On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
jeudi 27 mai 2021
lundi 26 avril 2021
Résidus de pesticides dans les aliments : la situation s'améliore en Europe
L'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de publier son bilan annuel des résidus de pesticides retrouvés dans les aliments vendus en Europe. Au total, 96 302 échantillons ont été analysés en 2019, dont 96,1 % se situaient dans les limites légales autorisées contre 95,5 % en 2018 et 95,9 % en 2017. La situation est donc légèrement meilleure.
Parmi les échantillons analysés, plus de 12 000 l'ont été dans le cadre du programme de contrôle coordonné par l'UE. Dans cet échantillonnage, 2 % des aliments contenaient des résidus dans des concentrations dépassant les limites maximales autorisées. La moitié d'entre eux ont donné lieu à des actions en justice. Ce programme de contrôle couvre un panier similaire de produits sur une rotation de trois ans, ce qui signifie que des tendances à la hausse ou à la baisse peuvent être identifiées. Ainsi, par rapport à 2016, le taux de dépassement a diminué pour les pêches (de 1,9 % à 1,5 %), les laitues (de 2,4 % à 1,8 %), les pommes (de 2,7 % à 2,1 %) et les tomates (de 2,6 % à 1,7 %). A contrario, les dépassements ont augmenté pour les fraises (passant de 1,8 % à 3,3 %) ou encore les choux pommés (de 1,1 % à 1,9 %).
samedi 17 avril 2021
Tragédie des biens communs
La tragédie des biens communs, ou tragédie des communaux, est un concept décrivant un phénomène collectif de surexploitation d'une ressource commune que l'on retrouve en économie, en écologie, en sociologie, etc. La tragédie des biens communs doit se produire dans une situation de compétition pour l'accès à une ressource limitée (créant un conflit entre l'intérêt individuel et le bien commun) face à laquelle la stratégie économique rationnelle aboutit à un résultat perdant-perdant.
L'expression a été popularisée par un article éponyme du biologiste Garrett Hardin paru dans Science en 1968, intitulé « The Tragedy of the Commons »2 et considéré comme une contribution majeure de la pensée écologique.
Définition
Le philosophe grec Aristote avait déjà mis en avant le problème de la tragédie des communs : « Ce qui est commun à tous fait l'objet de moins de soins, car les Hommes s'intéressent davantage à ce qui est à eux qu'à ce qu'ils possèdent en commun avec leurs semblables3. »
La tragédie des biens communs concerne des ressources, généralement naturelles, qui sont soit en libre accès (n'importe qui peut contester l'exploitation), soit propriété d'une communauté d'acteurs. Elles possèdent deux particularités :
- il est coûteux et difficile d'attribuer des droits de propriété individuels sur la ressource. Par exemple, il serait très délicat de faire respecter un droit de propriété sur une partie de l'océan ;
- la ressource est un bien rival. Si un pêcheur pêche un poisson dans l'océan, celui-ci ne sera plus disponible pour les autres pêcheurs.
La tragédie des biens communs ne peut donc s'appliquer, dans un marché libre, qu'aux ressources ne pouvant être appropriées par personne : la capacité d'absorption de CO2 de l'atmosphère, la biodiversité, l'océan... ou la bande passante d'Internet (du point de vue des utilisateurs finaux payant un forfait illimité) en sont des exemples.
Exemple
L'exemple typique utilisé pour illustrer ce phénomène est celui d'un champ de fourrage commun à tout un village, dans lequel chaque éleveur vient faire paître son propre troupeau. Hardin décrit l'utilité que chaque éleveur a à ajouter un animal de plus à son troupeau dans le champ commun comme étant la valeur de l'animal, tandis que le coût encouru par ce même éleveur est seulement celui de l'animal divisé par le nombre d'éleveurs ayant accès au champ. En clair, l'intérêt d'accaparer le plus de ressources communes possible dépasse toujours le prix à payer pour l'utilisation de ces ressources. Rapidement, chaque éleveur emmène autant d'animaux que possible paître dans le champ commun pour empêcher, autant que faire se peut, les autres éleveurs de prendre un avantage sur lui en utilisant les ressources communes, et le champ devient vite une mare de boue où plus rien ne pousse.
