Les données du ministère de l'Agriculture transmises à l'Union des
apiculteurs de France (Unaf) à la demande de la Commission d'accès aux
documents administratifs (Cada) le démontrent : l'utilisation des pesticides néonicotinoïdes ne
faiblit pas. En 2014, 508 tonnes ont été vendues en France contre 388
tonnes en 2013 soit une hausse de 31% en un an. Entre 2012 et 2013, l'utilisation était restée stable.
Pour l'association d'apiculteurs, cette tendance démontre "l'inefficacité des interdictions partielles" prononcées en décembre 2013 par l'Union européenne.
Sur les sept substances autorisées, trois font en effet l'objet d'une
interdiction pour certains usages : l'imidaclopride, la clothianidine et
le thiaméthoxam. Entre 2013 et 2014, l'utilisation de la clothianidine
et du thiaméthoxam a baissé de plus de 76%. Mais les agriculteurs se
sont reportés sur le thiaclopride dont les ventes ont triplé sur la même
période. "Les maïs Cruiser (thiaméthoxam) et Cheyenne (clothianidine) ont été interdits et remplacés par le maïs Sonido (thiaclopride)", explique l'Unaf.
Le boom de l'imidaclopride
Sur la même période, les ventes d'imidaclopride ont quant à elles
augmenté de 36% malgré l'interdiction de son utilisation sur certaines
cultures. Depuis 2011, l'imidaclopride séduit de plus en plus avec des
ventes multipliées par plus de six. En 2013, cette molécule a d'ailleurs
fait son apparition pour la première fois dans le top 15 des pesticides
les plus détectés dans les cours d'eau français.
Pour Gilles Lanio, président de l'Unaf, "C'est
gravissime. Comment espérer retrouver des abeilles en bonne santé dans
ces conditions ? (…) Il faut donc se rendre à l'évidence et interdire
totalement et définitivement ces produits. Il faut faire cesser la
substitution d'une molécule à une autre et retourner à des pratiques
agronomiques".
L'association mise beaucoup sur la loi biodiversité qui prévoit
l'interdiction de ces substances. Avec l'échec des négociations entre
sénateurs et députés, c'est l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Pour l'instant, l'interdiction est prévue pour le 1er septembre 2018 mais rien ne dit que l'Assemblée restera sur cette disposition tant le sujet divise même au sein de la majorité.
On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
mardi 31 mai 2016
Hécatombe de coraux de la Grande barrière en Australie
Selon une nouvelle étude, 35% d'une grande partie des coraux australiens sont morts ou à l'agonie. La cause ? Un fort phénomène de blanchissement, lié au réchauffement des océans.
DÉPRIMANT. Pollutions diverses, acidification, algues et autres espèces invasives : les coraux n'ont vraiment pas la vie facile, comme le démontrent de nouveaux chiffres. D'après des scientifiques Australiens, au moins 35% des coraux du nord et du centre de la Grande barrière de corail Australienne sont morts ou à l'agonie, sous l'effet d'un épisode de blanchissement d'une rare gravité. Le professeur Terry Hughes, expert des récifs coralliens à l'Université James Cook de Townsville, dans le Queensland (nord-est de l'Australie), a précisé que le réchauffement climatique était probablement le responsable de ces ravages sur l'un des sites les plus emblématiques de l'Australie. Cette évaluation est le résultat de plusieurs mois de surveillance aérienne et sous-marine : "Nous avons découvert qu'en moyenne, 35% des coraux sont morts ou en train de mourir sur 84 récifs sur les sections centre et nord de la Grande barrière, entre Townsville et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a déclaré le chercheur. C'est la troisième fois en 18 ans que la Grande barrière de corail traverse un épisode grave de blanchissement lié au réchauffement climatique, et l'épisode actuel est beaucoup plus extrême que ce que nous avions mesuré auparavant".
