mercredi 26 juin 2013

Une étude affirme qu'une alimentation à base d'OGM serait néfaste pour les porcs

Une équipe de chercheurs australiens et américains révèle les effets néfastes d'une alimentation à base de maïs et de soja transgéniques sur les porcs, dans une étude publiée dans le Journal of organic systems en juin.

Cette étude, menée sur "vie entière" (22,7 semaines, durée de vie du sevrage à l'abattage d'un porc destiné à la consommation), révèle qu'il n'y a aucune différence pour la consommation alimentaire, le poids, la mortalité et la biochimie sanguine de routine entre le panel nourri aux OGM et le panel dont la consommation était non OGM. En revanche, des différences ont été relevées au niveau gastrique et utérin. "Les femelles nourries aux OGM avaient un utérus 25% plus lourds que les porcs nourris sans OGM", indiquent les auteurs. Les porcs à l'alimentation transgénique affichaient également un taux plus élevé d'inflammation sévère de l'estomac (32% contre 12% pour le panel sans OGM).

Très peu d'études à long terme ont été menées sur les OGM aujourd'hui, avaient souligné l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut conseil des biotechnologies (HCB) lors de la polémique consécutive à la publication, en septembre dernier, de l'étude du professeur Séralini. Le HCB et l'Anses recommandaient de lancer une étude indépendante "vie entière" sur les risques sanitaires liés aux OGM. Des recommandations approuvées par le gouvernement français et la Commission européenne, mais sans

vendredi 7 juin 2013

Des résidus d'insecticides néonicotinoïdes dans nos assiettes !

Les résultats d'une campagne d'analyse d'aliments végétaux menée par Générations futures démontrent que certains aliments contiennent de tels résidus, appartenant à une famille d'insecticides mise en cause dans le dépérissement de colonies d'abeilles.
Entre février et mai 2013, les cinq principaux néonicotinoïdes ont été recherchés dans 109 échantillons de fruits, légumes et thés.

Les résultats sont clairs : les aliments testés contiennent, à des degrés divers, mais fréquemment, des résidus de néonicotinoïdes :
- 45 % des échantillons de courgettes testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (9/20 : 9 imidaclopride),
- 25 % des échantillons de tomates testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes  (5/20 : 2 acetamipride, 2 thiaclopride, 1 acetamipride + thiaclopride),
- 80 % des échantillons de thés testés contiennent des résidus de néonicotinoïdes (8/10 : 5 acetamipride + imidaclopride, 3 acetamipride) 4 dépassements de LMR ( 3 acetamipride, 1 imidaclopride),
-12,24 % des échantillons de fraises testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (6/49 : 4 thiaclopride, 1 thiametoxam, 1 acetamipride (usage fraises F interdit),
- 16,66 % des échantillons d'aubergines testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (1/6 : imidaclopride).

Afin d'évaluer quel pourrait être l'impact de ces résidus de néonicotinoïdes sur les abeilles, Générations futures a calculé les conséquences de leur exposition aux quantités de résidus retrouvés dans ces échantillons.
Exemple : si l'on prend une courgette d'un poids moyen de 250 g contenant 25 µg d'imidaclopride/kg, les calculs de l'association permettent de conclure que ce sont près de 845 abeilles qui seraient mortes ou au moins 3788 abeilles qui auraient vu leur comportement gravement perturbé suite à l'exposition à la quantité d'imidaclopride contenue dans cette seule courgette.

En conclusion, Générations futures demande au Gouvernement et à l'Union européenne de prendre des mesures d'interdiction plus fermes que les récentes décisions européennes.

lundi 6 mai 2013

Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis plus de 2,5 millions d'années

Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homme est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Loa (Hawaï), où les premières mesures de l'ère moderne ont été menées, dès 1958, par l'Américain Charles David Keeling.

 

L'année 2012 se classe parmi les dix années les plus chaudes, selon l'OMM

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) publie le 2 mai 2013 son compte rendu annuel sur l'état du climat. D'après cette étude, "l'année 2012 a rejoint le classement des dix années les plus chaudes jamais observées", et ce malgré l'influence du phénomène La Niña.
De janvier à décembre 2012, la température moyenne à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) a présenté une anomalie positive estimée à 0,45°C, indique le rapport. L'année 2012 se classe ainsi au neuvième rang des années les plus chaudes jamais observées depuis le début des relevés en 1850, est-il précisé.
Selon Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM, "le réchauffement continu de la basse atmosphère reste inquiétant". "La tendance à la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre entraînant l'augmentation du forçage radiatif de l'atmosphère terrestre confirme que le réchauffement va se poursuivre", précise-t-il.
L'étude fait état de températures supérieures à la norme en 2012 "sur une grande partie de la surface terrestre". En revanche, des températures inférieures à la normale ont été enregistrées en Alaska, dans certaines régions du nord et de l'est de l'Australie ainsi qu'en Asie centrale. Des phénomènes extrêmes se sont également produits, comme des sécheresses et des cyclones tropicaux tels que l'ouragan Sandy.
Par ailleurs, outre les précipitations "légèrement supérieures à la normale", l'étendue de la couverture neigeuse dans l'hémisphère nord a été supérieure à la normale et a représenté "la quatorzième étendue de couverture neigeuse la plus importante jamais observée", précise le rapport. Celui-ci mentionne également la fonte de la calotte glacière qui continue de se poursuivre.

