Le blanchiment des récifs coralliens, lié à l'acidité des mers due à l'augmentation des émissions carbone, accroît leur disparition. "Si
les tendances actuelles se poursuivent, 99% des récifs coralliens
mondiaux subiront un blanchiment sévère au cours du siècle", a prévenu le 5 janvier le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue).
Plus les océans absorbent de CO2, plus leur pH diminue, entraînant un processus d'acidification qui menace les organismes calcificateurs. La Grande Barrière de corail en Australie a ainsi connu un important épisode de blanchiment entre 2014 et 2016, "décolorée à 90% et dont 20% des coraux de son récif tués", a rappelé le Pnue.
Une nouvelle étude basée sur des prédictions scientifiques
climatiques, financée notamment par le Pnue, a estimé le rythme des
coraux impactés. Elle est parue le 21 décembre dernier dans la revue Nature.
Selon les projections scientifiques, les récifs du monde "commenceront en moyenne à souffrir de blanchiment annuel en 2043".
Les récifs de Taïwan et de l'archipel des Turcs et Caïques seraient
parmi les premiers touchés, suivis par les récifs au large des côtes de
Bahreïn, au Chili et en Polynésie française.
"Les projections nous montrent où nous avons encore le temps
d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Elles permettent aux conservateurs
et aux gouvernements de donner la priorité à la protection des récifs
qui peuvent encore avoir le temps de s'acclimater à nos mers qui se
réchauffent", espère Erik Solheim, directeur exécutif du Pnue.
L'Accord de Paris sur les changements climatiques vise à limiter la hausse de la température à moins de 2 degrés Celsius. "Si
les gouvernements tiennent leurs promesses de réduction des émissions
conformément à cet accord, les coraux auront encore 11 ans pour
s'adapter aux mers de plus en plus chaudes", a souligné l'organisation onusienne.
On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
mercredi 11 janvier 2017
lundi 19 décembre 2016
OGM : l’INRA pointe une recherche sous influence
Selon une étude menée par l’Institut
national de la recherche agronomique, une importante proportion
d’articles scientifiques consacrés aux OGM est entachée de conflits
d’intérêts.
Pas moins de 40 % de conflits
d’intérêts. Le chiffre, frappant, caractérise tout un corpus d’articles
scientifiques portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).
Voilà la première conclusion d’une étude publiée par une équipe de
chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA)
dans la revue scientifique PLOS ONE, le 15 décembre. Seconde
conclusion : ces conflits d’intérêts ont une influence patente sur les
résultats de ces publications. Quand conflit d’intérêts il y a, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », écrivent les chercheurs.
Ce n’est pas l’intégralité de la littérature scientifique sur les OGM qui a été ici analysée, mais un ensemble de 672 articles publiés entre 1991 et 2015 sur une question bien précise. Ils concernaient l’efficacité et la durabilité de l’efficacité de certains OGM qui produisent les protéines d’une bactérie, Bacillus thuringiensis (Bt). Toxiques contre des insectes qui les infestent, les plantes OGM Bt sont principalement utilisées pour les cultures de maïs, de coton et de soja. Comme il est rare que ce type de revues systématiques inclue un aussi grand nombre d’articles, les conclusions en sont d’autant plus significatives.
Fait notable, c’est la première étude de cette importance portant sur les conflits d’intérêts dans le domaine des OGM.
Ce n’est pas l’intégralité de la littérature scientifique sur les OGM qui a été ici analysée, mais un ensemble de 672 articles publiés entre 1991 et 2015 sur une question bien précise. Ils concernaient l’efficacité et la durabilité de l’efficacité de certains OGM qui produisent les protéines d’une bactérie, Bacillus thuringiensis (Bt). Toxiques contre des insectes qui les infestent, les plantes OGM Bt sont principalement utilisées pour les cultures de maïs, de coton et de soja. Comme il est rare que ce type de revues systématiques inclue un aussi grand nombre d’articles, les conclusions en sont d’autant plus significatives.
Fait notable, c’est la première étude de cette importance portant sur les conflits d’intérêts dans le domaine des OGM.
mercredi 23 novembre 2016
La production végétale française dépendant de l'action des pollinisateurs atteindrait 5 milliards
Une étude du CGDD montre que la part de la production végétale destinée à
l'alimentation humaine qui dépend de l'action des insectes
pollinisateurs représente en France une valeur comprise entre 2,3 et 5,3
milliards d'euros.
