On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
jeudi 26 juillet 2012
Le Groenland fond à une vitesse record
Elle fond comme calotte glaciaire au soleil... La surface gelée du Groenland s'est réduite en juillet sur une étendue jamais atteinte en plus de trente ans d'observation satellitaire, a annoncé mardi l'Agence spatiale américaine (Nasa). Selon les données de trois satellites analysées par la Nasa et des scientifiques universitaires, environ 97% de la calotte glacière avait dégelé à la mi-juillet, a indiqué l'Agence dans un communiqué.
"C'est tellement sans précédent que je me suis d'abord interrogé sur le résultat: était-ce bien réel ou était-ce dû à une erreur de données?", a commenté Son Nghiem, de la Nasa. L'expert précise avoir remarqué la disparition de la majorité de la glace du Groenland au 12 juillet en analysant les données d'un premier satellite. Les résultats des deux autres satellites ont confirmé cette découverte. Les cartes satellitaires de la fonte montrent que la calotte glaciaire avait fondu à 40% au 8 juillet et à 97% quatre jours plus tard.
Ces résultats ont été connus quelques jours après qu'un immense bloc de glace de deux fois la superficie de Paris ou Manhattan s'est détaché d'un glacier du Groenland. "Cet événement, combiné à d'autres phénomènes naturels mais rares, comme le monumental décrochage la semaine dernière sur le Glacier Petermann, font partie d'un ensemble complexe", a ajouté Tom Wagner, responsable de la Nasa.
Pour en savoir plus :
Plan Ecophyto 2018 : le ministre de l'Agriculture estime que les objectifs ne seront pas atteints
Devant les sénateurs de la mission commune d'information sur les pesticides, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est revenu mardi 24 juillet sur les avancées du plan Ecophyto visant à réduire "si possible'' de 50% les pesticides d'ici 2018. M. Le Foll a souligné "des progrès" dans le cadre du plan "avec la diminution de près de 87% des quantités vendues de molécules actives dangereuses", des "résultats" concernant les fermes ''Dephy" et une ''formation" des agriculteurs "qui avance". Il a toutefois déploré "un recours aux phytosanitaires qui stagne".
Si des progrès ont été faits, "la France n'atteindra pas l'objectif ambitieux de baisser de 50% la consommation de pesticides à 2018", a déclaré le ministre. M. Le Foll a dénoncé ''un blocage du plan dans la diffusion'' des pratiques. "Une dynamique globale est nécessaire (…) pour réduire le recours à ces substances et l'impact sur la santé humaine".
Si des progrès ont été faits, "la France n'atteindra pas l'objectif ambitieux de baisser de 50% la consommation de pesticides à 2018", a déclaré le ministre. M. Le Foll a dénoncé ''un blocage du plan dans la diffusion'' des pratiques. "Une dynamique globale est nécessaire (…) pour réduire le recours à ces substances et l'impact sur la santé humaine".
lundi 25 juin 2012
La nouvelle liste rouge publiée par l'UICN montre que près d'un tiers de la faune et de la flore risque de disparaître au plan mondial.
Selon la dernière mise à jour de la liste rouge des espèces menacées de
l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), la
France se situe au 5ème rang des pays hébergeant le plus
grand nombre d'espèces animales et végétales menacées au niveau mondial
(983 espèces), après l'Équateur, la Malaisie, les USA et l'Indonésie et
devant le Mexique, l'Inde, la Chine, l'Australie et le Brésil.
Cette situation est principalement due à la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d'outre-mer (768 espèces menacées), même si, sur le territoire métropolitain, 215 espèces menacées y sont tout de même recensées. La France porte ainsi une responsabilité de premier plan au niveau mondial et européen pour enrayer l'extinction de la biodiversité.
La dernière mise à jour de la liste rouge des espèces menacées pour 2012 montre que sur les 63 837 espèces animales et végétales analysées, 19 817 sont classées dans cette catégorie, soit près d'un tiers (31 %). Le nombre d'espèces menacées en 2012 s'est ainsi accru d'environ 1,24 % par rapport à 2011 (19 570 espèces) et a presque doublé depuis 1998 (10 533 espèces).
Parmi les 19 817 espèces menacées, on en dénombre 3 947 en danger critique d'extinction, 5 766 en danger et 10 104 vulnérables, à quoi s'ajoutent, 4 467 quasi menacés. On dénombre également 801 espèces définitivement éteintes et 63 autres éteintes à l'état sauvage.
