mercredi 10 décembre 2025

Des enjeux importants face à l’objectif de 10 % de réduction des prélèvements d’eau d’ici 2030

En 2022, l’eau potable représente le premier poste de prélèvement dans le bassin Artois-Picardie. Le « plan eau », adopté en 2023, fixe un objectif de réduction de 10 % des volumes d’eau prélevés à l’horizon 2030, en grande partie porté par la consommation d’eau potable domestique. En 2022, celleci s’élève à 201 millions de m³ dans le bassin. Compte tenu des évolutions démographiques et sans anticiper de modifications comportementales, la consommation d’eau potable se stabiliserait à l’horizon 2030 à 200,2 millions de m³. Ce niveau serait nettement supérieur à celui fixé par le « plan eau » : 171 millions de m³. La consommation dépasserait l’objectif dans l’ensemble des territoires du bassin mais les enjeux seraient différents. En effet, plusieurs facteurs peuvent induire une hausse de la consommation comme la croissance démographique ou encore le développement d’activités économiques déjà présentes (tourisme, commerce ou industrie) notamment dans l’Authie et la Canche. Pour en savoir plus : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8675514

Pesticides : 2 300 scientifiques signent une lettre ouverte contre un projet de règlement européen

L'Union européenne veut simplifier les règles autour des pesticides en supprimant l'obligation de faire ré-homologuer les produits de façon périodique. En réponse, quelque 2 300 chercheurs et chercheuses adressent une lettre ouverte au Premier ministre contre cette proposition. Dans une lettre ouverte, 2 300 scientifiques alertent contre un projet européen de simplification de la réglementation sur les pesticides. Ce texte doit être examiné cette semaine à Bruxelles, et prévoit la suppression "du renouvellement périodique systématique de l'agrément pour toutes les substances actives". Pour le président de l'association Alerte médicale sur les pesticides, le docteur Pierre-Michel Perinaud, cela serait synonyme d'une régression de 30 ans en arrière : "Quand une substance active de pesticide bénéficie d'une autorisation, en général c'est sur dix à quinze ans et c'est sur la foi de tests fournis et réalisés par les industriels", explique-t-il. "Le seul moment en pratique où est prise en compte la littérature scientifique, ce sont justement ces réévaluations", affirme-t-il, assurant que c'est cette littérature scientifique "a permis l'interdiction de pesticides sur la base de données assez solides". "Dans le sens d'une utilisation débridée des pesticides" "Ce qui nous paraît, nous, scandaleux, c'est cette suppression qui aboutit de fait à une homologation ad vitam aeternam des substances actives", déplore Pierre-Michel Perniaud. "C'est une régression qui revient à une trentaine d'années en arrière, qui va dans le sens d'une utilisation encore plus débridée des pesticides, alors que toutes les études scientifiques vont dans le sens de leur arrêt. Nous on pense qu'il faut mettre l'accent sur la transition vers un autre modèle agricole". Fin novembre, la commission européenne assurait que les modifications engagées, et donc cette fin du renouvellement périodique des autorisations, ne réduiraient pas le niveau élevé de protection de la santé humaine et de l'environnement.

lundi 8 décembre 2025

Glyphosate : l’une des plus influentes études garantes de la sûreté de l’herbicide rétractée, vingt-cinq ans après sa publication

Directive européenne sur la surveillance des sols

La directive sur la surveillance et la résilience des sols a été adoptée par le Conseil le 29 septembre 2025 et votée au Parlement le 23 octobre 2025. Elle entrera en vigueur le 16 décembre prochain. Les États-membres auront alors 3 ans pour la transposer dans leur droit national. Ce texte, qui constitue la première législation européenne sur les sols, comporte plusieurs volets : une structuration et une harmonisation d'un cadre européen de surveillance des sols (chapitre 2) avec un suivi d’indicateurs (incluant une liste indicative de contaminants des sols (article 8)) et un protocole d’échantillonnage (cf. annexes I et II), une promotion de la résilience des sols et des modalités de gestion durable des sols, associée à la mise en œuvre de principes d’atténuation de l’artificialisation des terres (chapitre 3) et un dernier volet consacré à la gestion des sites et sols contaminés (chapitre 4), avec en particulier la publication d’une liste publique des sites potentiellement pollués.