On sait que les pollinisateurs, et en premier lieu les insectes, jouent un rôle incontournable dans la production végétale mais l'évaluation économique du service de pollinisation n'est pas chose facile. Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a pourtant mené à bien l'exercice dans le cadre d'un premier volet de l'Evaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese). Les résultats de cette évaluation ont été publiés le 21 novembre.
Cette analyse fait écho aux travaux internationaux réalisés par la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui a publié un rapport d'évaluation sur les pollinisateurs en février 2016. La version française du résumé à l'intention des décideurs de ce rapport est rendue publique ce 22 novembre. L'évaluation menée par le CGDD vise également à appuyer le plan national d'action France Terre de pollinisateurs lancé en mai 2015.
On sait que les pollinisateurs, et en premier lieu les insectes, jouent un rôle incontournable dans la production végétale mais l'évaluation économique du service de pollinisation n'est pas chose facile. Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a pourtant mené à bien l'exercice dans le cadre d'un premier volet de l'Evaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese). Les résultats de cette évaluation ont été publiés le 21 novembre.
Cette analyse fait écho aux travaux internationaux réalisés par la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui a publié un rapport d'évaluation sur les pollinisateurs en février 2016. La version française du résumé à l'intention des décideurs de ce rapport est rendue publique ce 22 novembre. L'évaluation menée par le CGDD vise également à appuyer le plan national d'action France Terre de pollinisateurs lancé en mai 2015.
mardi 1 novembre 2016
Dramatique: ce qu'il ne fallait pas faire : Monsanto ajoute Crispr à son arsenal
Décidé à cultiver au maximum le génie génétique végétal, le géant
américain de l’agro-alimentaire Monsanto vient d’acquérir les droits
d’exploitation de l’outil moléculaire Crispr-Cas9 auprès de l’institut
Broad (Cambridge, Etats-Unis), spécialiste de génomique. Grâce à cet
accord non exclusif, la firme (sur le point de se faire racheter par la
compagnie chimique et pharmaceutique allemande Bayer) espère concevoir
des végétaux d’un genre nouveau capables d’une plus grande productivité.
Il est vrai que la technologie Crispr, bien que très puissante et précise, est encore toute récente. Développée en 2013, elle fait actuellement l’objet d’une véritable foire d’empoigne entre tous ses co-découvreurs pour la paternité de ses droits d’exploitation. D’un point de vue scientifique, beaucoup de chercheurs préfèrent rester prudents sur l’étendue de son potentiel et ses possibles effets délétères.
Quels seront les premiers produits à sortir des serres du semencier ? Mystère. « Il est trop tôt pour spéculer quant aux applications potentielles de cette technique prometteuse et sur quelles semences elle pourrait se révéler utile », nous a-t-on répondu au siège social américain le 11 octobre 2016. Affaire à suivre donc, dans les laboratoires, les champs ou… nos assiettes.
Des semences plus résistantes
Le défi agricole de demain est de taille. « L’équivalent d’un département agricole disparaît tous les huit ans, rien que dans notre pays, souligne ainsi Yann Fichet, directeur des Affaires Institutionnelles et Industrielles de Monsanto France. A l’échelle mondiale, et à l’heure de bouleversements climatiques importants, comment parviendrons-nous alors à nourrir 9 milliards de terriens d’ici 2050 avec moins de terres agricoles qu’aujourd’hui? » Selon Monsanto, la solution ne pourra venir que de semences plus résistantes et productives. Crispr-Cas9, puissant outil d’édition génétique, permettra de les obtenir. Crispr aide en effet à développer des plantes génétiquement modifiées beaucoup plus rapidement et efficacement que ce qui s’est pratiqué jusqu’ici. Rappelons qu’il faut attendre une quinzaine d’années avant qu’un OGM ne puisse débarquer sur le marché. Mais, en France, où les OGM sont persona non grata, une raison annexe se profile : de quoi Crispr est-il le nom ? Comment qualifier les productions végétales que cette nouvelle technique autorise ? Sont-elles encore des OGM ?"C’est un gros danger si ces futures plantes ne sont ni tracées ni étiquetées" - Arnaud Apoteker
Non, il ne s’agit pas d’OGM, estiment certains lobbys telle l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) et son président Alain Deshayes : il est « nécessaire de trouver une voie pour que les plantes modifiées par Crispr ne passent plus par la nouvelle directive OGM édictée en 2015 restreignant leur culture », nous a-t-il déclaré. Pour certains chercheurs, comme Fabien Nogué de l’Inra de Versailles, « les plantes issues de cette technologie seraient indiscernables génétiquement des plantes sauvages. Je n’ai aucune raison de penser que cette technologie Crispr présente le moindre danger ». D’autres sont moins affirmatifs. Selon Arnaud Apoteker du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), qui fut responsable de la campagne OGM pour Greenpeace France, « même si on prétend avec Crispr-Cas9 être beaucoup plus précis, plus ciblé, avec moins d’effets “hors-cible“, c’est un gros danger si ces futures plantes ne sont ni tracées ni étiquetées ».Il est vrai que la technologie Crispr, bien que très puissante et précise, est encore toute récente. Développée en 2013, elle fait actuellement l’objet d’une véritable foire d’empoigne entre tous ses co-découvreurs pour la paternité de ses droits d’exploitation. D’un point de vue scientifique, beaucoup de chercheurs préfèrent rester prudents sur l’étendue de son potentiel et ses possibles effets délétères.