lundi 8 avril 2013

Le "Monsanto act" met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis

C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.
Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire." Ce dans le but de "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.
Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".
Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

 LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT
La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.
Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.
Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

mardi 15 janvier 2013

Climat : le coût humain de l'inaction en détail

Des dizaines de millions de personnes pourraient échapper à des inondations ou à la sécheresse d'ici à 2050 si les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du changement climatique, étaient plus fortement et plus rapidement limitées. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée dans Nature Climate Change, dimanche 13 janvier. Celle-ci se veut la plus complète à ce jour sur les conséquences du réchauffement que les Etats pourraient éviter à l'échelle globale et régionale.

L'équipe de chercheurs anglais et allemands s'est penchée sur six grandes trajectoires : d'un côté, une politique plus ou moins active en faveur du climat conduisant à un pic des émissions soit en 2016 soit en 2030, suivi d'une baisse des rejets de 5 % ou bien de 2 % par an ; de l'autre, la poursuite du "business as usual", tel que défini dans les scénarios A1B (croissance économique très rapide qui s'appuie sur des sources d'énergie équilibrées entre fossiles et renouvelables) et A1F1 (scénario le plus polluant, avec un fort recours aux énergies fossiles) décrits par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Pour chacune de ces hypothèses, les chercheurs ont examiné les conséquences sur des indicateurs comme les inondations, la sécheresse, la disponibilité en eau ou encore la productivité agricole.
HAUSSE DU NIVEAU DES MERS ET INONDATIONS
Le scénario le plus strict, à savoir des émissions de gaz à effet de serre qui commencent à diminuer dès 2016 à un rythme de 5 % par an, est le seul à permettre aux nations de respecter l'objectif d'une hausse de la température mondiale limitée à 2 °C d'ici à la fin du siècle. En cas d'un pic en 2030, la température se situera autour de + 2,5 °C, selon l'étude, tandis qu'elle augmentera de 4 °C à 5,6 °C en cas d'absence de mesures de limitation des émissions.
De même, le niveau de la surface des mers s'élèvera de 30 cm d'ici à 2100 dans le premier cas, de 35 cm dans le deuxième et de 47 à 55 cm dans le dernier. Conséquence : dans un scénario de pic en 2016, 100 à 161 millions de personnes pourraient échapper à des inondations d'ici à 2050 par rapport aux scénarios A1B et A1F1 du GIEC ; mais elles ne seraient plus que de 52 à 120 millions si les émissions continuaient de croître quatorze ans de plus.
SÉCHERESSE ET PRODUCTIVITÉ AGRICOLE La sécheresse est le second domaine à être sensible à une action rapide pour réduire les émissions. Un pic des rejets en 2016 permettrait ainsi à entre 39 et 68 millions de personnes d'être épargnées par la sécheresse d'ici à 2050, contre de 17 à 48 millions pour un pic en 2030.
Certains impacts négatifs du changement climatique pourraient aussi être retardés de plusieurs décennies. Selon l'étude, la productivité du blé de printemps devrait diminuer de 20 % dans les années 2050, mais la baisse des rendements pourrait être retardée jusqu'en 2100 en cas d'action stricte contre le réchauffement – dans le cas contraire, cette baisse pourrait atteindre 60 %.
Au total, selon l'étude, de 20 % à 65 % des impacts négatifs prédits par les scénarios pessimistes du GIEC pourraient être évités d'ici à la fin du siècle grâce à des mesures ambitieuses de lutte contre le changement climatique et de limitation des gaz à effet de serre.
HYPOTHÈSES AMBITIEUSES
"Réduire les émissions de CO2 n'évitera pas totalement les impacts du changement climatique, précise l'un des coauteurs, le climatologue Nigel Arnell de l'université de Reading en Angleterre. Mais agir fort et vite permettra de gagner du temps pour construire des logements, mettre sur pied un système de transports et une agriculture plus résilients."
Si l'étude démontre clairement l'intérêt à prendre des objectifs contraignants de limitation des gaz à effet de serre, elle s'avère néanmoins très ambitieuse et optimiste dans ses hypothèses. Le scénario d'un pic des émissions en 2016 apparaît difficilement atteignable alors que la communauté internationale s'est fixé la date de 2015 pour parvenir à un accord mondial sur les réductions des gaz à effet de serre qui entrerait en vigueur en 2020. Par ailleurs, l'objectif d'une limitation de la hausse de la température mondiale à 2 °C d'ici à 2100 est d'ores et déjà considéré comme inaccessible par une partie de la communauté scientifique, qui table plutôt sur une augmentation de 3 °C à 4 °C des températures moyennes.

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