lundi 9 septembre 2013

Un papillon super-résistant inquiète les producteurs d'OGM

Un nouveau mode de résistance aux organismes génétiquement modifiés (OGM) a été mis en évidence par une étude franco-sud-africaine, publiée mercredi 4 septembre par la revue PLOS One (Public Library of Science Open Access Journal). Cette découverte pourrait conduire à réviser les stratégies actuellement appliquées par les agriculteurs pour lutter contre l'émergence de résistances.

Les chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et leurs collègues sud-africains se sont penchés sur Busseola fusca, un papillon de nuit qui n'a mis que quelques années à développer une résistance à un maïs de type Bt cultivé depuis 1998 en Afrique australe. Ce type de plante transgénique sécrète ses propres toxines insecticides Bacillus thuringiensis (Bt), censées venir à bout des ravageurs.
Un certain nombre de cas de résistances apparues chez ces insectes ont déjà été répertoriés. Mais leur développement était relativement lent en raison du caractère récessif de la résistance, celle-ci ne se transmettait à un individu que si ses deux parents étaient eux-mêmes résistants. Or, chez le papillon de nuit sud-africain, les expériences menées en laboratoire ont mis en évidence le caractère dominant de la résistance. Il suffit qu'un seul des deux parents le possède pour qu'il soit transmis à la génération suivante. La résistance se diffuse donc beaucoup plus vite, et pour y répondre, les agriculteurs concernés doivent se tourner vers ces mêmes insecticides que le maïs transgénique était censé leur éviter d'utiliser.
Face à ce type de résistance, la stratégie consistant à maintenir à proximité des champs d'OGM des "zones refuges" plantées de variétés conventionnelles, afin de favoriser le maintien d'une population d'insectes non résistants, risque de se révéler vite insuffisante. "Cette étude est importante parce qu'elle explique pourquoi ce ravageur a rapidement développé la résistance au maïs Bt et qu'elle suggère qu'une très forte abondance de refuges sera nécessaire pour ralentir l'évolution de la résistance", affirme l'entomologue Yves Carrière (université de l'Arizona).

samedi 3 août 2013

Des migraines causées par des anomalies des artères

Le réseau d'artères qui irriguent le cerveau de sang a plus de chances de présenter des anomalies chez les personnes souffrant d'un certain type de migraines, selon une étude américaine.
La structure mise en cause est appelée polygone de Willis, un endroit où les artères se rejoignent à la base du cerveau, permettant l'apport de sang pour le fonctionnement de ce dernier. Cette structure est parfois altérée - des portions sont manquantes - chez les personnes souffrant de migraines, notamment celles dites « accompagnées » ou avec « auras ».
Ces types de migraines sont précédés de troubles de la vision ou d'hallucinations qui consistent en la perception de points lumineux, de lignes ou des formes inhabituelles.
L'étude portait sur 170 personnes divisées en trois groupes : un groupe-contrôle de personnes qui n'ont pas de maux de tête, un groupe souffrant de migraines avec auras et un groupe souffrant de migraines sans aura. Les chercheurs ont utilisé des techniques de résonance magnétique pour suivre l'évolution de l'irrigation sanguine dans le cerveau.
Ils ont constaté que 73 % des personnes avec des migraines accompagnées et 67 % avec des migraines simples présentent un polygone de Willis incomplet. Le pourcentage tombe à 51 % chez ceux qui ne souffrent pas de migraines.
Les chercheurs ont longtemps pensé que la cause des migraines était la dilatation des vaisseaux sanguins dans le cerveau. Des travaux plus récents mettaient plutôt en cause des signaux neuronaux. La nouvelle étude, parue dans la revue PLoS ONE, avance que les vaisseaux sanguins jouent un rôle différent de ce qu'on croyait. Les altérations dans l'irrigation du cerveau pourraient rendre les personnes plus susceptibles à une activité neuronale anormale, ce qui déclencherait les migraines.
« Les anormalités observées se concentrent à l'arrière du cerveau, où se trouve le cortex visuel. Ceci pourrait expliquer pourquoi les symptômes les plus communs consistent en des signaux visuels, comme des distorsions, des points ou des rangées de lignes », explique l'auteur principal, John Detre, professeur de neurologie et de radiologie à l'Université de Pennsylvanie.
Les chercheurs font toutefois remarquer que plusieurs autres facteurs peuvent déclencher des migraines. Ils croient toutefois qu'il sera possible un jour de mettre au point un test diagnostique basé sur la structure du polygone de Willis.