Réchauffement = blanchissement = mort
Phénomène de dépérissement, le blanchissement se traduit par une décoloration des coraux. Il est effectivement provoqué par la hausse de la température de l'eau, qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Les récifs peuvent s'en remettre si l'eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste. Il faut compter une décennie pour que la couverture corallienne se remette, "mais cela prendra beaucoup plus de temps pour retrouver les plus grands et plus anciens coraux qui sont morts", ajoutent les scientifiques. Outre le réchauffement climatique, la Grande barrière est aussi menacée par la prolifération des acanthasters et des échinodermes (de la même famille que les étoiles de mer) envahissant ce qui reste des coraux.CONTROVERSE. Sur son site Internet, le Centre ARC pour les études sur les récifs coralliens publie des photographies comparatives montrant le même récif, complètement blanchi en février 2016, puis totalement colonisé et disparu sous des algues deux mois plus tard. Le site de 345.000 kilomètres carrés avait d'ailleurs évité de justesse en 2015 d'être placé par l'Unesco sur sa liste des sites en péril. Ainsi, un porte-parole du ministre de l'Environnement Greg Hunt, avait assuré mi-mai 2016 que le gouvernement allait tout faire pour protéger le site. Il a cependant été révélé il y a peu que le ministère Australien était intervenu pour obtenir que toutes les références à l'Australie, y compris à la Grande barrière de corail, soient retirées d'un rapport de l'ONU sur les ravages mondiaux du réchauffement climatique sur les sites au Patrimoine.
vendredi 27 mai 2016
L’utilisation des insecticides « tueurs d’abeilles » est toujours en forte augmentation
Les apiculteurs français en sont tout abasourdis : le moratoire européen sur certains usages des néonicotinoïdes semble jusqu’ici avoir été inopérant. Depuis sa mise en place en 2013, l’utilisation de ces insecticides, mis en cause dans l’effondrement du nombre d’abeilles et de pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, etc.), a même explosé. C’est le principal enseignement des statistiques obtenues, jeudi 26 mai, par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), qui a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) contre le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.
Selon ces données, les tonnages des cinq principaux « tueurs d’abeilles » vendus en France (acétamipride, clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride) sont passés de 387 tonnes, en 2013, à 508 tonnes, en 2014. Soit une augmentation de 31 % en un an, malgré le moratoire. Quant aux données 2015, elles ne sont pas disponibles. « Nous avons écrit par deux fois à la direction générale de l’alimentation [au ministère de l’agriculture] pour avoir accès à ces informations, dit-on à l’UNAF. Sans réponse, nous avons saisi la CADA en février, qui vient de nous donner raison. »« Contourner les interdictions »
Certaines molécules soumises à des restrictions par le moratoire imposé par Bruxelles en 2013 voient bien leur tonnage baisser en 2014, mais d’autres augmentent fortement. L’imidaclopride, l’une des molécules les plus toxiques pour l’abeille domestique, bondit de 36 % malgré le moratoire.Au ministère, on relativise cette hausse, expliquant que « sur des molécules dont le tonnage total est faible, une petite augmentation peut conduire à des hausses de pourcentages qui peuvent sembler élevées ». En outre, ajoute-t-on en substance Rue de Varenne, ce n’est pas le tonnage qui permet d’évaluer l’intensité du recours aux pesticides, mais le « nombre de doses unités » (ou NODU), qui tient compte du tonnage des substances, mais aussi de leur activité chimique (certaines sont plus efficaces que d’autres) et de l’étendue des surfaces traitées.
Le tonnage des néonicotinoïdes aurait-il pu augmenter mais le fameux NODU baisser ? « Le NODU est surtout utile pour comparer l’utilisation de molécules dont l’activité est différente, dit François Veillerette, porte-parole de l’association Génération futures. Lorsqu’on suit une même substance, ou une même famille de substances, pour une même catégorie d’usages, les tonnages ne peuvent pas augmenter sans que le NODU n’augmente lui aussi. » Gilles Lanio, le président de l’UNAF, ne croit guère, lui non plus, que l’augmentation du tonnage des « néonics » puisse être associée à une baisse de leur utilisation : « Il y a des moyens pour contourner les interdictions de certains usages des néonicotinoïdes », dit-il.
« L’écart entre la réalité et le discours du ministre de l’agriculture [Stéphane Le Foll], qui se pose en défenseur des abeilles, est choquant, ajoute M. Lanio. Quand nous sommes reçus au ministère, on nous dit que les agriculteurs font de grands efforts et que les mortalités d’abeilles proviennent aussi de nos pratiques. Les chiffres montrent que c’est complètement faux. Quant à la transparence, elle n’est pas là, malgré les promesses. »
Des demandes non satisfaites
Car si l’UNAF a obtenu la transmission des chiffres détaillés de l’évolution du tonnage de chaque molécule, ses autres demandes n’ont pas été satisfaites. L’association a ainsi demandé le détail des traitements de semences par type de culture, et les superficies concernées. En vain. « Toutes nos demandes ont reçu un avis favorable de la CADA, mais celui-ci n’étant que consultatif, nous n’avons pas obtenu ces données », dit-on à l’UNAF. Au ministère, on répond que la publication de ces informations ne peut se faire qu’après un long travail, pour s’assurer que celles-ci ne trahissent aucun secret commercial des acteurs de la filière.