vendredi 28 novembre 2025

Le TFA pourrait rendre nos eaux potables non conformes

Le TFA pourrait rendre nos eaux potables non conformes Publié le 15 novembre 2024 Le TFA fait partie des PFAS, ces polluants éternels préoccupants. Non réglementé à ce jour, il n’est pas rare qu’on le retrouve dans les eaux européennes, y compris de consommation. Une récente décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pourrait faire évoluer la situation. Le flufénacet, un herbicide qui se désagrège dans l’environnement en acide trifluoroacétique (TFA), est un perturbateur endocrinien. C’est la conclusion de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), publiée le 27 septembre 2024, le considérant à ce titre comme susceptible de perturber le système hormonal de l’homme et des mammifères sauvages. L’information est passée inaperçue. Elle est pourtant loin d’être anodine, souligne Générations Futures, association de défense de l’environnement. Des évaluations qui traînent Le flufénacet, principalement utilisé sur des cultures de céréales (blé et orge), est l’un des herbicides les plus vendus dans l’Union européenne (UE). En France, les ventes sont passées de moins de 100 tonnes en 2008 à 911 tonnes en 2022. Pourtant, le flufénacet est dans une situation des plus paradoxales. Il avait été autorisé en 2004 pour une période de 10 ans qui a expiré fin 2013. Il était, depuis, en cours d’évaluation par les agences européennes en vue d’un possible renouvellement de son autorisation. En attendant, il a fait l’objet de 9 procédures de prolongation. Ce n’est donc que le 27 septembre dernier, avec 11 ans de retard, que l’Efsa a mis un point final à ce dossier en classant l’herbicide comme perturbateur endocrinien. Générations Futures y voit une première raison non négociable d’interdire immédiatement le flufénacet dans l’UE. Un pesticide qui se dégrade en PFAS Il y en a une deuxième. Une fois épandu, le flufénacet se désagrège petit à petit, dans l’environnement, en d’autres substances chimiques dont l’acide trifluoroacétique, plus connu sous le sigle TFA. Cette molécule fait partie de la vaste famille des PFAS, composés chimiques, synthétisés par l’homme à partir d’hydrocarbures et avec pour point commun d’être composés à base d’atomes de carbone et de fluor, reliés par des liaisons chimiques particulièrement stables. Une aubaine pour les industriels qui les utilisent depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, antitaches et résistantes aux chaleurs extrêmes. Les pesticides PFAS, dont fait partie le flufénacet, ne sont qu’une de ces applications. Le revers de la médaille ? En raison de cette même stabilité de leurs liaisons carbone-fluor, ces PFAS sont aussi persistants, bioaccumulables et très difficiles à éliminer, d’où leur dénomination de « polluants éternels ». Ils s’accumulent ainsi depuis 70 ans dans l’environnement et, de facto, dans nos organismes, principalement via les aliments et l’eau qu’on ingère. Si nos connaissances restent limitées sur ces PFAS, des études convergent pour leur attribuer des effets néfastes sur la santé. Ils sont ainsi soupçonnés d’être cancérogènes (foie, reins), perturbateurs endocriniens, de favoriser l’obésité et le diabète, d’affecter la fertilité ou le développement du fœtus, etc. Le TFA est l’un de ces polluants éternels aux effets sanitaires mal documentés et non réglementés à ce jour. En s’appuyant sur des études indiquant une toxicité du TFA sur le foie et la reproduction, l’Allemagne propose de classer cette molécule comme un reprotoxique probable pour l’homme, pouvant à ce titre altérer la fertilité de l’homme ou de la femme ou altérer le développement de l’enfant à naître. Une requalification qui fait bouger les lignes Une certitude, lorsqu’il est recherché, le TFA est régulièrement retrouvé dans les analyses d’eaux naturelles ou les eaux potables. Les sources d’émissions de ce PFAS sont multiples, mais la dégradation du flufénacet en est une majeure. Et connue depuis longtemps, dénonce