Solutions
Trouver une solution à la tragédie des biens communs fait partie des problèmes récurrents de la philosophie politique et de l'économie politique. Pour schématiser, il existe, trois solutions pour éviter la surexploitation des ressources : la nationalisation, la privatisation (selon Hardin) et la gestion par des communautés locales.
Nationalisation
L'idée, apparue dans les années 19704, est que l'État devienne propriétaire de la ressource. Il peut alors intervenir de deux manières, en règlementant l'accès à la ressource, ou bien en l'exploitant directement lui-même. La mise en place de mesures de restrictions d'accès peut se traduire entre autres par une limitation des dates durant laquelle l'exploitation est autorisée (périodes de chasse), la limitation des moyens employés (taille maximum des filets de pêche), ou bien même par l'interdiction d'accès pure et simple (espèces protégées). La gestion directe de l'exploitation par l'État consiste généralement à confier le monopole d'exploitation à une entreprise publique.
La nationalisation a souvent été préconisée et suivie, en particulier dans les pays en développement5. Mais les résultats n'ont pas toujours été satisfaisants, ainsi la nationalisation des forêts a-t-elle eu des effets désastreux dans de nombreux pays en développement en proie à la déforestation6. Ces problèmes touchent également d'autres ressources et sont aggravés par la corruption.
Dans l'essai original de Hardin, celui-ci propose que les utilisateurs de la ressource commune et, par extension, du problème de la surpopulation, choisissent une solution mutuellement coercitive approuvée unanimement ; dans le cas de la surpopulation, ce serait de renoncer collectivement au droit de procréer. Dans Managing the Commons paru en 1979, Hardin et John A. Baden discutent de cette solution7. Un seul pays a appliqué dans une certaine mesure cette préconisation : la République populaire de Chine avec la politique de l'enfant unique. Dans son article originel, Hardin rejetait l'éducation comme moyen de réduire la croissance démographique, mais depuis il est apparu que l'augmentation des opportunités économiques et éducatives pour les femmes entraîne une réduction du taux de natalité. Ainsi, plusieurs pays développés (par exemple le Japon) cherchent à l'heure actuelle à augmenter leur taux de natalité à la suite d'une diminution excessive de celui-ci[réf. nécessaire].
Privatisation
Une solution différente est de convertir la ressource commune en propriété privée pour inciter le(s) propriétaire(s) à une gestion rationnelle de cette ressource. Historiquement, cette solution a été appliquée du XIIe au XIXe siècle en Angleterre aux terres communes, lors du mouvement des enclosures. C'est la solution qui est préconisée par les libéraux en suivant le principe lockéen de l'appropriation initiale par le travail : le premier qui transforme une ressource non appropriée par son travail devient le propriétaire légitime de cette ressource (en oubliant le critère de légitimité de Locke : « à condition qu'il en reste autant et de même qualité pour les autres »[réf. nécessaire]).
Bien que d'apparence opposée au principe de nationalisation, ce qui est appelé privatisation de la ressource nécessite généralement l'intervention de l'État. Il s'agit de créer un droit de propriété sous forme de quota de prélèvements échangeables, plutôt que d'être propriétaire du support de la ressource. Cette solution est largement utilisée pour la gestion des pêcheries, avec semble-t-il un certain succès8. Toutefois, toutes les ressources ne sont pas adaptées pour être gérées par un tel système, et dans certains pays le manque de fiabilité des institutions en rend la mise en œuvre illusoire.