Les taux d'espèces menacées (c'est-à-dire classées en danger critique d'extinction, en danger et en vulnérable) atteignent par exemple 41 % pour les amphibiens, 33 % pour les coraux formant des récifs, 30 % des conifères, 25 % des mammifères ou encore 13 % des oiseaux.
Cette situation est principalement due à la très forte biodiversité abritée par les collectivités françaises d'outre-mer (768 espèces menacées), même si, sur le territoire métropolitain, 215 espèces menacées y sont tout de même recensées. La France porte ainsi une responsabilité de premier plan au niveau mondial et européen pour enrayer l'extinction de la biodiversité.
La dernière mise à jour de la liste rouge des espèces menacées pour 2012 montre que sur les 63 837 espèces animales et végétales analysées, 19 817 sont classées dans cette catégorie, soit près d'un tiers (31 %). Le nombre d'espèces menacées en 2012 s'est ainsi accru d'environ 1,24 % par rapport à 2011 (19 570 espèces) et a presque doublé depuis 1998 (10 533 espèces).
Parmi les 19 817 espèces menacées, on en dénombre 3 947 en danger critique d'extinction, 5 766 en danger et 10 104 vulnérables, à quoi s'ajoutent, 4 467 quasi menacés. On dénombre également 801 espèces définitivement éteintes et 63 autres éteintes à l'état sauvage.
Les taux d'espèces menacées (c'est-à-dire classées en danger critique d'extinction, en danger et en vulnérable) atteignent par exemple 41 % pour les amphibiens, 33 % pour les coraux formant des récifs, 30 % des conifères, 25 % des mammifères ou encore 13 % des oiseaux.
mardi 19 juin 2012
L'AIEA ouvre un centre pour lutter contre l'acidification des océans
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé, lundi 18 juin, l'ouverture cet été dans la principauté de Monaco d'un nouveau centre pour répondre aux problèmes engendrés par l'acidification des océans. Le centre aura pour but d'aider et de promouvoir les recherches de scientifiques.
Pour en savoir plus :
jeudi 14 juin 2012
Atténuer le choc du pic pétrolier dans le secteur des transports
La décrue du pétrole conventionnel aura des effets sensibles dans le
secteur des transports, dépendants à 95% de cette énergie fossile. Lors
de la dixième conférence de l'ASPO, plusieurs communications ont été
consacrées au sujet.
Rationner pour maintenir la paix sociale
Plusieurs voies sont envisageables pour atténuer ce choc. Dans le secteur des transports, l'éco- conduite, la réduction des vitesses maximales, le co-voiturage, le télétravail et la flexibilité des horaires de bureau, les péages urbains et les taxes sur les véhicules, les interdictions de circuler à certaines heures dans certaines zones, sont préconisés par le président de l'ASPO sud-africaine, en vue d'agir sur la demande. Le rationnement des carburants pourrait éviter à terme de fortes tensions sociales en garantissant une équité d'accès et en permettant aux autorités de réguler les stocks de carburants. Combinées entre elles et assorties de campagnes de sensibilisation, toutes ces mesures permettent de réduire de 42% la demande de mobilité individuelle tout en préservant la paix sociale.
Les avantages comparatifs d'un mode de transport par rapport à un autre seront d'autant plus nets que le prix du baril poursuivra sa hausse. D'ores et déjà, les modes de transports les moins coûteux par passager par kilomètre sont le tramway, le bus et le vélo électriques. Le potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique des transports routiers est de 15% par passager d'ici à 2030, estime Jeremy Wakeford. Les gouvernements sont invités à investir dans l'entretien des infrastructures ferroviaires et les dessertes locales plutôt que dans les trains à grande vitesse, dont l'usage n'est possible que pour les classes aisées. Quant aux transports de marchandises, ils devraient être eux aussi assurés par rail plutôt que par route, et le fret ferroviaire devrait faire l'objet d'investissements prioritaires.
Repenser les structures
Pour Harald Frey, au-delà de l'amélioration de l'efficacité énergétique des modes de transports, il s'agit de revisiter les structures urbaines en fonction de leur résilience à long terme. Car qui dit efficacité énergétique dit effet rebond : la modération de la consommation de carburant par des véhicules plus efficients aura tendance à donner l'illusion de pouvoir aller toujours plus loin pour le même coût. Elle ne changera pas la donne, mais ne fera que reporter le problème de la dépendance au pétrole et la congestion urbaine.