« Si nous
n’obtenons pas l’information, ainsi que toutes celles qui ne nous ont
pas été transmises, nous saisirons le tribunal administratif », dit-on à
l’UNAF
Ce n’est pourtant pas tout. L’UNAF demandait aussi au ministère de lui transmettre
les documents attestant de la position de la France, au niveau
européen, lors des comités techniques des 27 juillet et 18 novembre
2015, au cours desquels deux nouveaux insecticides apparentés aux
néonicotinoïdes (le sulfoxaflor et le flupyradifurone) ont été autorisés
en Europe.
La France a-t-elle voté pour ou contre l’autorisation de ces nouvelles
molécules ? L’information est confidentielle. Sa divulgation, ont
expliqué sans rire les services du ministère de l’agriculture à la CADA, « porterait atteinte à la conduite de la politique extérieure de la France ». La CADA n’y a cru que moyennement et a donné un avis positif à la publication de cette information.
« Si nous ne l’obtenons pas, ainsi que toutes celles qui ne nous ont
pas été transmises, nous saisirons le tribunal administratif », dit-on à l’UNAF.
Une autre dispute sur les néonicotinoïdes est en cours, cette fois entre l’Assemblée nationale et le Sénat. En effet, lors de l’examen en deuxième lecture du projet
de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages, la Chambre haute a défait la mesure d’interdiction totale de
tous les néonicotinoïdes à partir de 2018, qu’avaient adoptée les députés. « Mercredi [25 mai], la commission mixte paritaire a échoué à concilier les deux positions, explique Delphine Batho, députée (PS) des Deux-Sèvres, coauteure de l’amendement sur les néonicotinoïdes. Le texte va donc revenir les 7 et 8 juin à l’Assemblée, en commission du développement durable. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/27/les-insecticides-tueurs-d-abeilles-en-forte-augmentation_4927380_3244.html#xY0gumWmqUIbq5Vm.99
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/27/les-insecticides-tueurs-d-abeilles-en-forte-augmentation_4927380_3244.html#xY0gumWmqUIbq5Vm.99
mardi 3 mai 2016
Le changement climatique coûtera 2.000 milliards $ par an sur la productivité en 2030
En réduisant la productivité du travail et en affectant la santé des travailleurs, la hausse des températures liée au changement climatique pourrait coûter jusqu'à 2.000 milliards de dollars par an à l'horizon 2030, selon une étude
publiée le 28 avril par l'Organisation internationale du travail (OIT),
le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud),
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Climate Vulnerable
Forum.
Les pertes estimées impliquent des "conséquences négatives d'une échelle similaire à la production économique, ou le PIB", pour un large éventail de pays en développement, dont l'Inde, l'Indonésie et le Nigéria, prévient l'étude. Plus d'un milliard de travailleurs sont déjà confrontés à des chaleurs excessives. Les régions les plus touchées incluent le sud des Etats-Unis, l'Amérique centrale et les Caraïbes, l'Afrique du Nord et de l'Ouest, l'Asie du Sud et du Sud-est.
Le 22 avril dernier, 175 pays ont signé l'accord sur le climat conclu à Paris (COP 21) en décembre dernier, visant à limiter la hausse de température "bien en deçà de 2°C" par rapport aux niveaux pré-industriels. Toutefois, même en limitant la hausse des températures à 1,5°C, les principales régions "feraient face à presque un mois entier de chaleur extrême, ajoutée chaque année d'ici 2030 (2010-2030)". Les pays les plus vulnérables pourraient perdre "10 à 15% des heures travaillées par an", alerte l'étude.
Les pertes estimées impliquent des "conséquences négatives d'une échelle similaire à la production économique, ou le PIB", pour un large éventail de pays en développement, dont l'Inde, l'Indonésie et le Nigéria, prévient l'étude. Plus d'un milliard de travailleurs sont déjà confrontés à des chaleurs excessives. Les régions les plus touchées incluent le sud des Etats-Unis, l'Amérique centrale et les Caraïbes, l'Afrique du Nord et de l'Ouest, l'Asie du Sud et du Sud-est.