Gestion par les acteurs locaux
Une solution alternative, mise en évidence et analysée par Elinor Ostrom, est la gestion des ressources par les acteurs locaux à travers des normes sociales et des arrangements institutionnels. Les communautés d'individus qui vivent à proximité de la ressource seraient incitées à trouver des règles limitant l'exploitation sur le long terme. Pour que ces règles soient respectées, des mécanismes de surveillance et de sanctions à l'égard de ceux qui surexploitent sont généralement nécessaires. Il existe dans la réalité une très grande diversité de situations, de telle sorte qu'il est impossible de préconiser une solution unique. Ainsi, selon les caractéristiques de la ressource et de l'environnement économique, les acteurs peuvent mettre en place des systèmes de gestion très différents.
Ainsi des indiens Salish, qui géraient leurs ressources naturelles à l'aide d'un système localisé où chaque famille avait la responsabilité d'un lieu et des ressources qui s'y trouvaient. L'accès à la nourriture était la principale source de richesse, et la capacité à être généreux avait une valeur morale élevée, ce qui donnait un intérêt à la conservation des ressources[réf. nécessaire].
Une autre solution économique au problème est celle du théorème de Coase, où les individus qui font usage des biens communs se paient les uns les autres de manière à ne pas surexploiter la ressource9.
Critique du modèle de Hardin
Hardin estimait que l'homme est prisonnier d'un système qui l'oblige à accroître l'exploitation sans limites, dans un monde pourtant limité. La validité de ce modèle a été contestée à partir des années 1970, tant sur le plan théorique qu'au niveau empirique10. Hardin aurait effectué une confusion entre les concepts de propriété commune et de ressources en libre accès. Une ressource en régime de propriété commune appartient à un groupe d'individus qui peut généralement exclure les non-membres de l'usage, tandis qu'il n'existe aucune restriction d'entrée et d'usage pour une ressource en situation de libre accès. Les règles limitant l'exploitation, présentes dans de nombreuses ressources en propriété communes, ont ainsi été ignorées par Hardin.mercredi 31 mars 2021
Un tiers des terres agricoles à "haut risque" de pollution aux pesticides
Un tiers des terres agricoles dans le monde sont à haut risque de pollution par des résidus de pesticides, qui peuvent se retrouver dans les nappes phréatiques et menacer la biodiversité, selon une étude publiée lundi 29 mars 2021.
Des chercheurs en Australie ont étudié 59 herbicides, 21 insecticides et 19 fongicides et ont estimé leurs niveaux d'utilisation dans 168 pays en se basant sur des données de l'agence des Nations-Unies chargée de l'alimentation et de l'agriculture (la FAO) et de l'Institut américain de géophysique (USGS).
64% des terres agricoles menacées d'être polluées
Ils ont ensuite utilisé un modèle mathématique pour estimer les niveaux de résidus de pesticides dans l'environnement.
Il en ressort, selon cette étude publiée dans Nature Geoscience, que 64% des terres agricoles, soit environ 24,5 millions de km2, sont menacées d'être polluées par plus d'un principe actif et 31% sont à haut risque.
Ce résultat "est significatif car la pollution potentielle est généralisée, et certaines régions menacées abritent une grande biodiversité et souffrent de pénurie d'eau", souligne l'auteure principale de l'étude, Fiona Tang, de l'université de Sydney.
L'Asie, continent le plus touché
Une région est considérée à haut risque quand les niveaux de concentration d'un pesticide sont estimés à au moins 1.000 fois le niveau où ces concentrations n'ont pas d'effet néfaste.
L'Asie est la zone la plus touchée, avec 4,9 millions de km2 à haut risque, dont 2,9 millions en Chine. En Europe, la Russie, l'Ukraine et l'Espagne concentrent l'essentiel (62%) des zones à haut risque.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette forte pollution, comme un usage excessif de pesticides, leur niveau de toxicité mais aussi des facteurs environnementaux comme des températures froides ou un sol pauvre en carbone qui jouent sur leur dégradation dans l'environnement.
L'étude ne se penche pas directement sur les impacts sur la santé humaine, mais les chercheurs indiquent que le passage des pesticides dans les eaux potables pourrait représenter un risque et demandent une meilleure analyse de la pollution des rivières, des estuaires et des cours d'eau.