Générations Futures qui fait référence aux modélisations réalisées dans le cadre du dossier d’évaluation du flufénacet par l’Efsa. « Celles-ci ont montré que la dégradation du flufénacet conduit, à de rares exceptions près, à des concentrations de TFA dans les eaux souterraines toujours supérieures à 10 microgrammes par litre (µg/l) », indique Générations Futures. Et rappelle que ces données sont dans le dossier d’évaluation du flufénacet depuis 2017 et que c’est la France, via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a été chargée par l’Efsa, avec la Pologne, de conduire cette évaluation. « Ainsi, depuis plus de sept ans, l’Anses sait que l’usage de cet herbicide entraîne une contamination inacceptable par le TFA », s’insurge-t-elle. Cette requalification du flufénacet comme perturbateur endocrinien pourrait enfin faire bouger les lignes en forçant les autorités françaises à inclure le TFA à la liste des PFAS sous surveillance dans les eaux naturelles et potables. Jusqu’à, à terme, l’inclure systématiquement dans les molécules recherchées lors des contrôles sanitaires de l’eau potable en France. Ça va finir par arriver, parie Générations Futures, qui met en garde alors contre l’impasse réglementaire à venir. Car il reste une question centrale : quelle limite de qualité réglementaire appliquer au TFA dans l’eau potable ? Tout dépend de la façon dont on classe le TFA : métabolite pertinent, c’est-à-dire potentiellement dangereux, ou simplement non pertinent. Vers des eaux potables massivement non conformes ? Si les autorités françaises appliquent bien la méthodologie d’évaluation proposée par l’Anses, il n’y a plus à tergiverser. Selon l’agence, dès lors qu’une substance active (ici le flufénacet) est un perturbateur endocrinien, alors « ses métabolites doivent être considérés par défaut comme pertinents ». Or, pour ceux-ci, la réglementation française prévoit une limite de qualité de 0,1 µg/l dans l’eau potable. En clair, si le TFA dépasse ce seuil, l’eau devrait être considérée comme « non conforme » à la norme de qualité. Et ça serait le cas pour une part très importante de l’eau potable en France, présage Générations Futures. L’association s’appuie notamment sur les échantillons d’eau potable analysés par le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe dans une dizaine de pays de l’Union européenne, dont la France, entre mai et juin dernier. Cette limite de conformité de 0,1 µg/l était dépassée dans 86 % des cas et dans 3 échantillons d’eau testés dans l’Hexagone sur 4. Un taux de TFA de 2,1 µg/l a ainsi été retrouvé dans un échantillon d’eau du robinet prélevé à Paris, soit une teneur 20 fois supérieure au seuil de qualité. Dans un échantillon prélevé à Metz, on était à 0,5 µg/l. L’eau en bouteille n’est pas non plus épargnée. Sur 19 échantillons d’eaux en bouteille, des traces de TFA ont été retrouvées dans 12 d’entre eux. Certes, les teneurs moyennes retrouvées (278 ng/l) sont inférieures à celles de l’eau du robinet (740 ng/l). Tout de même, la plus haute concentration relevée sur ces 19 échantillons d’eaux minérales était de 3,2 µg/l. Bien au-dessus, donc, du seuil de 0,1 µg/l qui pourrait être retenu en France si le TFA est bien reconnu comme un métabolite pertinent du flufénacet. Les producteurs d’eau potable confrontés à un dépassement de la limite de 0,1 µg/l pourront toujours demander aux préfets une dérogation, pour une durée maximale de 6 ans, leur permettant de distribuer une eau non conforme à la limite de qualité, précise Générations Futures. Mais à condition seulement qu’ils mettent en place des mesures visant à diminuer ces concentrations de TFA dans l’eau qu’ils distribuent. Or, les solutions techniques permettant d’éliminer les PFAS dans l’eau sont aujourd’hui loin d’être matures et dans tous les cas coûteuses et énergivores. Générations Futures y voit un argument de plus pour agir à la source sur cette pollution des eaux au TFA, en interdisant sans attendre, dans l’UE, le flufénacet.