Le 22 avril dernier, 175 pays ont signé l'accord sur le climat conclu à Paris (COP 21) en décembre dernier, visant à limiter la hausse de température "bien en deçà de 2°C" par rapport aux niveaux pré-industriels. Toutefois, même en limitant la hausse des températures à 1,5°C, les principales régions "feraient face à presque un mois entier de chaleur extrême, ajoutée chaque année d'ici 2030 (2010-2030)". Les pays les plus vulnérables pourraient perdre "10 à 15% des heures travaillées par an", alerte l'étude.
vendredi 15 avril 2016
Transition écologique : la mise en œuvre de la stratégie nationale est préoccupante
La mise en œuvre de la stratégie nationale de transition écologique
vers un développement durable (SNTEDD) pour la période 2015-2020 est "préoccupante
sur les enjeux écologiques majeurs (…) tels que le changement
climatique, la perte accélérée de biodiversité, la raréfaction des
ressources et la multiplication des risques sanitaires environnementaux". Le premier bilan officiel, publié le 11 avril, est qualifié de "contrasté" par le commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de l'Environnement. "Les indicateurs relatifs aux axes montrent que certaines bonnes pratiques émergent", mais il faudra suivre leur évolution sur les prochaines années pour "estimer
dans quelle mesure la poursuite ou l'accélération des bonnes pratiques
émergentes se traduit par une évolution positive".
Adoptée en février 2015, la SNTEDD fixe le cap de la France en matière de développement durable pour les années 2015 à 2020 et définit les orientations de la transition écologique vers une société plus sobre. Elle identifie quatre enjeux majeurs (le dérèglement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources et les risques sanitaires environnementaux) et retient neuf axes transversaux stratégiques qui regroupent les priorités d'actions. Trente-neuf indicateurs permettent son suivi annuel.
Plus de 90% des indicateurs ne sont pas satisfaisants
Pour évaluer les progrès de la transition écologique française, les services du ministère de l'Environnement ont comparé le niveau atteint par les "indicateurs essentiels" de suivi de la stratégie nationale avec l'objectif chiffré règlementaire (lorsqu'il existe) ou avec l'évolution inscrite dans la SNTEDD. Le bilan global est sans appel. "Plus de 90% des indicateurs reflètent un état non satisfaisant, dont plus de la moitié un mauvais état", explique le CGDD, précisant que "sur 21 indicateurs, 7% sont en vert, 36% en orange et 57% en rouge". Le document présente un tableau détaillé de ces indicateurs.
La situation la plus grave, selon le bilan, concerne la biodiversité, tous les indicateurs étant au rouge. L'artificialisation des sols a progressé de 1,4% par an en moyenne entre 2006 et 2014, atteignant 51.043 km2, soit 9,3% du territoire national. Autre exemple, la consommation de produits phytosanitaires a progressé de 5% en 2011-2013 par rapport à 2009-2011, alors que la France s'est fixé pour objectif de la réduire, si possible, de 50% entre 2008 et 2018. Enfin, seulement 22% des habitats naturels d'intérêt communautaire sont en bon état de conservation.
Premiers impacts du dérèglement climatique
Quatre indicateurs sont en rouge, sur les sept relatifs au changement climatique. Seule la baisse de 11% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national entre 1990 et 2013 est satisfaisante. La légère progression de 1,1% entre 1990 et 2012 de l'empreinte carbone de la demande finale intérieure, qui tient compte des émissions liées aux importations, est qualifiée de "moyenne". Elle "a augmenté significativement de 1995 à 2007 avant de repartir à la baisse", avance le CGDD pour justifier ce jugement mitigé. Quant aux conséquences climatiques, elles commencent à se faire sentir avec une hausse de la température moyenne française de 1,9°C par rapport à la période de référence 1961-1990 et une moyenne de cinq évènements naturels très graves pour les années 2000, contre deux pour les années 80 et 90. Compte tenu de la hausse du nombre de logements (+7% entre 1999 et 2006) et de la population (+1%) exposés à des risques de submersion marine, le montant des indemnisations versées par les assurances au titre des catastrophes naturelles est en hausse.
