jeudi 7 septembre 2017

Des résidus de plastique retrouvés dans l'eau du robinet sur cinq continents

Si les microplastiques sont présents dans les océans, les lacs et les rivières, le sont-ils aussi dans l'eau du robinet ? La question paraît triviale et pourtant difficile à explorer, tant les sources de pollution sont hétérogènes et les mécanismes de contamination complexes. ORB media, un organisme journalistique américain, a voulu investiguer ce sujet, missionnant des scientifiques de l'université d'Etat de New York et l'école de santé publique du Minnesota durant dix mois, dans une douzaine de villes, réparties sur cinq continents.
Les résultats, qui ne font pour le moment pas l'objet de publications scientifiques, alertent. Sur les cent cinquante-neuf échantillons testés, "83% d'entre eux sont positifs à la présence de fibres plastiques", rapporte l'étude. Un taux record a été relevé aux Etats-Unis avec 94% d'échantillons positifs. Il est plus faible sur le continent européen : 72%. Sous leurs microscopes, les scientifiques ont observé des particules mesurant entre 1 et 10 millimètres.
D'où viennent ces microparticules ? Les scientifiques avancent différentes sources : eaux usées de lavage des vêtements (1 million de tonnes par an), poussières de pneu (20 grammes émis tous les 100 kilomètres parcourus), déchets de peinture. Sans compter les 8 millions de tonnes de déchets de plastiques qui se fragmentent dans les océans. Une thèse française, menée par Johnny Gaspéri à l'université Paris-Est Créteil, avance même une accumulation de ces fibres dans l'atmosphère.
Si la présence de microplastiques dans les mers, dans les eaux douces et même dans le miel, est avérée, cette expérimentation ouvre un océan de recherches à venir. Comment sont-ils arrivés jusqu'au robinet ? Et surtout quels impacts sur la santé faut-il craindre ? L'eau du robinet n'a pas fini d'être examinée à la loupe.

Néonicotinoïdes et pollinisateurs : deux nouvelles études prouvent leurs effets néfastes

Deux équipes de chercheurs ont mis en évidence l'impact des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs dans des publications parues dans la revue Science. Elles corroborent les expérimentations antérieures qui faisaient jusqu'alors débat.
Changement climatique, perte d'habitat, etc., les facteurs sont nombreux et avérés pour expliquer l'une des dégradations qui touche la biodiversité : la disparition des pollinisateurs comme les abeilles ou les bourdons, d'année en année. Mais jusqu'alors, les études ne prouvaient pas véritablement la mise en cause des néonicotinoïdes, projetés ou épandus sur les cultures, comme menace pour ces populations d'insectes. La publication de deux études, parues le 30 juin 2017 dans la revue Science et mises en évidence en France par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), change la donne.
Si certaines études avaient déjà montré l'impact de ces substances censées viser les insectes ravageurs des cultures, d'autres le réfutaient. Balle au centre et débats. D'autant plus qu'aucune étude n'avait été réalisée dans les conditions réelles de durée et d'exposition, en tenant compte de la variabilité de l'environnement étudié. C'est dans ce contexte que des équipes de chercheurs se sont penchées sur des études au long cours interrogeant le rôle des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs.
Quatre mois d'exposition dans les champs de maïs outre-Atlantique
Les abeilles sont-elles exposées à une toxicité chronique des néonicotinoïdes ? C'est la question que s'est posée l'équipe de Tsvetkov et al. Les scientifiques se sont focalisés sur les champs de maïs, au Canada, largement imprégnés de ces substances chimiques, en étudiant un échantillon de cinquante-cinq colonies d'abeilles domestiques réparties en deux groupes. L'étude met très clairement en évidence la présence, dans les ruches, de vingt-six produits agrochimiques dont les néonicotinoïdes avec une fréquence plus élevée dans les nids situés près des sites exposés et une période plus longue (83,4 jours). "Environ quatre mois, soit la majorité de leur période d'activité", résume Hélène Soubelet, docteur vétérinaire et directrice de la FRB. Qui plus est, les échantillons de pollen positifs n'étaient pas forcément issus de plantes traitées, preuve que les poussières contenant les néonicotinoïdes sont largement disséminées.
Mortalité de 23% supérieure à celle des colonies non contaminées, diminution des vols pour faire des réserves, propension des abeilles à quitter la ruche ou encore difficulté à entretenir leur habitat et d'élever une nouvelle reine, autant d'effets négatifs observés par les chercheurs. Les abeilles, dans ces conditions, voient leurs résistances diminuer. "Ces molécules ont des effets délétères importants sur les colonies d'abeilles, potentialisés par certains fongicides, qui conduisent à leur affaiblissement et à leur dépérissement", poursuit la directrice de la FRB. Pour les scientifiques, les mêmes effets sont à envisager pour les abeilles sauvages.
Trente-trois sites passés au peigne fin dans des pays différents
Autre point de faiblesse des études antérieures : les conditions d'étude. La deuxième équipe de chercheurs, Woodcock et al., a mené ses expérimentations sur trente-trois sites plantés de colza d'hiver, répartis en Allemagne, Hongrie et Royaume-Uni, pour pallier ce problème. Trois espèces de pollinisateurs ont été suivies. Les chercheurs ont mis notamment en évidence, en présence de la clothianidine, chez les ouvrières de l'abeille domestique, en Hongrie, un taux de déclin de 24% des populations. Pour les espèces du bourdon et de l'abeille solitaire, les auteurs ont démontré que l'exposition aux résidus de néonicotinoïdes, avait pour conséquences, pour l'une, la diminution de la production de reines et pour l'autre, de la production d'oeufs. Même à faibles doses, "l'exposition aux néonicotinoïdes a des effets majoritairement négatifs sur le potentiel reproductif interannuel des insectes étudiés", synthétise Hélène Soubelet. Plus inquiétant, les scientifiques révèlent : "Même en cas d'interdiction d'usage des semences enrobées aux néonicotinoïdes, comme c'était le cas en Europe au moment de l'étude, les résidus déjà présents dans l'ensemble de l'agro-écosystème sont susceptibles d'affecter les populations de pollinisateurs sauvages et domestiques en raison de leur persistance dans l'environnement, dans les plantes non cibles, dans les eaux ou dans les produits stockés dans la ruche."
Depuis la loi française pour la reconquête de la biodiversité qui interdit les sept substances actives de la famille des néonicotinoïdes (acétamipride, clothianidine, dinotéfurane, imidaclopride, nitenpyrame, thiaclopride, thiamétoxame), les débats étaient houleux... La Commission européenne ne partage pas cet avis, même si elle avait émis une restriction d'usage de trois d'entre eux : le clothianidine, l'imidaclopride et le thiamétoxame, depuis 2013. Malgré un différend, au sein du nouveau gouvernement, entre Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et Edouard Philippe, le Premier ministre n'en démord pas et maintiendra cette interdiction. Elle entrera en vigueur dès le 1er septembre 2018 avec toutefois des dérogations.