D'où la nécessité de redessiner l'espace urbain. La capitale autrichienne en est un exemple, qui a su chasser les voitures en réhabilitant l'espace public au profit du tramway, du vélo et de vastes zones piétonnes. En raison d'une offre de qualité de transports en commun, de plus en plus de Viennois renoncent à passer leur permis de conduire. Redessiner l'urbanisme, lutter contre l'étalement des zones pavillonnaires totalement dépendantes de l'automobile, valoriser le commerce de proximité plutôt que les grandes surfaces sont autant de mesures susceptibles d'atténuer les effets du pic pétrolier. En fin de compte, ce sont les piétons qui seront gagnants, car ils bénéficieront d'une qualité de vie élevée dès lors que les villes se décongestionneront. La marche pourrait être le transport de l'avenir.
Rationner pour maintenir la paix sociale
Plusieurs voies sont envisageables pour atténuer ce choc. Dans le secteur des transports, l'éco- conduite, la réduction des vitesses maximales, le co-voiturage, le télétravail et la flexibilité des horaires de bureau, les péages urbains et les taxes sur les véhicules, les interdictions de circuler à certaines heures dans certaines zones, sont préconisés par le président de l'ASPO sud-africaine, en vue d'agir sur la demande. Le rationnement des carburants pourrait éviter à terme de fortes tensions sociales en garantissant une équité d'accès et en permettant aux autorités de réguler les stocks de carburants. Combinées entre elles et assorties de campagnes de sensibilisation, toutes ces mesures permettent de réduire de 42% la demande de mobilité individuelle tout en préservant la paix sociale.
Les avantages comparatifs d'un mode de transport par rapport à un autre seront d'autant plus nets que le prix du baril poursuivra sa hausse. D'ores et déjà, les modes de transports les moins coûteux par passager par kilomètre sont le tramway, le bus et le vélo électriques. Le potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique des transports routiers est de 15% par passager d'ici à 2030, estime Jeremy Wakeford. Les gouvernements sont invités à investir dans l'entretien des infrastructures ferroviaires et les dessertes locales plutôt que dans les trains à grande vitesse, dont l'usage n'est possible que pour les classes aisées. Quant aux transports de marchandises, ils devraient être eux aussi assurés par rail plutôt que par route, et le fret ferroviaire devrait faire l'objet d'investissements prioritaires.
Repenser les structures
Pour Harald Frey, au-delà de l'amélioration de l'efficacité énergétique des modes de transports, il s'agit de revisiter les structures urbaines en fonction de leur résilience à long terme. Car qui dit efficacité énergétique dit effet rebond : la modération de la consommation de carburant par des véhicules plus efficients aura tendance à donner l'illusion de pouvoir aller toujours plus loin pour le même coût. Elle ne changera pas la donne, mais ne fera que reporter le problème de la dépendance au pétrole et la congestion urbaine.
D'où la nécessité de redessiner l'espace urbain. La capitale autrichienne en est un exemple, qui a su chasser les voitures en réhabilitant l'espace public au profit du tramway, du vélo et de vastes zones piétonnes. En raison d'une offre de qualité de transports en commun, de plus en plus de Viennois renoncent à passer leur permis de conduire. Redessiner l'urbanisme, lutter contre l'étalement des zones pavillonnaires totalement dépendantes de l'automobile, valoriser le commerce de proximité plutôt que les grandes surfaces sont autant de mesures susceptibles d'atténuer les effets du pic pétrolier. En fin de compte, ce sont les piétons qui seront gagnants, car ils bénéficieront d'une qualité de vie élevée dès lors que les villes se décongestionneront. La marche pourrait être le transport de l'avenir.
lundi 11 juin 2012
Dix ans après sa création, l'ASPO confirme le pic pétrolier
Les faits semblent donner raison à l'Association d'étude du pic
pétrolier. La production annuelle de pétrole conventionnel a amorcé une
décrue depuis 2006, tandis que le baril est à plus de 100 $ en continu
depuis un an, situation sans précédent.
En ouverture de la conférence de l'ASPO à Vienne (Autriche), le 30 mai, son président, Kjell Aleklett, professeur de physique à l'université d'Uppsala en Suède, en appelle à "déployer un matelas d'amortissage", car l'atterrissage risque d'être plus brutal que ce qu'annoncent les économistes : "Les lois de la physique sont plus fortes que les lois de l'économie". La production de pétrole - non conventionnel inclus - est entrée depuis 2005-2006 dans une phase de plateau instable. Les cent plus grands champs pétroliers, qui fournissent 45% du brut de la planète, donnent des signes de faiblesse, la taille moyenne des puits est en diminution. Sur le front offshore, les compagnies pétrolières développent des forages de plus en plus profonds, dont l'emblème est la plate-forme de Deep Water Horizon associée à la tragique marée noire de 2010. Certains forages, comme Jack-2 dans le Golfe du Mexique, atteignent une profondeur équivalente à la hauteur du Mont Everest. Des cimes technologiques sont désormais nécessaires pour aller chercher le précieux liquide.