Elle appelle aussi à une transition vers une "agriculture durable", avec une réduction de l'usage des pesticides et du gaspillage alimentaire.
jeudi 18 mars 2021
Dans la camomille, il y a un principe, le parthénolide, actif contre la migraine
Les scientifiques ont mis au point un traitement à base de parthénolide. Cette molécule naturelle atténuerait voire empêcherait le déclenchement de crise migraineuse à moyens termes. Rémi Shrivastava, directeur de Naturveda, indique : « On a cherché dans toutes les médecines, ancestrales, chinoises, d’Amérique latine, ayurvédiques, quelles étaient les plantes qui étaient connues pour avoir une action soit sur les céphalées, soit sur les migraines. On s’est rendu compte qu’il existe une multitude de plantes, que l’on connaît depuis 3 à 4 000 ans et on a cherché leur point commun. On a vu qu’il y a une famille de molécules que l’on retrouve dans toutes ces plantes. C’est comme ça qu’on a fait le lien entre les principes actifs qu’on utilisait et ces plantes-là. Après on a regardé les plantes qui ont la possibilité d’avoir cet actif et on a sélectionné celles qui en avaient la quantité maximum. Dans la camomille, il y a un principe actif, le parthénolide. Il a été montré qu’il est capable d’agir et de désensibiliser un récepteur qui est impliqué dans le déclenchement de la crise de migraine ». Il ajoute : « Pour une plante, il faut bien se dire qu’un actif naturel n’est pas non plus la molécule chimique. Il faut laisser du temps à la plante pour agir. Les résultats qu’on arrive à avoir nous arrivent sous 4 à 6 semaines au minimum. Je prends une plante, je claque des doigts et derrière ça fonctionne, tout ça n’est pas vrai et n’existe pas. On vous ment si on vous dit ça ». Une gélule et un pulvérisateur nasal ont été développés et testés cliniquement. Ils devraient être commercialisés à partir de cet été.
mardi 16 mars 2021
Certains cocktails de pesticides favoriseraient le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées
COMMUNIQUE DE PRESSE - Certains pesticides utilisés en Europe sont suspectés d’avoir des effets néfastes sur la santé humaine. Ils provoqueraient des perturbations hormonales et auraient également des propriétés carcinogènes, déjà observées en milieu professionnel. Le lien entre l’exposition à ces pesticides via l’alimentation et le cancer du sein dans la population générale est encore peu étudié. Des chercheurs d’une équipe mixte INRAE, Inserm, Cnam et Université Sorbonne Paris Nord ont déjà montré que les consommatrices d’aliments issus de l’agriculture biologique de la cohorte NutriNet-Santé, avaient un moindre risque de cancer du sein en post-ménopause (1). Cette même équipe a poursuivi ses travaux en s’intéressant cette fois à l’exposition à différents cocktails de ces pesticides sur cette catégorie de la population. Leurs travaux, parus le 15 mars dans la revue International Journal of Epidemiology apportent un éclairage sur l’impact de l’exposition alimentaire aux pesticides dans la survenue de cancer du sein en post-ménopause.
Publié le 15 mars 2021
Actuellement en Europe, certains pesticides utilisés en grandes quantités dans l’agriculture, sont suspectés d’effets délétères sur la santé humaine reproductive, et pourraient avoir un rôle notamment dans la survenue de cancers du sein et de la prostate. Ils perturberaient le système endocrinien (hormonal) et auraient des propriétés carcinogènes, comme cela a déjà été observé dans des populations exposées dans leur milieu professionnel. Cependant, le lien entre l’exposition à ces pesticides via l’alimentation et le cancer du sein dans la population générale est peu étudié, bien que des chercheurs INRAE, Inserm, CNAM et Université Sorbonne Paris Nord aient déjà montré que les consommatrices d’aliments issus de l’agriculture biologique de la cohorte NutriNet-Santé présentaient un moindre risque de cancer du sein en post-ménopause. Mais alors, quel est ce lien entre mélange de pesticides apportés par l’alimentation et risque de cancer du sein en post-ménopause ?