vendredi 25 août 2017

Glyphosate et cancer : une nouvelle étude dénonce les évaluations des agences européennes

Le toxicologue allemand Peter Clausing met, à son tour, en cause les agences européennes dans l'évaluation de l'impact du glyphosate sur les cancers. Nouveau rebondissement à l'heure du vote sur la ré-autorisation de l'herbicide par les Etats.
La controverse se poursuit autour des évaluations scientifiques menées par l'Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa) et l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) sur la sûreté de l'herbicide glyphosate. Le 24 août, l'ONG Générations Futures a présenté les travaux réalisés par le toxicologue allemand Peter Clausing pour l'association autrichienne Global 2000. Dans son rapport daté de juillet 2017, le Dr Peter Clausing accuse, à son tour, les deux agences européennes de sous-estimer des études démontrant des cas de cancers sur des rongeurs, après le toxicologue américain Christopher Portier, fin mai dernier. "Sur les douze études disponibles sur la cancérogénicité du glyphosate menées chez les rats et les souris, sept montrent un risque accru pour les rongeurs exposés à cette substance, mais les agences européennes ne les ont pas prises en compte", dénonce ce rapport. Il pointe la méthode statistique retenue par les agences, les données utilisées pour comparer les résultats à ceux d'animaux non exposés.
Selon ce rapport, la conclusion des autorités "qui affirme que le glyphosate ne cause pas de lymphomes malins, se base sur trois études. Deux d'entre elles, des preuves par la négative, étaient inutiles ou douteuses après examen. Pour la troisième étude, qui démontrait une augmentation significative et dose-dépendante des lymphomes malins, les autorités européennes semblent avoir fabriqué une « dévaluation » en ignorant l'analyse statistique correcte".
Le rapport "édifiant montr[e] que les autorités n'ont pu parvenir à la conclusion que le glyphosate n'était pas cancérogène qu'en violant le règlement européen 1272/2008 [relatif à la classification et étiquetage des produits chimiques], leur propre recommandation de 2015 (de l'Echa), celle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de 2012, et en taisant et déformant certains faits", fustige Générations Futures qui a traduit l'étude.
Ré-autorisation du glyphosate : Nicolas Hulot appelé à se prononcer
Le 13 juin 2017, les députés européens ont audité le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis qui a confirmé vouloir ré-autoriser la substance herbicide pour dix ans, après le feu vert de l'Efsa et de l'Echa. Le commissaire estime "qu'il n'y a aucune raison de remettre en question les évaluations basées sur des faits scientifiques" sur la sûreté du glyphosate mais recommande d'interdire le coformulant POE-tallowamine dans les produits à base de glyphosate. Il propose aussi de réduire l'utilisation du glyphosate dans les parcs publics et avant la récolte.
Selon Générations Futures, le vote des experts représentant les Etats membres sur cette ré-autorisation pourrait intervenir lors d'un comité les 5 et 6 octobre 2017. La position de la France doit être communiquée au début de septembre à l'Union européenne. "Si la précédente ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait toujours été très claire sur ses intentions, aujourd'hui on ne connait pas la position officielle de la France sur ce sujet ! C'est pourquoi Générations Futures a lancé une pétition pour demander au ministre de la Transition écologique [Nicolas Hulot] de prendre une position claire et rapide d'opposition à la ré-homologation du glyphosate en Europe !", a déclaré François Veillerette, son porte-parole. Cette pétition recueille aujourd'hui plus de 20.000 signataires. Elle fait suite à l'initiative citoyenne ayant recueilli plus de 1,3 million de signatures en Europe, demandant à la Commission européenne d'interdire le glyphosate.