3 restrictions posées
A priori, Monsanto sera soumis à des limitations. Les restrictions posées par l’institut Broad sont au nombre de trois. Pas de « gene drive », une technique permettant d’amplifier un gène au sein d’une population. Potentiellement capable d’enrayer une maladie transmise par des moustiques ou d’éliminer des ravageurs de culture, la stratégie « gene drive » a également le potentiel de dérégler tout un écosystème et pourrait constituer une menace pour l’environnement. D’autant plus si elle tombait entre de mauvaises mains. Deuxième limitation: interdiction de rendre les graines stériles. Et là, on pense à la technologie “Terminator“ développée voilà quelques années par Monsanto et abandonnée depuis, et qui aurait rendu l’agriculteur encore plus dépendant des semenciers qu’il ne l’est déjà aujourd’hui. Enfin, la dernière limitation posée par l’institut Broad concerne le tabac et prohibe tous travaux qui viseraient à accroître l’usage et l’addiction à cette substance préjudiciable à la santé et ce, en dehors des travaux fondamentaux puisque le tabac est également une plante-modèle prisée par de nombreux laboratoires.Quels seront les premiers produits à sortir des serres du semencier ? Mystère. « Il est trop tôt pour spéculer quant aux applications potentielles de cette technique prometteuse et sur quelles semences elle pourrait se révéler utile », nous a-t-on répondu au siège social américain le 11 octobre 2016. Affaire à suivre donc, dans les laboratoires, les champs ou… nos assiettes.
samedi 29 octobre 2016
Migraine : des bactéries de la bouche en cause ?
La survenue de migraines, qui touchent 11 millions de personnes en France, est-elle liée aux bactéries présentes dans la bouche ? Cette théorie surprenante est avancée par des chercheurs américains.
Le taux de bactéries présentes dans la bouche a-t-il une influence sur la survenue de migraines ? C'est ce que suggèrent des chercheurs de la San Diego School of Medicine (États-Unis) dans la revue mSystems. "Par des techniques de séquençage à haut débit, nous avons détecté des taux de bactéries buccales plus élevés chez les personnes migraineuses comparées à celles ne souffrant pas de céphalées (NDLR : maux de tête)", résument-ils. Une piste surprenante pour cette affection qui se manifeste par des maux de tête durant de quelques heures à quelques jours, et dont l'origine est communément "liée à des facteurs génétiques complexes associés à d'autres, environnementaux", résume l'Inserm. Touchant 11 millions de personnes en France, la migraine résulterait d'une stimulation nerveuse qui entraîne une inflammation des neurones et une dilatation des vaisseaux cérébraux, notamment des artères des méninges (membranes protégeant le cerveau, tronc cérébral et moelle épinière).
