le 27 septembre dernier, avec 11 ans de retard, que l’Efsa a mis un point final à ce dossier en classant l’herbicide comme perturbateur endocrinien. Générations Futures y voit une première raison non négociable d’interdire immédiatement le flufénacet dans l’UE. Un pesticide qui se dégrade en PFAS Il y en a une deuxième. Une fois épandu, le flufénacet se désagrège petit à petit, dans l’environnement, en d’autres substances chimiques dont l’acide trifluoroacétique, plus connu sous le sigle TFA. Cette molécule fait partie de la vaste famille des PFAS, composés chimiques, synthétisés par l’homme à partir d’hydrocarbures et avec pour point commun d’être composés à base d’atomes de carbone et de fluor, reliés par des liaisons chimiques particulièrement stables. Une aubaine pour les industriels qui les utilisent depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, antitaches et résistantes aux chaleurs extrêmes. Les pesticides PFAS, dont fait partie le flufénacet, ne sont qu’une de ces applications. Le revers de la médaille ? En raison de cette même stabilité de leurs liaisons carbone-fluor, ces PFAS sont aussi persistants, bioaccumulables et très difficiles à éliminer, d’où leur dénomination de « polluants éternels ». Ils s’accumulent ainsi depuis 70 ans dans l’environnement et, de facto, dans nos organismes, principalement via les aliments et l’eau qu’on ingère. Si nos connaissances restent limitées sur ces PFAS, des études convergent pour leur attribuer des effets néfastes sur la santé. Ils sont ainsi soupçonnés d’être cancérogènes (foie, reins), perturbateurs endocriniens, de favoriser l’obésité et le diabète, d’affecter la fertilité ou le développement du fœtus, etc. Le TFA est l’un de ces polluants éternels aux effets sanitaires mal documentés et non réglementés à ce jour. En s’appuyant sur des études indiquant une toxicité du TFA sur le foie et la reproduction, l’Allemagne propose de classer cette molécule comme un reprotoxique probable pour l’homme, pouvant à ce titre altérer la fertilité de l’homme ou de la femme ou altérer le développement de l’enfant à naître. Une requalification qui fait bouger les lignes Une certitude, lorsqu’il est recherché, le TFA est régulièrement retrouvé dans les analyses d’eaux naturelles ou les eaux potables. Les sources d’émissions de ce PFAS sont multiples, mais la dégradation du flufénacet en est une majeure. Et connue depuis longtemps, dénonce Générations Futures qui fait référence aux modélisations réalisées dans le cadre du dossier d’évaluation du flufénacet par l’Efsa. « Celles-ci ont montré que la dégradation du flufénacet conduit, à de rares exceptions près, à des concentrations de TFA dans les eaux souterraines toujours supérieures à 10 microgrammes par litre (µg/l) », indique Générations Futures. Et rappelle que ces données sont dans le dossier d’évaluation du flufénacet depuis 2017 et que c’est la France, via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a été chargée par l’Efsa, avec la Pologne, de conduire cette évaluation. « Ainsi, depuis plus de sept ans, l’Anses sait que l’usage de cet herbicide entraîne une contamination inacceptable par le TFA », s’insurge-t-elle. Cette requalification du flufénacet comme perturbateur endocrinien pourrait enfin faire bouger les lignes en forçant les autorités françaises à inclure le TFA à la liste des PFAS sous surveillance dans les eaux naturelles et potables. Jusqu’à, à terme, l’inclure systématiquement dans les molécules recherchées lors des contrôles sanitaires de l’eau potable en France. Ça va finir par arriver, parie Générations Futures, qui met en garde alors contre l’impasse réglementaire à venir. Car il reste une question centrale : quelle limite de qualité réglementaire appliquer au TFA dans l’eau potable ? Tout dépend de la façon dont on classe le TFA : métabolite pertinent, c’est-à-dire potentiellement dangereux, ou simplement non pertinent. Vers des eaux potables massivement non conformes ? Si les autorités françaises appliquent bien la méthodologie d’évaluation proposée par l’Anses, il n’y a plus à tergiverser. Selon l’agence, dès lors qu’une substance active (ici le flufénacet) est un perturbateur endocrinien, alors « ses métabolites doivent être considérés par défaut comme pertinents ». Or, pour ceux-ci, la réglementation française prévoit une limite de qualité de 0,1 µg/l dans l’eau potable. En clair, si le TFA dépasse ce seuil, l’eau devrait être considérée comme « non conforme » à la norme de qualité. Et ça serait le cas pour une part très importante de l’eau potable en France, présage Générations Futures. L’association s’appuie notamment sur les échantillons d’eau potable analysés par le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe dans une dizaine de pays de l’Union européenne, dont la France, entre mai et juin dernier. Cette limite de conformité de 0,1 µg/l était dépassée dans 86 % des cas et dans 3 échantillons d’eau testés dans l’Hexagone sur 4. Un taux de TFA de 2,1 µg/l a ainsi été retrouvé dans un échantillon d’eau du robinet prélevé à Paris, soit une teneur 20 fois supérieure au seuil de qualité. Dans un échantillon prélevé à Metz, on était à 0,5 µg/l. L’eau en bouteille n’est pas non plus épargnée. Sur 19 échantillons d’eaux en bouteille, des traces de TFA ont été retrouvées dans 12 d’entre eux. Certes, les teneurs moyennes retrouvées (278 ng/l) sont inférieures à celles de l’eau du robinet (740 ng/l). Tout de même, la plus haute concentration relevée sur ces 19 échantillons d’eaux minérales était de 3,2 µg/l. Bien au-dessus, donc, du seuil de 0,1 µg/l qui pourrait être retenu en France si le TFA est bien reconnu comme un métabolite pertinent du flufénacet. Les producteurs d’eau potable confrontés à un dépassement de la limite de 0,1 µg/l pourront toujours demander aux préfets une dérogation, pour une durée maximale de 6 ans, leur permettant de distribuer une eau non conforme à la limite de qualité, précise Générations Futures. Mais à condition seulement qu’ils mettent en place des mesures visant à diminuer ces concentrations de TFA dans l’eau qu’ils distribuent. Or, les solutions techniques permettant d’éliminer les PFAS dans l’eau sont aujourd’hui loin d’être matures et dans tous les cas coûteuses et énergivores. Générations Futures y voit un argument de plus pour agir à la source sur cette pollution des eaux au TFA, en interdisant sans attendre, dans l’UE, le flufénacet.

La santé des océans se dégrade et l'on regarde ailleurs

Le deuxième baromètre Starfish montre une accélération des changements océaniques, en particulier l'élévation du niveau de la mer, l...