jeudi 11 juillet 2013

Plus de 90% des fraises contiennent des résidus de pesticides

C'est ce qui ressort de l'enquête menée par Générations Futures sur 49 échantillons de fraises vendues dans le commerce. L'ONG souhaite peser sur les discussions en cours sur la stratégie à adopter en matière de perturbateurs endocriniens.
 Après une première enquête sur l'exposition des populations aux perturbateurs endocriniens via les céréales et les insecticides ménagers, l'association Générations Futures, spécialisée sur la question des pesticides, s'est penchée cette fois-ci sur les fraises vendues dans le commerce en provenance de France et d'Espagne.
Pourquoi la fraise ? Car il s'agit d'un fruit communément consommé par les femmes enceintes ou les jeunes enfants, populations particulièrement vulnérables aux perturbateurs endocriniens, explique l'ONG. Or, ces substances sont soupçonnées d'être à l'origine de cancers hormonaux-dépendants, de perturbations du métabolisme et de la reproduction, de problèmes cardiovasculaires mais aussi de troubles mentaux et du comportement.
Présence de perturbateurs endocriniens
Sur les 49 échantillons analysés (voir méthodologie en encadré), 91% contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides (100% des fraises espagnoles), et 71% contenaient des pesticides perturbateurs endocriniens (PE). Si la proportion est plus importante parmi les fraises espagnoles (78%), il reste que 65% des échantillons français contiennent au moins un résidu de pesticide PE.
"Nous avons retrouvé en tout 37 molécules différentes dont 8 perturbateurs endocriniens", précise François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.
Cela ne signifie pas pour autant que les producteurs sont hors-la-loi. La présence de résidus de pesticides est admise par la réglementation dès lors que les limites maximales en résidus (LMR) ne sont pas dépassées. Un seul dépassement de cette limite a d'ailleurs été constaté dans le cadre de cette enquête, soit un taux de non-conformité de 2%.
Le porte-parole de l'ONG soupçonne toutefois certains producteurs de faire tourner les fongicides de manière à éviter le dépassement des LMR. L'étude a en effet mis en évidence un échantillon français qui comptait douze résidus de pesticides différents.
Présence de pesticides interdits
Plus inquiétant, l'enquête a mis à jour la présence d'endosulfan dans deux échantillons français, un insecticide organochloré interdit en Europe depuis 2005, et du carbosulfan dans deux échantillons espagnols, insecticide également interdit en Europe depuis 2007. Des résidus de pesticides dont l'usage est interdit sur la fraise ont également été retrouvés. "La présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la fraise dans plus de 18% des échantillons testés est proprement inacceptable", s'indigne François Veillerette.
Des discussions en cours sur les perturbateurs endocriniens
En présentant cette nouvelle étude, Générations Futures cherche à peser sur les discussions en cours sur les perturbateurs endocriniens. Au plan français d'abord, au moment où la stratégie nationale relative à ces substances est en cours de finalisation. Au plan européen ensuite avec l'échéance du 14 décembre 2013, date à laquelle la Commission doit fixer les critères permettant de définir les perturbateurs endocriniens dans le cadre du règlement "pesticides".
L'ONG dénonce une disposition figurant dans la dernière version de la stratégie nationale qui prévoit la possibilité de réviser les critères d'exclusion des pesticides PE après une étude d'impact prenant en compte les effets sur la santé et l'environnement, ainsi que les substances actives disponibles. "Il s'agit d'un retour en arrière par rapport au règlement européen qui s'appuie sur les critères de danger des substances et non sur une évaluation des risques", dénonce François Veillerette, qui précise que les ONG ne pourront soutenir la stratégie si cette disposition, soutenue par le seul Medef, était conservée.
Quant au règlement européen, Générations Futures demande au Gouvernement d'être très ferme envers les pays qui voudraient limiter la définition de perturbateurs endocriniens. "L'Allemagne et l'Angleterre sont très faibles sur ces propositions car ils sont gros producteurs de pesticides", dénonce le porte-parole de l'ONG. Or, la définition de ces critères est d'autant plus importante, qu'ils seront utilisés également dans le cadre du règlement "biocides" et du règlement Reach.
En tout état de cause, un travail d'intense lobbying est en cours de part et d'autre en vue de l'échéance du 14 décembre 2013.