Avec un indicateur en vert, quatre en orange et deux en rouge, l'enjeu "raréfaction des ressources" est "globalement moyen". L'état chimique, et surtout quantitatif, des eaux souterraines est jugé bon. L'évolution des consommations intérieures de matières (en baisse de 5,9% entre 1992 et 2012, à 12 tonnes par habitant) et d'énergies fossiles (en baisse de 22% entre 1973 et 2013, mais stable depuis 2 ans) est jugée moyenne. Enfin, même constat mitigé pour les risques sanitaires environnementaux. L'évolution des indices de pollution de l'air en milieu urbain et de pollution des cours d'eau est moyenne, mais celle de l'indice de pollution des eaux souterraines par les nitrates est mauvaise.
Des tendances favorables à court terme
Concernant les neuf axes transversaux, le CGDD a comparé l'évolution récente (trois ans) des indicateurs à la tendance sur longue période. Il a aussi évalué la possibilité d'atteindre les objectifs de long terme, si la tendance actuelle se poursuit. De bonnes pratiques se distinguent : réduction des inégalités, mutation des activités économiques, connaissances et innovation, formation ou sensibilisation, mobilisation des acteurs et développement de territoires durables et résilients. En revanche, la situation est "plus nuancée" pour l'engagement vers l'économie circulaire et sobre en carbone, ainsi que l'invention de nouveaux modèles économiques et financiers. Enfin, la promotion du développement durable à l'international "n'est pas bonne". "La part de l'aide publique au développement dans le revenu national brut est en baisse depuis 2010 et en-deçà de l'engagement pris auprès des Nations unies pour 2015", explique le rapport.
Globalement, le CGDD juge que les tendances de la plupart des indicateurs sont favorables sur longue et sur courte période. "Treize indicateurs sur les quinze qualifiés sont en progrès sur le long terme et onze indicateurs sur seize qualifiés pour la période récente", explique le CGDD, soulignant que "deux points de vigilance seulement ressortent en tendance de long terme : la consommation d'énergie finale a augmenté depuis 1990 au lieu de baisser ; la part des recettes fiscales environnementales dans les prélèvements obligatoires est plus faible en 2014 qu'en 2000". A plus court terme, ces deux indicateurs s'améliorent. La consommation d'énergie finale a baissé en 2009 et s'est stabilisée depuis. Quant à la part des recettes fiscales environnementales dans les prélèvements obligatoires, la baisse a été enrayée depuis 2009.
Trois des cinq indicateurs dotés de cibles réglementaires chiffrées sont en situation favorable si les évolutions se prolongent. Il s'agit du taux de recyclage des déchets ménagers, du nombre de projets d'éducation au développement durable dans les écoles et de la progression du montant de l'aide publique au développement pour la biodiversité.
Adoptée en février 2015, la SNTEDD fixe le cap de la France en matière de développement durable pour les années 2015 à 2020 et définit les orientations de la transition écologique vers une société plus sobre. Elle identifie quatre enjeux majeurs (le dérèglement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources et les risques sanitaires environnementaux) et retient neuf axes transversaux stratégiques qui regroupent les priorités d'actions. Trente-neuf indicateurs permettent son suivi annuel.
Plus de 90% des indicateurs ne sont pas satisfaisants
Pour évaluer les progrès de la transition écologique française, les services du ministère de l'Environnement ont comparé le niveau atteint par les "indicateurs essentiels" de suivi de la stratégie nationale avec l'objectif chiffré règlementaire (lorsqu'il existe) ou avec l'évolution inscrite dans la SNTEDD. Le bilan global est sans appel. "Plus de 90% des indicateurs reflètent un état non satisfaisant, dont plus de la moitié un mauvais état", explique le CGDD, précisant que "sur 21 indicateurs, 7% sont en vert, 36% en orange et 57% en rouge". Le document présente un tableau détaillé de ces indicateurs.
La situation la plus grave, selon le bilan, concerne la biodiversité, tous les indicateurs étant au rouge. L'artificialisation des sols a progressé de 1,4% par an en moyenne entre 2006 et 2014, atteignant 51.043 km2, soit 9,3% du territoire national. Autre exemple, la consommation de produits phytosanitaires a progressé de 5% en 2011-2013 par rapport à 2009-2011, alors que la France s'est fixé pour objectif de la réduire, si possible, de 50% entre 2008 et 2018. Enfin, seulement 22% des habitats naturels d'intérêt communautaire sont en bon état de conservation.