mardi 11 juillet 2017

La sixième extinction de masse des animaux s’accélère

Dans une étude très alarmante, des chercheurs concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue.

C’est ce qu’ils nomment « un anéantissement biologique ». Dans une étude très alarmante, publiée lundi 10 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs américains et mexicain concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Une « défaunation » aux conséquences « catastrophiques » pour les écosystèmes et aux impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs.

Les trois auteurs, Gerardo Ceballos (Université nationale autonome du Mexique), Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo (Stanford) n’en sont pas à leur coup d’essai sur le thème de l’érosion de la biodiversité. En juin 2015, les deux premiers avaient déjà publié une autre étude dans la revue Science Advances, qui montrait que la faune de la Terre était d’ores et déjà en train de subir sa sixième extinction de masse. Ils avaient calculé que les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années.

Disparition des populations

Cette fois, les chercheurs ont cherché à quantifier le déclin non plus du nombre d’espèces mais des populations, c’est-à-dire des groupes d’animaux sur un territoire. « L’accent mis sur l’extinction des espèces peut donner l’impression que la biodiversité terrestre n’est pas dramatiquement et immédiatement menacée, mais qu’elle entre juste lentement dans un épisode d’érosion majeur, que l’on pourra combattre plus tard », expliquent les auteurs.
Cette approche présente plusieurs défauts à leurs yeux : l’opinion publique peine à mesurer la gravité du phénomène à l’œuvre (deux espèces disparaissent chaque année, ce qui paraît faible, surtout quand ces dernières sont peu connues ou peu répandues). Et elle ne permet pas de correctement évaluer le problème en cours. Les espèces les plus communes (dont les populations sont largement présentes) enregistrent des reculs massifs de leurs effectifs, sans pour autant être déjà menacées. « Or, la disparition des populations est un prélude à celle des espèces, préviennent les scientifiques. Une analyse détaillée du déclin des effectifs d’animaux rend le problème bien plus clair et inquiétant. »
Les chercheurs ont alors mené une vaste analyse, sur la moitié des espèces de vertébrés connues : ils ont examiné les évolutions des populations de 27 600 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens terrestres, réparties sur les cinq continents, en utilisant la base de données de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation de la biodiversité. Ils ont également passé à la loupe, plus spécifiquement, 177 espèces de mammifères, pour lesquels ils avaient des données sur l’aire de répartition entre 1900 et 2015.

  

« La réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique », jugent-ils. Au total, 32 % des espèces étudiées déclinent en termes de population et d’étendue. Plusieurs mammifères qui se portaient bien il y a une ou deux décennies sont maintenant en voie de disparition.
En 2016, la planète ne comptait que 7 000 guépards et 35 000 lions africains (− 43 % depuis 1993). Les populations d’orangs-outans de Bornéo ont chuté de 25 % ces dix dernières années, pour atteindre 80 000 individus, tandis que celles de girafes sont passées de 115 000 spécimens en 1985 à 97 000 en 2015. Celles de pangolins ont été décimées.