vendredi 21 novembre 2025

Guerre en Ukraine : l'Europe et la trahison américaine

Ce n'est pas un plan de paix, mais les préparatifs d'une offensive russe décisive que propose Trump à l'Ukraine. L'Europe restera-t-elle sans rien faire devant ce qui ressemble à un nouveau Munich, s'interroge Dominique Moïsi (géopolitologue, conseiller spécial de l’Institut Montaigne.)? « Donald Trump est-il un agent au service de Moscou ? ». C'était la question que je posais dans ma chronique en date du 21 février dernier, dans les colonnes des Echos. Cette interrogation est d'une troublante actualité au lendemain des révélations sur le très probable« Plan de Paix en vingt-huit points » sur l'Ukraine, distillé par la presse. Il est difficile de voir en ce projet autre chose qu'un Plan Poutine. Son contenu, et plus encore presque, son calendrier, semblent correspondre, pour l'essentiel, aux intentions et aux intérêts du Maitre du Kremlin. Zelensky, au lendemain des révélations sur un scandale de corruption qui touche son entourage proche, n'a jamais paru plus vulnérable. Et la Russie multiplie les frappes sanglantes contre des objectifs civils ukrainiens. Une trahison préparée de longue date Le message est clair. « Vous n'allez pas sacrifier vos vies pour un régime corrompu ». « Vous avez perdu, capitulez, si vous ne voulez pas faire face à un hiver dans les ténèbres et le froid ». C'est ce moment privilégié vu de Moscou, que Trump choisit pour « trahir » ouvertement l'Ukraine. En février dernier, j'évoquais dans ma chronique, l'année 1756 et le concept de renversement d'alliance. L'Amérique s'aligne clairement sur l'agresseur, la Russie, au détriment de l'agressé, l'Ukraine, tout comme la France avait choisi hier l'Autriche au détriment de la Prusse. Cette trahison de Kiev par Washington semble avoir été préparée de longue date. Elle s'est avancée masquée, à l'abri depropos délibérément ambigus (« Poutine me mène en bateau… je suis très déçu par lui »). Mais à la lecture du Plan Trump, qui n'est pour l'essentiel que la réitération du Plan Poutine, le doute n'est pas permis. Si Trump n'est pas un agent de Moscou au sens propre du terme, pourquoi se comporte-t-il comme s'il était le joker du Kremlin ? Est-il « tenu » par une Russie héritière de l'histoire et des méthodes de l'URSS qui a sur lui des secrets (de nature probablement plus financière que sexuelle) : une sorte de dossier Epstein bis ? Ce que Washington s'apprêterait à proposer (à imposer ?) à Kiev n'est rien moins qu'une capitulation. L'acceptation des conquêtes territoriales réalisées par la Russie en près de quatre années de guerre, et même un peu plus, avec par exemple, il suffit de regarder les cartes, une frontière russe qui se rapprocherait dangereusement d'Odessa. Et la réduction de moitié de l'armée ukrainienne, ainsi que l'interdiction faite aux alliés de Kiev de livrer de nouvelles armes à l'Ukraine. Et tout cela contre « une garantie de sécurité » offerte par l'Amérique. Ce n'est pas un Plan de Paix, ce sont les préparatifs d'une nouvelle offensive, plus complète et plus décisive. Tout se passe, pour faire référence à l'Othello de Shakespeare, comme si Iago (Trump) offrait sa garantie de protection à Desdémone (Zelensky). L'Histoire se répète 1938-2026 : l'Histoire ne balbutie pas. Elle se répète. Avec la même inexorable conclusion : la guerre qui vient. Munich hier, Kiev aujourd'hui. Le déshonneur aujourd'hui, la guerre demain. La « Ministre des Affaires étrangères de l'Europe », l'ancienne Première ministre d'Estonie, Kaja Kallas sait trouver les mots justes pour dénoncer cette « trahison ». Mais elle n'en « impose pas » face à Trump et Poutine. La féminité et la grâce en plus, le faux irénisme en moins, elle est plus proche de Daladier et de Chamberlain que de Churchill. Sommes-nous à ce point aveugles pour ne pas voir que, comme en 1938, ce qui se profile à l'horizon c'est la guerre en Europe dans son ensemble ? Il existe pourtant une différence majeure entre 1938 et 2025. En 1938, l'Amérique était la spectatrice de la trahison de l'Europe. En 2025, est-ce l'Europe qui sera la spectatrice de la trahison de l'Amérique ? Ou bien un miracle peut-il se produire ? L'Europe saura-t-elle tirer les leçons de l'Histoire, galvanisée comme elle devrait l'être, par le courage et la résilience du peuple ukrainien ? Révulsée aussi par le comportement de l'Amérique, saura-t-elle dépasser ses divisions internes ? Et transcender ses problématiques anachroniques en substituant son aide et sa garantie à celle de l'Amérique ? Bref se comporter en adulte ? La réponse devrait être simple, tant le défi est évident. Une fois ayant transformé l'Ukraine en Biélorussie, la Russie n'en restera pas là. Sommes-nous à ce point aveugles pour ne pas voir que, comme en 1938, ce qui se profile à l'horizon c'est la guerre en Europe dans son ensemble ? Une guerre qui a déjà commencé, avec la stratégie de tension permanente mise en oeuvre par la Russie de Poutine. Nous avons la capacité de dire « Non » à ce très probable diktat américano-russe. En avons-nous la volonté ? Dominique Moïsi est géopolitologue.