Premiers impacts du dérèglement climatique
Quatre indicateurs sont en rouge, sur les sept relatifs au changement climatique. Seule la baisse de 11% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national entre 1990 et 2013 est satisfaisante. La légère progression de 1,1% entre 1990 et 2012 de l'empreinte carbone de la demande finale intérieure, qui tient compte des émissions liées aux importations, est qualifiée de "moyenne". Elle "a augmenté significativement de 1995 à 2007 avant de repartir à la baisse", avance le CGDD pour justifier ce jugement mitigé. Quant aux conséquences climatiques, elles commencent à se faire sentir avec une hausse de la température moyenne française de 1,9°C par rapport à la période de référence 1961-1990 et une moyenne de cinq évènements naturels très graves pour les années 2000, contre deux pour les années 80 et 90. Compte tenu de la hausse du nombre de logements (+7% entre 1999 et 2006) et de la population (+1%) exposés à des risques de submersion marine, le montant des indemnisations versées par les assurances au titre des catastrophes naturelles est en hausse.
Avec un indicateur en vert, quatre en orange et deux en rouge, l'enjeu "raréfaction des ressources" est "globalement moyen". L'état chimique, et surtout quantitatif, des eaux souterraines est jugé bon. L'évolution des consommations intérieures de matières (en baisse de 5,9% entre 1992 et 2012, à 12 tonnes par habitant) et d'énergies fossiles (en baisse de 22% entre 1973 et 2013, mais stable depuis 2 ans) est jugée moyenne. Enfin, même constat mitigé pour les risques sanitaires environnementaux. L'évolution des indices de pollution de l'air en milieu urbain et de pollution des cours d'eau est moyenne, mais celle de l'indice de pollution des eaux souterraines par les nitrates est mauvaise.
Des tendances favorables à court terme
Concernant les neuf axes transversaux, le CGDD a comparé l'évolution récente (trois ans) des indicateurs à la tendance sur longue période. Il a aussi évalué la possibilité d'atteindre les objectifs de long terme, si la tendance actuelle se poursuit. De bonnes pratiques se distinguent : réduction des inégalités, mutation des activités économiques, connaissances et innovation, formation ou sensibilisation, mobilisation des acteurs et développement de territoires durables et résilients. En revanche, la situation est "plus nuancée" pour l'engagement vers l'économie circulaire et sobre en carbone, ainsi que l'invention de nouveaux modèles économiques et financiers. Enfin, la promotion du développement durable à l'international "n'est pas bonne". "La part de l'aide publique au développement dans le revenu national brut est en baisse depuis 2010 et en-deçà de l'engagement pris auprès des Nations unies pour 2015", explique le rapport.
Globalement, le CGDD juge que les tendances de la plupart des indicateurs sont favorables sur longue et sur courte période. "Treize indicateurs sur les quinze qualifiés sont en progrès sur le long terme et onze indicateurs sur seize qualifiés pour la période récente", explique le CGDD, soulignant que "deux points de vigilance seulement ressortent en tendance de long terme : la consommation d'énergie finale a augmenté depuis 1990 au lieu de baisser ; la part des recettes fiscales environnementales dans les prélèvements obligatoires est plus faible en 2014 qu'en 2000". A plus court terme, ces deux indicateurs s'améliorent. La consommation d'énergie finale a baissé en 2009 et s'est stabilisée depuis. Quant à la part des recettes fiscales environnementales dans les prélèvements obligatoires, la baisse a été enrayée depuis 2009.
Trois des cinq indicateurs dotés de cibles réglementaires chiffrées sont en situation favorable si les évolutions se prolongent. Il s'agit du taux de recyclage des déchets ménagers, du nombre de projets d'éducation au développement durable dans les écoles et de la progression du montant de l'aide publique au développement pour la biodiversité.
mardi 22 mars 2016
En février 2016, des températures sans précédent
INCROYABLE. Les annonces de records de
température s'enchaînent les unes après les autres. La dernière en date
concerne le mois de février 2016, et elle est assez terrifiante. Non
seulement il s'agit du mois le plus chaud depuis 136 ans que l'on mesure
les températures selon l'Institut Goddard de la Nasa, mais en plus
l'écart des températures à la normale n'a jamais été aussi élevé. En
effet, pour la première fois, l'écart à la moyenne des températures
mondiales enregistrées entre 1951 et 1980 atteint 1,35°C. Soit un demi
degré de plus que le précédent record de température, atteint en février
1998. L'écart à la moyenne n'était alors "que" de 0,88 °C. Sur son site,
la Nasa précise que ces températures anormalement élevées,
mesurées dans près de 6300 stations de mesure partout dans le monde,
ainsi que par des navires et des bouées instrumentées, ont été
constatées presque partout. L'Asie, l'Amérique du Nord et l'Arctique
sont les zones dans lesquelles il a fait le plus chaud. Seul le
Kamtchatka et une petite portion de l'Asie du sud est ont connu des
températures plus fraîches que de coutume.