Leur nouvelle étude, menée sur quatre ans, a commencé en 2014. Les participantes avaient alors répondu à un questionnaire permettant d’évaluer la consommation d’aliments biologiques et conventionnels. Un total de 13 149 femmes ménopausées a été inclus dans l’analyse, constituant l’échantillon de cette étude, et 169 cas de cancers ont été signalés. Grâce à une base de données de contamination des aliments selon leur mode de production2, les chercheurs ont mesuré l’exposition à 25 substances actives entrant dans la composition de pesticides autorisés en Europe, incluant ceux utilisés en agriculture biologique. Une méthode dite en « Factorisation par Matrices non-Négatives » (NMF) a permis d’établir quatre profils d’exposition aux pesticides, traduisant des mélanges différents de pesticides auxquels nous sommes exposés via l’alimentation. Ensuite, des modèles statistiques ont été utilisés pour analyser ces profils, afin d’explorer le lien potentiel avec le risque de survenue d’un cancer du sein.
Le profil NMF n°1 est caractérisé par une exposition élevée aux chlorpyriphos, imazalil, malathion et thiabendazole, des pesticides de synthèse. Dans ce profil, les chercheurs notent une augmentation du risque de cancer du sein en post-ménopause chez les femmes en surpoids (IMC entre 25 et 30) ou obèses (IMC>30). A l’inverse, le profil NMF n°3 est lui caractérisé par une exposition faible à la plupart des pesticides de synthèse et une diminution de 43% du risque de cancer du sein en post-ménopause. Les deux autres profils identifiés par NMF n’étaient pas associés au risque de cancer du sein.
Ces résultats suggèrent un lien entre certains profils d’exposition aux pesticides et la survenue de cancers du sein en post-ménopause. Mais pour confirmer ces données, il est primordial d’une part de mener des études expérimentales pour éclaircir les mécanismes impliqués, et d’autre part de confirmer ces résultats dans d’autres populations.
jeudi 11 mars 2021
Stress, sommeil, migraine... que vaut l’oxygénation hyperbare ?
L'oxygénation hyperbare (ou oxygénothérapie hyperbare) consiste à doper l’organisme en respirant de l’oxygène concentré sous pression. Dans quelles indications est-elle utile ? Quels sont les risques et contre-indications ? Réponses d'experts.
Si Novak Djokovic et Cristiano Ronaldo ont leur propre caisson pour mieux récupérer, des centres proposent désormais des séances d’oxygénation hyperbare pour améliorer migraines, stress ou sommeil. Que peut-on vraiment en attendre ?
Qu'est-ce que l'oxygénation hyperbare ?
L’idée : doper l’organisme en respirant de l’oxygène concentré sous pression. En effet, quand la pression est supérieure à la pression atmosphérique ambiante, l’oxygène inhalé passe davantage dans le sang, ce qui augmente l’oxygénation des cellules.
L’oxygénothérapie hyperbare est utilisée en médecine pour traiter des pathologies aiguës (accidents de décompression, intoxication au monoxyde de carbone…) ou chroniques (ulcères diabétiques, lésions cérébrales post-AVC, fibromyalgie…), dans une vingtaine de centres hospitaliers en France. Dans ces caissons médicaux, l’air respiré est pur en oxygène à 100 % et la pression peut aller de 2,5 à 6 ATA (unité de pression), soit l’équivalent d’une plongée de 15 à 50 m de profondeur !
Les caissons mobiles affichent, eux, un air pur en oxygène entre 93 et 97 % et une pression d’1,3 à 1,5 ATA , ce qui correspond à une plongée d’environ 3 à 4 mètres. "
Comment se déroule une séance d'oxygénation hyperbare ?
On entre vêtu, mais déchaussé dans un caisson dans lequel on s’allonge ou on s’assoit. L’opérateur referme ensuite les parois en tissu de l’habitacle avant de faire monter en quelques minutes la pression à l’intérieur.