30 % des espèces en déclin sont communes

Ce que l’on sait moins, c’est que près de 30 % de ces espèces en déclin sont considérées comme communes. Elles sont (encore) classées en tant que « faible préoccupation » et non pas « en danger » par l’UICN. En France, le chardonneret a, par exemple, enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans. « Qu’autant d’espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l’épisode d’extinction biologique actuel », prévient Gerardo Ceballos.
Tous les continents sont concernés par cette érosion spectaculaire de la biodiversité. Les zones les plus touchées, notamment pour les mammifères et les oiseaux, sont celles situées aux tropiques (Amazonie, bassin du Congo, Asie du Sud-Est) car ce sont les plus riches en termes de faune. Mais les régions tempérées enregistrent des taux similaires voire plus élevés en valeur relative – c’est-à-dire comparé à la richesse de leur biodiversité.
Corollaire de la perte d’effectifs, la faune voit son territoire diminuer comme une peau de chagrin. Parmi les 177 espèces de mammifères scrutées plus spécifiquement par l’étude, quasiment tous ont perdu au moins 30 % de leur aire de répartition historique depuis 1900 et 40 % en ont perdu plus de 80 %. Cas emblématique, le lion a longtemps régné sur la majeure partie de l’Afrique, du sud de l’Europe et du Moyen-Orient, jusqu’au nord-ouest de l’Inde ; on ne compte aujourd’hui qu’une poignée de populations dispersées en Afrique subsaharienne et une population dans la forêt de Gir, en Inde.

Au total, plus de 50 % des animaux ont disparu depuis quarante ans, estiment les scientifiques, qualifiant leurs résultats de « prudents ». Des conclusions qui confirment celles du dernier rapport « Planète vivante », publié en octobre 2016 par le Fonds mondial pour la nature (WWF) : il estimait que les populations de vertébrés ont chuté de 58 % entre 1970 et 2012. L’intérêt de la nouvelle étude, publiée dans les PNAS, réside dans le jeu de données bien plus vaste (27 600 espèces examinées contre 3 700 pour le WWF) et l’analyse géographique.

Deux ou trois décennies pour agir

« L’approche de cette étude est très intéressante : au lieu de se focaliser sur les extinctions, que l’on a du mal à quantifier, elle se concentre sur l’évolution des populations, qui confirme et renseigne sur la gravité de la situation », juge Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Muséum national d’histoire naturelle, qui n’a pas participé à l’étude.
« Cette publication montre que la situation est très alarmante, plus que ce que peut laisser voir notre liste rouge », abonde Florian Kirchner, chargé du programme « espèces » pour la branche française de l’UICN, qui n’émet qu’une réserve : avoir concentré l’analyse sur les seuls vertébrés terrestres – les plus étudiés – et non les poissons, les invertébrés et les plantes, dont les populations reculent aussi massivement. Selon l’UICN, 42 % des espèces d’invertébrés terrestres (papillons, vers de terre, etc.) et 25 % de celles d’invertébrés marins (comme les bivalves ou éponges) sont menacés d’extinction.

Les causes de ces reculs sont connues : ils sont imputables, en premier lieu, à la perte et à la dégradation de l’habitat sous l’effet de l’agriculture, de l’exploitation forestière, de l’urbanisation ou de l’extraction minière. Viennent ensuite la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), la pollution, les espèces invasives, les maladies et, plus récemment, le changement climatique. « Les moteurs ultimes de la sixième extinction de masse sont moins souvent cités, jugent les auteurs. Il s’agit de la surpopulation humaine, liée à une croissance continue de la population, et de la surconsommation, en particulier par les riches. »
« Nous ne disposons que d’une petite fenêtre pour agir, deux ou trois décennies au maximum », préviennent-ils. Il en va de la survie de la biodiversité mais également de l’humanité. « L’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain », rappelle Gerardo Ceballos. La faune et la flore nous rendent en effet de nombreux services, qu’il s’agisse de la pollinisation, de l’amélioration de la productivité des terres, de l’assainissement de l’air et de l’eau ou du stockage du CO2.

Parmi les actions prioritaires, les scientifiques appellent à réduire la croissance de la population humaine et de sa consommation, à utiliser des technologies moins destructrices pour l’environnement, à endiguer le commerce des espèces en voie de disparition ou encore à aider les pays en développement à maintenir les habitats naturels et à protéger leur biodiversité.

jeudi 29 juin 2017

Le plancton

Le plancton est la base de l’alimentation de tous les individus marins, comme le montre la pyramide alimentaire marine 1000 grammes de phytoplancton nourrissent 100 grammes de zooplancton qui donnent 10 grammes d’alevins (juvéniles) de poissons et crustacés qui permettent de produire 1 gramme de poissons fourrage (petits poissons), ce gramme donnant 0,1 gramme de thon.
Schématiquement, il faut 10 tonnes de phytoplancton pour produire 1 kilo de thon.