Les grands dauphins experts de la cuisine aux fruits de mer
La préparation des aliments n’est pas l’apanage de l’Homme. Il existe de
nombreux comportements dans la nature à même d’entrer dans cette
catégorie. Le raton laveur, par exemple, s’en va tremper sa nourriture
dans un point d’eau pour la ramollir. La loutre fait usage d’outils,
deux pierres qui servent de marteau et d’enclume, pour casser ses
coquillages. Encore plus subtils, certain corbeaux lâchent leurs noix les plus dures sur des passages piétons. Ils profitent ensuite du trafic pour briser la coquille et retournent consommer ce qui reste une fois le feu passé au rouge. Au court d'un récente expérience,
les chimpanzés avaient manifestés un goût prononcé pour les aliments
cuits ainsi que la capacité à les préparer. Mais d’après une étude
publiée dans l’Australian Journal of Zoology,
les dauphins portent ce genre de pratique à un tout autre niveau. Une
fois n’est pas coutume, ce n’est pas tant en terme d’ingéniosité que les
cétacés impressionnent mais plutôt de complexité. Pour consommer des
seiches géantes, les dauphins passent par pas moins de 6 étapes. "Dans
un premier temps, ils capturent la seiche et la ramènent en surface
(1), ils séparent ensuite la tête du reste du corps (2) puis vident
l’animal de son encre (3).", détaillent les chercheurs. "Après
avoir positionné leurs rostres sur la partie inférieure de la proie (4),
ils arrachent l’os de seiche (5) et finissent par manger la chaire
restante à la surface (6)." Une véritable recette de cuisine.
Un comportement dont la complexité est encore renforcée lorsque qu’on considère qu’il est propre à une seule et même population. En effet, ces dauphins ont été observés au large de Bunbury, au sud-ouest de l’Australie, mais de précédentes études mettent en évidence des techniques différentes dans d'autres endroits. Les auteurs citent notamment le cas de groupes qui ne consomment que la tête de la seiche. D’autres la plaquent sur le fond pour la frapper de leurs rostres (retirant ainsi l’encre) avant de la traîner sur le sable pour éjecter l’os. Différents procédés liés à des populations éloignées géographiquement. Difficile de ne pas y voir un nouvel exemple du phénomène de transmission déjà observé chez les dauphins. En effet, les scientifiques étaient remonté à une unique ancêtre commune pour expliquer l’apparition d’une technique singulière chez les femelles d’un groupe, consistant à porter une éponge sur son rostre pour le protéger.
Un comportement dont la complexité est encore renforcée lorsque qu’on considère qu’il est propre à une seule et même population. En effet, ces dauphins ont été observés au large de Bunbury, au sud-ouest de l’Australie, mais de précédentes études mettent en évidence des techniques différentes dans d'autres endroits. Les auteurs citent notamment le cas de groupes qui ne consomment que la tête de la seiche. D’autres la plaquent sur le fond pour la frapper de leurs rostres (retirant ainsi l’encre) avant de la traîner sur le sable pour éjecter l’os. Différents procédés liés à des populations éloignées géographiquement. Difficile de ne pas y voir un nouvel exemple du phénomène de transmission déjà observé chez les dauphins. En effet, les scientifiques étaient remonté à une unique ancêtre commune pour expliquer l’apparition d’une technique singulière chez les femelles d’un groupe, consistant à porter une éponge sur son rostre pour le protéger.
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Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer
Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...
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En 2022, l’eau potable représente le premier poste de prélèvement dans le bassin Artois-Picardie. Le « plan eau », adopté en 2023, fixe un o...
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Voir le récent rapport de la Cour des comptes. La partie sur l'accompagnement des transitions (phyto, eau, bio) commence p.61. Les cham...