lundi 20 octobre 2025

Cour des comptes : rapport sur le réseau des chambres d'agriculture depuis leur régionalisation

Voir le récent rapport de la Cour des comptes. La partie sur l'accompagnement des transitions (phyto, eau, bio) commence p.61. Les chambres d’agriculture, créées en 1851 et devenues dans les années 1960 un vecteur majeur du conseil aux paysans, jouent aujourd’hui encore un rôle central auprès des agriculteurs dans un contexte de transitions économique, sanitaire, environnementale et de souveraineté. Régies par le statut d’établissements publics et gouvernées par des élus, elles regroupent 100 établissements, emploient 8 200 salariés et disposent d’un budget annuel de près de 800 M€, financé pour les trois quarts par des ressources publiques. La Cour des comptes, dans son rapport, porte une appréciation sur leur fonctionnement et leur action, en examinant l’effectivité de leur structuration en « réseau des chambres d’agriculture », leur performance économique et financière, l’exercice des missions de service public, ainsi que la tutelle exercée par l’État. Si des avancées récentes sont à mettre à l’actif du ministère de l’agriculture et de Chambres d’agriculture France, des transformations restent nécessaires afin de renforcer la cohérence du réseau, l’accompagnement des agriculteurs dans les transitions et la responsabilité budgétaire, alors que le nombre de paysans continue de diminuer et que la part de l’agriculture dans le PIB s’est stabilisée à moins de 2 %. Une régionalisation inaboutie Depuis 2016, les pouvoirs publics ont poussé les chambres d’agriculture à renforcer leur échelon régional afin de gagner en efficacité, avec le décret du 13 mai 2016 imposant la mutualisation des services supports et la possibilité de fusionner les chambres départementales. En 2025, le paysage institutionnel reste pourtant marqué par des niveaux encore limités et disparates d’intégration : la plupart des chambres départementales ont conservé leur existence juridique pleine et entière et la mutualisation des fonctions demeure inégale et insuffisante. Cinq chambres de région ont bien été créées et certaines régions, comme la Bretagne, la Normandie ou les Pays de Loire, ont expérimenté une organisation plus intégrée, mais ailleurs la réforme se heurte à la persistance du fait départemental, voire à des résistances directes. A l’issue de la période couverte par le contrat d’objectifs et de performance (COP), de 2021 à 2025, la Cour souligne que les dispositions du décret doivent désormais être respectées sans délai et recommande de généraliser les chambres de région avec des chambres territoriales comme outil de proximité, de régionaliser la légitimité électorale et d’engager une réforme du financement par la taxe pour frais de chambres afin qu’elle relève du niveau national, comme dans les deux autres réseaux consulaires. Une dynamique d’intégration dont la tête de réseau et l’État doivent encore pleinement s’emparer. Le renforcement de l’efficacité du réseau des chambres d’agriculture passe par celui de sa tête et de ses moyens d’action, ainsi que par l’effectivité de la tutelle de l’État au niveau national et local. L’élaboration en 2019 d’un premier projet stratégique commun et, en 2021, d’un premier contrat d’objectifs et de performance signé avec l’État ont posé les bases d’une intégration renforcée. Depuis 2022, la tête de réseau dispose de compétences juridiques élargies et d’un pouvoir de sanction reconnu par la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025, mais elle doit encore mieux faire respecter ses normes, assurer l’unification des systèmes d’information, moderniser la gestion des ressources humaines et immobilières, et développer les incitations financières à l’intégration. Le plein exercice de la tutelle reste un corollaire indispensable : la tutelle budgétaire doit être adaptée aux situations dégradées, la tutelle juridique clarifiée pour s’appliquer plus efficacement, et une tutelle « métiers » doit être structurée autour du prochain contrat d’objectifs. Enfin, une vigilance accrue est nécessaire face aux irrégularités constatées par la Cour, notamment en matière de gouvernance, de subventions syndicales, de participations financières, de fiscalité et de probité. Des missions à recentrer sur l’accompagnement de l’agriculture française dans les transitions Le réseau des chambres d’agriculture exerce aujourd’hui une grande diversité de missions. Celles-ci devront être recentrées sur quelques priorités claires autour de l’accompagnement des agriculteurs dans les transitions économique, sanitaire et environnementale. En matière de missions de service public, le réseau devra assumer à compter du 1er janvier 2026 de nouvelles responsabilités pour l’identification animale, et améliorer dès le 1er janvier 2027 sa contribution à l’installation et à la transmission des exploitations dans le cadre de France Services Agriculture. Le réseau et la tutelle devront s’assurer des moyens nécessaires à l’exercice de ces missions, en retraçant mieux l’évolution de l’impact de celles qui sont abandonnées ou transférées vers les chambres. Afin de mieux accompagner les agriculteurs dans les transitions, le déploiement d’un conseil global et stratégique, dans le cadre d’une offre nationale de services rationalisée, doit devenir une priorité affirmée du réseau et de l’État. La stratégie numérique devra également s’amplifier, notamment autour du portail « Mes Parcelles », afin de renforcer l’efficacité et la cohérence de l’action. Enfin, le réseau devra mieux répondre aux enjeux environnementaux par un engagement beaucoup plus marqué en faveur de l’agroécologie et de l’agriculture biologique, ainsi que dans la gestion de l’eau et de la forêt. Une lisibilité financière et une efficience du réseau qui doivent progresser La situation financière du réseau des chambres d’agriculture reste marquée par un manque de lisibilité et de fiabilité. La Cour a constaté la difficulté à consolider les comptes des différents niveaux malgré les travaux engagés pour automatiser la remontée des données d’ici 2026. Les produits du réseau se sont élevés à 794 millions d’euros en 2023, dont près des trois quarts issus de ressources publiques. Dans le même temps, les charges d’exploitation, dominées par les frais de personnel (56 % en moyenne, jusqu’à 70 % Outre-mer), ne diminuent pas. Si certaines chambres ont dégagé des excédents, près de 42 % étaient déficitaires en 2023. La situation est particulièrement fragile en Corse et Outre-mer, où la conjonction de difficultés structurelles agricoles et de choix de gestion discutables réduit la capacité contributive. Le prochain contrat d’objectifs et de performance devra fixer des cibles plus ambitieuses, garantir une comptabilité analytique fiable, généraliser la certification du service rendu et assurer le suivi des gains attendus de la mutualisation, qui n’a pas encore produit les économies espérées malgré un budget régional en hausse de 50 à 70 millions d’euros par an depuis 2017.

Placer la PAC dans un fonds plus large pourrait « pousser les instances agricoles à s’ouvrir » à d’autres secteurs, estime Collectif Nourrir

Cette réforme pourrait permettre d’impliquer davantage les secteurs de l’environnement et de la santé dans les négociations agricoles à venir, ce qui aurait un « effet positif », souligne le collectif, dans une note, le 15 octobre. Le collectif s’inquiète, à l’instar de l’Iddri, de la subsidiarité accrue concédée aux États dans l’élaboration de leurs plans de partenariats régionaux et locaux et de la faiblesse des prérogatives de la Commission pour les suivre et les contrôler. Collectif Nourrir redoute ainsi que les 300 milliards d’euros sanctuarisés pour l’agriculture dans la future PAC soient essentiellement employés par les États pour financer les paiements à la surface, au détriment des mesures environnementales et de la transition. S’il estime que la dégressivité et le ciblage sont « une bonne idée », ces mesures risquent néanmoins de produire peu d’effets, au vu de la marge de manœuvre concédée aux États. Le collectif suggère ainsi de durcir les critères de l’agriculteur actif et de renforcer les outils de l’organisation commune des marchés pour maîtriser les prix et les volumes. Il propose aussi que des objectifs environnementaux clairs et des financements spécifiques soient inclus dans la PAC, et qu’un socle commun minimal soit défini pour les pratiques de protection, qui doivent succéder aux bonnes conditions agricoles et environnementales.