Néonicotinoïdes : malgré les restrictions européennes, leur utilisation n'a pas baissé en France

D'après des chiffres obtenus auprès du ministère de l'Agriculture par l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), les ventes de néonicotinoïdes n'ont pas baissé entre 2013 et 2015 alors même que trois substances (imidaclopride, thiaméthoxam et clothianidine) se voyaient frappées d'une interdiction partielle par l'Union européenne en décembre 2013. Au contraire, toutes molécules confondues, l'usage des néonicotinoïdes a augmenté de 4%.
"Les volumes de vente de l'imidaclopride sont restés constants entre 2013 et 2015, encore une fois malgré l'interdiction européenne et cela s'explique par le maintien de son autorisation sur les céréales à paille. L'imidaclopride est l'insecticide qui contamine le plus les eaux de surfaces françaises, une « tendance préoccupante » selon un rapport du ministère de l'Environnement", souligne l'Unaf.
En revanche, l'utilisation du thiaméthoxam et de la clothianidine a chuté de 72% en trois ans. Cependant, note l'Unaf, "les usages interdits par l'UE du thiaméthoxam et de la clothianidine se sont reportés sur le thiaclopride, dont l'utilisation a été multipliée par 2,5 entre 2013 et 2015, bien que l'Europe considère le thiaclopride comme un perturbateur endocrinien au point d'en envisager sa substitution".
La publication de ces chiffres intervient quelques jours après la polémique sur l'intention du gouvernement de lever l'interdiction de sept néonicotinoïdes à partir de 2018. Le Premier ministre a dû éteindre le feu en affirmant que la France ne reviendrait pas sur cette disposition, inscrite dans la loi biodiversité.

lundi 12 juin 2017

Plancton malade, océans en danger

A cause de la pollution humaine et du réchauffement climatique, le plancton s’appauvrit ou voit certains des organismes le composant disparaître, menaçant l’équilibre environnemental.

Mystère dans le golfe du Lion : " Depuis 2008, les stocks d'anchois et de sardines de Méditerranée sont de plus en plus petits et faméliques ", analyse Claire Saraux, chercheuse à l'Ifremer. Ce qui entraîne une chute drastique du tonnage, les pêcheurs ramenant aujourd'hui dans leurs filets 600 tonnes par an, contre plus de 12 000 tonnes il y a dix ans. L'enquête sur cette disparition a été menée de 2012 à 2015 dans le cadre du projet franco-espagnol EcoPelGol. Conclusion : les responsables ne sont ni les pêcheurs - dont la pression sur le milieu n'a pas été plus importante au cours des vingt dernières années -, ni les prédateurs naturels (thons rouges, dauphins) - qui ne prélèvent que 1 à 2 % des populations d'anchois et de sardines -, ni les virus ou autres pathogènes faiblement présents. Le coupable, c'est la faim. Anchois et sardines souffrent d'un déficit énergétique. Ces espèces se nourrissent en effet de plancton dont la composition s'est modifiée au cours des dernières décennies en raison des pollutions humaines et du changement climatique. Le plancton actuel serait ainsi moins nourrissant.

Une seule espèce disparaît et l'écosystème est déstabilisé

Sa mauvaise santé se constate à l'échelle planétaire, où le réchauffement entraîne une stratification des eaux. Celle-ci freine la remontée des sels nutritifs indispensables à ces micro-organismes vivant près de la surface. De plus, à l'instar du vinaigre qui dissout le calcaire, l'acidification des océans par excès de CO2 a un impact sur les enveloppes calcaires de certaines espèces de plancton (mollusques, crustacés) dont la survie est menacée. Enfin, il ne faut pas sous-estimer le rôle des pesticides, qui se retrouvent dans les eaux littorales, soulignent Geneviève Arzul et Françoise Quiniou, écotoxicologues à l'Ifremer. Fongicides, herbicides, insecticides impactent directement le phytoplancton et le zooplancton. En outre, il suffit qu'une seule espèce disparaisse pour déstabiliser durablement un écosystème. En effet, une étude récente, dirigée par Lionel Guidi, chercheur au CNRS de Villefranche-sur-Mer, montre l'importance du réseau social planctonique, avec des interactions et interdépendances très fortes entre espèces et conditions environnementales. La moindre variation peut avoir des conséquences encore mal mesurées. Or notre propre survie dépend de la bonne santé du plancton. Car celui-ci absorbe du CO2, le piège, et en échange nous fournit 50 % de notre oxygène. Conséquence : tandis que le plancton disparaît, les océans perdent chaque année une capacité d'absorption de 190 millions de tonnes de carbone…

Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer

Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...