Claustrophobes s’abstenir, même si c’est assez spacieux ! On respire l’oxygène via deux petites canules placées dans les narines. On y reste 1 h à 1 h 30. La pression est ensuite abaissée progressivement avant de pouvoir sortir.
Quels sont les bienfaits supposés de l'oxygénothérapie hyperbare ?
- Sur le stress : l’argument avancé est celui d’une meilleure oxygénation du cerveau, mais il ne repose sur aucune étude scientifique. "L’isolation offerte par ces caissons influence peut-être le bien-être, mais on ne sait pas si la pression et le niveau d’oxygène modulent physiologiquement le niveau de stress", résume le Dr Joffre. Si on y va pour se détendre, on peut en profiter pour écouter de la musique.
- Sur le sommeil : l’hyperoxygénation du cerveau est censée améliorer la production de mélatonine, hormone qui favorise l’endormissement. "Pour l’affirmer, il faudrait le démontrer. Or, il n’y a pour l’instant aucune étude à ce sujet", rappelle le Dr Carl Willem, médecin du sport au CHU de Nice. Pour l’instant, cette technique n’est pas proposée dans les centres spécialistes du sommeil.
- Sur les migraines : la douleur est causée par la vasodilatation des vaisseaux qui augmente la pression à l’intérieur du crâne, or l’apport d’oxygène a un effet vasoconstricteur. Une revue d’études scientifiques Cochrane a confirmé l’intérêt de l’oxygénothérapie au masque et de l’oxygénothérapie hyperbare pour calmer une crise de migraine : plus de 70 % des patients étaient soulagés. Mais dans les caissons grand public, le débit d’oxygène délivré n’est que de 5 l/min en moyenne, contre 8 à 15 l/min en milieu médical. "On manque pour le moment d’études sur ce type de caisson pour se prononcer, même si le principe est bon", estime le Dr Michel Dib, neurologue spécialiste de la migraine à La Pitié Salpêtrière. On peut essayer pour voir si cela fait du bien, à condition de demander avant l’avis de son médecin traitant ou de son neurologue. Et de pouvoir s’y rendre rapidement une fois que la crise commence…
Oxygénothérapie hyperbare : quels risques ? quelles contre-indications ?
Il existe bien des risques, principalement au niveau des oreilles ! "Un barotraumatisme est possible à partir d’une Npression équivalente à 50 cm sous l’eau pour les oreilles sensibles, ce qui est largement dépassé. Il peut aussi toucher les sinus, les dents (si cavité), les poumons…", indique le Dr Joffre. Si vous avez déjà eu des problèmes de tympans, si vous souffrez en plongée ou en avion, mieux vaut s’abstenir. La sensation d’oreilles bouchées est normale au début mais si vous ne parvenez pas à rééquilibrer en baillant, mâchant, déglutissant… il faut arrêter La séance.
Par ailleurs, mieux vaut demander l’avis de votre médecin si vous avez une maladie chronique ou des antécédents médicaux. Car il existe des contre-indications :
Et mieux vaut s’abstenir aussi en cas de gros rhume avec le nez très pris qui empêche de bien respirer.
Où tester l'oxygénation hyperbare ? À quel prix ?
Dans des centres en ville comme O2 Relax à Paris, des cabinets de kinésithérapie et/ou de cryothérapie (Le Frisson Salvateur à Lille) ou des centres de préparation sportive (APS. Aquaphysiosport à Toulon, Inside the athlète 3.0 à Besançon...). On trouve aussi des caissons d’oxygénation hyperbare en thalassothérapie, par exemple chez Thalazur Cabourg ou Côté Thalasso à Banyuls et l’Ile de Ré
Compter 30 € à 59 € la séance d’1 h à 1 h 30, non remboursée. Les fabricants recommandent souvent d’en faire cinq de façon rapprochée (pas plus de 48 h d’écart) pour en observer les effets, puis de renouveler une fois par semaine si c’est bénéfique.
Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer
Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...
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Voir le récent rapport de la Cour des comptes. La partie sur l'accompagnement des transitions (phyto, eau, bio) commence p.61. Les cham...