Les services de la Commission estiment que l’ARN et les ciseaux moléculaires pourraient être une « alternative » aux pesticides

En plus du biocontrôle, « deux technologies majeures basées sur l’ADN ou l’ARN présentent un intérêt particulier : les technologies ARNi et Crispr-Cas », conclut ainsi le Centre commun de recherche de la Commission (JRC), dans un rapport, publié en octobre. Ces technologies d’édition génique, aussi employées pour obtenir les plantes dites « NGT », pourraient être utiles pour concevoir des « alternatives » aux pesticides chimiques, estiment ses chercheurs. Les services de la Commission les jugent ainsi « prometteuses » pour lutter contre les insectes ravageurs et la sécheresse, bien qu’elles se heurtent à plusieurs obstacles, puisque seulement quelques-unes sont actuellement autorisées. Estimant « peu probables » leurs effets indésirables sur les espèces non ciblées, le JRC préconise donc de démontrer leur sûreté par une évaluation des risques, « tant pour les plantes modifiées que pour les produits transitoires ». « Il est essentiel de répondre aux préoccupations concernant l’efficacité, la sécurité, l’absence de résistance, les considérations éthiques et la réglementation », assurent-ils, rappelant qu’il n’existe aucune réglementation juridique harmonisée spécifique aux protocoles basés sur l’ARNi et Crispr-Cas pour évaluer ces nouveaux pesticides.

L'UE continue d'exporter des milliers de tonnes de pesticides interdits

En 2024, l'Union européenne a exporté à l'étranger plus de 120 000 tonnes de pesticides interdits sur son propre territoire, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2018, comme le révèle un rapport publié fin septembre par Public Eye et Unearthed. Si l'on tient compte du Brexit en retirant les exportations du Royaume-Uni des statistiques de 2018, les exportations de pesticides interdits de l'UE ont en réalité plus que doublé entre 2018 et 2024. L'Allemagne a désormais remplacé le Royaume-Uni comme premier exportateur de l'UE, avec environ 50 000 tonnes expédiées, représentant plus de 40 % du volume total déclaré à l'exportation par le bloc l'année dernière. La France, malgré une interdiction d'exporter les pesticides contenant des substances interdites dès 2022 (loi Égalim), a continué d'en exporter plus de 6 000 tonnes l'an dernier, dont une bonne partie au Brésil. L'interdiction n'est pas appliquée intégralement à cause de failles dans la loi, notamment car elle ne cible pas l'exportation des substances actives pures, ce qui a permis aux entreprises de continuer à les exporter. Ces substances sont interdites d'usage dans l'UE en raison de leur dangerosité avérée pour la santé et l'environnement. Pourtant, elles continuent d’être produites et vendues hors de nos frontières. Le dichloropropène, neurotoxique banni en 2007, la picoxystrobine, interdite depuis 2017 pour ses effets génotoxiques, ou encore le fipronil, reconnu responsable de l'effondrement des populations de pollinisateurs, en sont quelques exemples.

lundi 13 octobre 2025

Le Parlement européen vote pour assouplir encore davantage la conditionnalité environnementale de la PAC

Les amendements issus de la commission de l’agriculture ont été adoptés, le 8 octobre, lors du vote en plénière sur le rapport du Parlement sur le paquet simplification de la Politique agricole commune actuelle. Il a été approuvé avec 492 voix pour, 111 contre, et 39 abstentions. Assouplissant encore davantage la définition – et la protection – des prairies permanentes (BCAE 1), les députés demandent aussi la suppression des BCAE 5 (protection des sols contre l’érosion) et 9 (protection des prairies permanentes des zones Natura 2 000). Ils souhaitent que les exploitations mixtes, en conversion, ou situées dans des zones Natura 2 000 soient exemptées de conditionnalité. Le WWF et le Bureau européen de l’environnement ont déploré ce résultat, qui entérine ainsi le mandat du Parlement pour les négociations à venir avec la Commission et le Conseil de l’UE. Le premier trilogue est prévu pour le 17 octobre. Découvrez le kit de survie de Contexte Agro pour les négociations à venir.