La plupart des économistes semblent ne pas prendre en compte cette part physique du système ni anticiper son inéluctable contraction. L'univers de la "Big Energy" est verrouillé et influent. Aux Etats-Unis, selon le professeur de géostratégie Michael Klare, c'est l'industrie pétrolière qui domine traditionnellement la politique et empêche la transition énergétique. Elle sait aussi déployer ce que Jeremy Leggett, spécialiste britannique des énergies renouvelables, estime être une propagande anti pic pétrolier, "faisant passer chaque découverte de champ de gaz de schiste pour un nouveau Qatar".
Pour en savoir plus :
En ouverture de la conférence de l'ASPO à Vienne (Autriche), le 30 mai, son président, Kjell Aleklett, professeur de physique à l'université d'Uppsala en Suède, en appelle à "déployer un matelas d'amortissage", car l'atterrissage risque d'être plus brutal que ce qu'annoncent les économistes : "Les lois de la physique sont plus fortes que les lois de l'économie". La production de pétrole - non conventionnel inclus - est entrée depuis 2005-2006 dans une phase de plateau instable. Les cent plus grands champs pétroliers, qui fournissent 45% du brut de la planète, donnent des signes de faiblesse, la taille moyenne des puits est en diminution. Sur le front offshore, les compagnies pétrolières développent des forages de plus en plus profonds, dont l'emblème est la plate-forme de Deep Water Horizon associée à la tragique marée noire de 2010. Certains forages, comme Jack-2 dans le Golfe du Mexique, atteignent une profondeur équivalente à la hauteur du Mont Everest. Des cimes technologiques sont désormais nécessaires pour aller chercher le précieux liquide.
La plupart des économistes semblent ne pas prendre en compte cette part physique du système ni anticiper son inéluctable contraction. L'univers de la "Big Energy" est verrouillé et influent. Aux Etats-Unis, selon le professeur de géostratégie Michael Klare, c'est l'industrie pétrolière qui domine traditionnellement la politique et empêche la transition énergétique. Elle sait aussi déployer ce que Jeremy Leggett, spécialiste britannique des énergies renouvelables, estime être une propagande anti pic pétrolier, "faisant passer chaque découverte de champ de gaz de schiste pour un nouveau Qatar".
Pour en savoir plus :
lundi 4 juin 2012
Effet cocktail des substances chimiques : un défi à relever
Les substances chimiques peuvent avoir des effets potentiellement
néfastes sur la santé dès lors qu'elles sont associées entre elles. Or,
ces effets toxiques sont rarement étudiés. La Commission européenne
propose d'y remédier.
L'exposition à des mélanges de substances chimiques, que ce soit par le
biais des aliments et boissons consommés, des produits manufacturés
utilisés ou encore de l'air respiré est quotidienne. Or, les
associations de substances peuvent avoir des effets que n'ont pas les
substances prises séparément. La législation de l'Union européenne encadre strictement la quantité de certaines substances chimiques autorisée dans les aliments, l'eau, l'air et dans les produits manufacturés, mais le fameux « effet cocktail » de ces substances est rarement étudié.
Dans ce contexte, la Commission européenne s'engage à faire en sorte que les risques associés aux mélanges chimiques soient dûment pris en compte et évalués. A cette fin, elle recensera les mélanges chimiques à évaluer en priorité, s'assurera que les différents volets de la législation de l'UE prévoient des évaluations des risques cohérentes pour ce type de mélanges prioritaires et comblera les lacunes dans les connaissances scientifiques requises pour l'évaluation des mélanges. Une plateforme de surveillance des données chimiques sera notamment créée et en 2015, la Commission établira un rapport pour rendre compte des progrès accomplis.
Remarque : cette nouvelle approche de la Commission
est largement inspirée du récent avis formulé par les trois comités
scientifiques non alimentaires: «Toxicity and Assessment of Chemical Mixtures » (Toxicité et évaluation des mélanges chimiques) et du rapport « State of the Art Report on Mixture Toxicity » (Rapport de synthèse sur la toxicité des mélanges).
Suite à cette communication, les associations de défense de
l'environnement et de la santé ont toutefois exprimé leur déception. En
effet, les propositions de la Commission sont insuffisantes face à
l'urgence de la situation. Les associations regrettent notamment que la
Commission n'ait pas proposé de changements dans les procédures
d'évaluation des risques pour prendre en compte les mélanges, ni de
mises à jour ou d'ajustements de la législation européenne.
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