mercredi 26 juin 2013

Une étude affirme qu'une alimentation à base d'OGM serait néfaste pour les porcs

Une équipe de chercheurs australiens et américains révèle les effets néfastes d'une alimentation à base de maïs et de soja transgéniques sur les porcs, dans une étude publiée dans le Journal of organic systems en juin.

Cette étude, menée sur "vie entière" (22,7 semaines, durée de vie du sevrage à l'abattage d'un porc destiné à la consommation), révèle qu'il n'y a aucune différence pour la consommation alimentaire, le poids, la mortalité et la biochimie sanguine de routine entre le panel nourri aux OGM et le panel dont la consommation était non OGM. En revanche, des différences ont été relevées au niveau gastrique et utérin. "Les femelles nourries aux OGM avaient un utérus 25% plus lourds que les porcs nourris sans OGM", indiquent les auteurs. Les porcs à l'alimentation transgénique affichaient également un taux plus élevé d'inflammation sévère de l'estomac (32% contre 12% pour le panel sans OGM).

Très peu d'études à long terme ont été menées sur les OGM aujourd'hui, avaient souligné l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut conseil des biotechnologies (HCB) lors de la polémique consécutive à la publication, en septembre dernier, de l'étude du professeur Séralini. Le HCB et l'Anses recommandaient de lancer une étude indépendante "vie entière" sur les risques sanitaires liés aux OGM. Des recommandations approuvées par le gouvernement français et la Commission européenne, mais sans

vendredi 7 juin 2013

Des résidus d'insecticides néonicotinoïdes dans nos assiettes !

Les résultats d'une campagne d'analyse d'aliments végétaux menée par Générations futures démontrent que certains aliments contiennent de tels résidus, appartenant à une famille d'insecticides mise en cause dans le dépérissement de colonies d'abeilles.
Entre février et mai 2013, les cinq principaux néonicotinoïdes ont été recherchés dans 109 échantillons de fruits, légumes et thés.

Les résultats sont clairs : les aliments testés contiennent, à des degrés divers, mais fréquemment, des résidus de néonicotinoïdes :
- 45 % des échantillons de courgettes testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (9/20 : 9 imidaclopride),
- 25 % des échantillons de tomates testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes  (5/20 : 2 acetamipride, 2 thiaclopride, 1 acetamipride + thiaclopride),
- 80 % des échantillons de thés testés contiennent des résidus de néonicotinoïdes (8/10 : 5 acetamipride + imidaclopride, 3 acetamipride) 4 dépassements de LMR ( 3 acetamipride, 1 imidaclopride),
-12,24 % des échantillons de fraises testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (6/49 : 4 thiaclopride, 1 thiametoxam, 1 acetamipride (usage fraises F interdit),
- 16,66 % des échantillons d'aubergines testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (1/6 : imidaclopride).

Afin d'évaluer quel pourrait être l'impact de ces résidus de néonicotinoïdes sur les abeilles, Générations futures a calculé les conséquences de leur exposition aux quantités de résidus retrouvés dans ces échantillons.
Exemple : si l'on prend une courgette d'un poids moyen de 250 g contenant 25 µg d'imidaclopride/kg, les calculs de l'association permettent de conclure que ce sont près de 845 abeilles qui seraient mortes ou au moins 3788 abeilles qui auraient vu leur comportement gravement perturbé suite à l'exposition à la quantité d'imidaclopride contenue dans cette seule courgette.

En conclusion, Générations futures demande au Gouvernement et à l'Union européenne de prendre des mesures d'interdiction plus fermes que les récentes décisions européennes.

lundi 6 mai 2013

Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis plus de 2,5 millions d'années

Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homme est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Loa (Hawaï), où les premières mesures de l'ère moderne ont été menées, dès 1958, par l'Américain Charles David Keeling.

 

Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer

Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...