Réchauffement des océans : le constat alarmant du rapport européen Copernicus

Réchauffement, pollution, perte de biodiversité... la santé des océans continue de se dégrader. Le 9e rapport sur l'état des océans publié par l'Institut européen Copernicus et l'organisation scientifique Mercator Ocean International montre que tous les océans du monde sont désormais menacés. Alors que les océans couvrent plus de 70% de la surface du globe, "aucune partie de l'océan n'est épargnée par la triple crise planétaire : la pollution, la perte de biodiversité et le changement climatique". Les conclusions du rapport de l'Institut européen Copernicus et l'organisation scientifique Mercator Ocean International publié le 30 septembre 2025 montrent que l'état de santé des océans continue de se dégrader. Le rapport annuel sur l'état des océans (OSR), lancé en 2015, rend compte de l'état de la variabilité et des changements en cours dans l'environnement marin de l'océan mondial et des mers régionales européennes au cours des dernières décennies. L'édition 2025 met l'accent sur les événements extrêmes de 2023 et 2024 et sur l'interdépendance profonde des impacts du changement océanique avec les changements dans les écosystèmes marins, les sociétés humaines, la culture et l'économie. Réchauffement, montée des eaux, acidification, fonte des glaces... Les travaux de 70 scientifiques d'Europe et du monde entier ont permis de constater de nombreux changements océaniques : un réchauffement record de la température de l'océan en 2024 (il absorbe 90% de l'excès de chaleur généré par les émissions de gaz à effet de serre). La température a dépassé les 21°C en surface, atteignant un niveau record au printemps 2024 ; une montée sans précédent du niveau de la mer (228 millimètres entre 1901 et 2024) qui met en danger près de 200 millions de personnes installées le long des côtes mais aussi des sites du patrimoine mondial de l'Unesco ; le développement d'espèces invasives, comme le crabe bleu dans le delta du Pô et les vers à feu barbus (vers marins d'origine tropicale ou équatoriale) en Sicile ; une hausse de l'acidification des océans ; le déclin de la glace de l'Arctique (quatrième plus bas niveau historique entre décembre 2024 et mars 2025 avec, en mars 2025, une surface de glace inférieure de 1,2 million de kilomètres carrés par rapport à la moyenne hivernale de long terme). Ces phénomènes menacent les espèces et les écosystèmes et affaiblissent le rôle de l'océan dans la stabilité climatique mondiale. ntensification des canicules marines en 2023 et en 2024 Le réchauffement concerne toutes les zones maritimes mais touche plus rapidement les mers semi-fermées, en particulier la mer Méditerranée (4,3 °C au dessus des normales de mai 2022 à janvier 2023) tandis que la température des eaux de l'Atlantique Nord est passée pour la première fois au dessus des 20 °C en 2023. Le rapport analyse plus particulièrement les vagues de chaleur marines (VCM) devenues plus intenses et plus fréquentes et plus longues. Il s'agit de "hausses extrêmes de la température de l'océan pendant une période prolongée" selon Copernicus. En 2023, la plus longue vague de chaleur depuis 40 ans a été relevée en Méditerranée. Conséquences : des espèces invasives (crabe bleu, par exemple) se sont propagées, entraînant d'importantes pertes économiques pour la pêche en Italie. Au Canada, au large de la Nouvelle-Écosse, la chaleur des fonds océaniques a fait fuir les homards entraînant une hausse de leur capture entre 2008 et 2023. Sur le plateau de Terre-Neuve, la faiblesse des vents mais aussi notamment la forte densité d'eau douce ont favorisé une VCM de surface aux températures "inhabituellement élevées" pendant l'été et l'automne 2023.

jeudi 25 septembre 2025

Une septième « limite planétaire » vient d’être franchie, la Terre est en train de devenir inhabitable

 ENVIRONNEMENT - La Planète bleue est gravement malade. Le niveau d’acidification des océans, qui regroupent 97 % de l’eau sur Terre, a dépassé la limite compatible avec des écosystèmes stables et durables, a annoncé, ce mercredi 24 septembre, un rapport d’un institut de recherche. Et conclut que sept des neuf « limites planétaires » sont maintenant franchies.

Créées en 2009 sous l’impulsion du scientifique suédois Johan Rockström, les limites planétaires désignent les différents points à ne pas dépasser pour garder la planète dans un état vivable. Une trentaine de chercheurs estimaient il y a quinze ans que l’humanité avait « transgressé au moins trois limites planétaires ». Depuis, les bilans annuels de l'Institut de recherche sur le climat de Potsdam (PIK) ont montré une dégradation continue.

Celui de 2025 indique que la limite de « l’acidification des océans » vient d’être franchie. « L’océan est en train de s’acidifier, menaçant la vie marine et nous faisant entrer dans des conditions dangereuses, avec une tendance qui s’aggrave encore », ont écrit ses chercheurs. En d’autres termes, ce sont tous les écosystèmes marins qui sont menacés, comme en atteste le blanchissement des récifs coralliens, phénomène annonciateur de leur mort.

Excès de CO2 et révision des calculs

La principale cause de l’acidification des océans est l’absorption de dioxyde de carbone (CO2) émis avec la combustion d’énergies fossiles. Les scientifiques estiment que les océans ont absorbé environ 30 % de l’excès de CO2 relâché dans l’atmosphère par la combustion de pétrole, de gaz et de charbon.

La hausse de l’acidification par rapport aux chiffres publiés l’an dernier est également due en partie à une amélioration des données et à une révision des calculs.

Les six autres seuils déjà dépassées concernent le changement climatique (CO2 dans l’atmosphère), l’intégrité de la biosphère (extinction d’espèces et appropriation des ressources par l’humanité), mais aussi l’usage des sols (déforestation), le cycle de l’eau douce (zones touchées par la sécheresse ou les inondations), les cycles biogéochimiques (ajout d’engrais et pesticides) et l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère (plastiques et autres produits chimiques industriels).

Les deux limites planétaires non franchies restent les aérosols dans l’atmosphère (pollution de l’air) et le niveau d’ozone dans la stratosphère.

Le fonctionnement de la chaîne alimentaire perturbé

Si l’acidité se mesure à l’aide du pH, la référence pour cette limite est la concentration en aragonite, un minéral indispensable à la vie des coraux et animaux marins à coque. Plus l’océan est acide, plus l’aragonite se désagrège.

La limite avait été définie à 80 % de la concentration à l’ère pré-industrielle. Et les océans sont descendus sous ce niveau. « Le pH à la surface de l’océan a déjà baissé d’environ 0,1 depuis le début de l’ère industrielle. C’est l’équivalent d’une hausse de 30 à 40 % de l’acidité », relèvent les scientifiques. « Ce changement menace les organismes qui forment des coques ou squelettes en carbonate de calcium, comme les coraux, les mollusques ou des espèces cruciales du plancton. La disparition progressive de ces organismes peut perturber la chaîne alimentaire », s’inquiètent-ils.

« La vie marine va s’amenuiser. C’est très inquiétant car pour chacune des cinq grandes extinctions précédentes, la vie s’est effondrée dans les océans puis sur terre. Et la vie marine est indispensable », déplorait également Dominique Bourg, professeur des sciences de l’environnement à l’université de Lausanne, dans une interview au HuffPost en septembre 2023.

lundi 13 janvier 2025

Émissions carbone : Il a fallu 2 heures à Bernard Arnault pour polluer autant que vous en un an

 Le 10 janvier 2025, une nouvelle étape dramatique de la crise climatique a été atteinte. Les 1 % les plus riches de la planète, responsables d’émissions de gaz à effet de serre colossales, ont déjà épuisé leur quota annuel de carbone. Pendant ce temps, la moitié la plus pauvre de la population mondiale mettrait plus de trois ans à consommer la même quantité. Comment expliquer un tel déséquilibre, et surtout, comment y remédier ?

Une consommation disproportionnée et inégalitaire

Selon un rapport d’Oxfam, les 1 % les plus riches sont responsables de 15,9 % des émissions mondiales, contre seulement 7,7 % pour les 50 % les plus pauvres. Ces élites économiques, dont les revenus annuels dépassent 140 000 dollars (en parité de pouvoir d’achat), émettent en moyenne 76 tonnes de CO2 par personne et par an, soit 38 fois plus que le quota nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.

Tableau comparatif des émissions de CO2 en 2025 : 

Catégorie socio-économiqueEmissions moyennes (tonnes CO2/personne/an)Durée pour consommer le budget annuel (2 tonnes)
1 % les plus riches7610 jours
50 % les plus pauvres0,71 022 jours

Un mode de vie à très forte empreinte carbone

Les jets privés, yachts et résidences luxueuses des ultra-riches sont emblématiques de leur consommation énergétique excessive. Par exemple, un yacht peut polluer jusqu’à 7 000 tonnes de CO2 en une seule année, tandis qu’un vol transatlantique en jet privé émet plusieurs tonnes de GES. Ces pratiques contrastent fortement avec les efforts demandés à la majorité pour réduire leur empreinte carbone.

Oxfam souligne également que ces émissions ne se limitent pas au style de vie personnel. Les investissements massifs dans des secteurs polluants, comme l’industrie fossile, contribuent largement à l’aggravation de la crise climatique. Selon Nafkote Dabi, responsable climatique chez Oxfam International : « Les riches pollueurs privent des milliards de personnes de leur avenir pour satisfaire leur avidité ».

Des conséquences mondiales dévastatrices

Les inégalités climatiques entraînent des pertes économiques, des migrations forcées et des décès évitables, principalement dans les pays du Sud global. Entre 1990 et 2025, les émissions excessives des 1 % les plus riches ont causé des dommages estimés à des milliers de milliards de dollars, des récoltes détruites et des millions de morts liés à des vagues de chaleur. Exemple chiffré : en Asie du Sud, 40 % des décès dus à la chaleur affecteront les populations les plus vulnérables.

Cependant, plusieurs propositions émergent pour limiter l’impact des plus riches sur le climat :

  • Taxer les produits de luxe à forte empreinte carbone, comme les jets privés et les yachts.
  • Imposer une réduction des émissions de 97 % d’ici 2030 pour les 1 % les plus riches.
  • Créer un fonds mondial pour le financement climatique, financé par des taxes sur les grandes fortunes, afin d’aider les pays vulnérables à s’adapter aux changements climatiques.
  • Interdire les investissements polluants, en régulant plus strictement les marchés financiers et les grandes entreprises.

Des enjeux importants face à l’objectif de 10 % de réduction des prélèvements d’eau d’ici 2030

En 2022, l’eau potable représente le premier poste de prélèvement dans le bassin Artois-Picardie. Le « plan eau », adopté en 2023, fixe un o...