Des bactéries indispensables qui dégradent les nitrates
L'équipe de recherche a effectué 343 prélèvements buccaux de personnes migraineuses et non migraineuses. Les volontaires ont aussi renseigné les scientifiques sur leur alimentation et la fréquence de leurs maux de tête. Verdict : le taux de bactéries Rothia mucilaginosa et Haemophilus parainfluenzae étaient plus élevé chez ceux présentant des céphalées, sans pour autant que la distribution des autres espèces bactériennes de la bouche soit différente. Or Rothia mucilaginosa et Haemophilus parainfluenzae ont la particularité de réduire les nitrates, présents dans notre alimentation (chocolat, vin, charcuterie, légumes verts...) mais aussi dans des médicaments. Cette réaction chimique permet de transformer les nitrates en nitrites et en oxydes nitriques, des éléments essentiels pour le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire (les oxydes nitriques améliorent la circulation sanguine et réduisent la pression artérielle). Une transformation que le corps humain ne peut pas faire sans ces bactéries. Reste une question : ces bactéries seraient elles une cause ou une conséquence de la migraine ? Le Dr Embriette Hyde, chercheuse et coauteure de l'étude, penche pour la première solution. "Lors d'une prise alimentaire ou médicamenteuse d'un élément riche en nitrates, ces bactéries présentes dans la bouche dégradent massivement le nitrate, ce qui pourrait déclencher des crises migraineuses", explique-t-elle. Mais le lien entre nitrates et migraines n'est pas encore scientifiquement établi. Il a été suggéré par de précédents travaux, qui ont notamment mis en évidence que 4 patients cardiaques sur 5 prenant des médicaments contenants des nitrates souffrent régulièrement de maux de tête. Une piste à surveiller.mercredi 12 octobre 2016
Générations futures alerte à nouveau sur la contamination de l'alimentation par les perturbateurs endocriniens
L'association Générations futures poursuit sa mission d'alerte en publiant une nouvelle étude sur la contamination de l'alimentation
par les perturbateurs endocriniens (PE). Elle a, cette fois-ci, analysé
un aliment constitutif du petit-déjeuner : le muesli. Dans ce nouveau rapport EXPPERT
pour Exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens,
l'association publie les résultats d'analyses effectuées sur 15 paquets
de muesli issus de l'agriculture classique et 5 issus de l'agriculture
biologique.
"100% des échantillons non bio analysés contiennent des résidus de pesticides, aucun des échantillons bio analysés n'en contient !", conclut l'association. Plus précisément, dans les 15 échantillons non bio testés, 141 résidus ont été retrouvés au total dont 70 ont pu être quantifiés. Parmi ces 141 résidus, 81 sont des PE suspectés, soit 57,44% du total. L'association a également calculé que la concentration moyenne de résidus quantifiés par échantillon non bio analysé est de 177 mg/kg.
Si ces concentrations ne sont pas illégales et ne semblent pas dépasser la dose journalière admissible pour une consommation de 50 à 100 grammes de produit, l'association compare les doses aux normes admises pour l'eau potable. La concentration retrouvée dans les mueslis est ainsi 354 fois plus élevée que la concentration maximale admissible (CMA) tolérée dans l'eau de boisson pour l'ensemble des pesticides. L'association utilise surtout les résultats de son enquête pour sensibiliser l'opinion sur la présence des PE dans l'alimentation. Elle enjoint à cette occasion la Commission européenne de modifier les critères définissant ces substances qu'elle a présentés en juin dernier. "Cette définition est très loin d'être à la hauteur des enjeux sanitaires en matière de protection des populations. L'omniprésence des cocktails de perturbateurs endocriniens dans notre environnement est confirmée par ce rapport. Cela doit impérativement être pris en compte par la Commission européenne qui doit revoir ses critères pour les rendre réellement protecteurs", conclut François Veillerette, porte-parole de Générations futures.
"100% des échantillons non bio analysés contiennent des résidus de pesticides, aucun des échantillons bio analysés n'en contient !", conclut l'association. Plus précisément, dans les 15 échantillons non bio testés, 141 résidus ont été retrouvés au total dont 70 ont pu être quantifiés. Parmi ces 141 résidus, 81 sont des PE suspectés, soit 57,44% du total. L'association a également calculé que la concentration moyenne de résidus quantifiés par échantillon non bio analysé est de 177 mg/kg.
Si ces concentrations ne sont pas illégales et ne semblent pas dépasser la dose journalière admissible pour une consommation de 50 à 100 grammes de produit, l'association compare les doses aux normes admises pour l'eau potable. La concentration retrouvée dans les mueslis est ainsi 354 fois plus élevée que la concentration maximale admissible (CMA) tolérée dans l'eau de boisson pour l'ensemble des pesticides. L'association utilise surtout les résultats de son enquête pour sensibiliser l'opinion sur la présence des PE dans l'alimentation. Elle enjoint à cette occasion la Commission européenne de modifier les critères définissant ces substances qu'elle a présentés en juin dernier. "Cette définition est très loin d'être à la hauteur des enjeux sanitaires en matière de protection des populations. L'omniprésence des cocktails de perturbateurs endocriniens dans notre environnement est confirmée par ce rapport. Cela doit impérativement être pris en compte par la Commission européenne qui doit revoir ses critères pour les rendre réellement protecteurs", conclut François Veillerette, porte-parole de Générations futures.
mercredi 5 octobre 2016
Les abeilles menacées par la production d’amandes en Californie
Depuis
2007, la production d’amandes, qui a explosé en Californie, requiert un
nombre toujours plus important de pollinisateurs. Un rythme que les
abeilles états-uniennes ne peuvent tenir.
BOUM. Pour le meeting annuel de la Société américaine de géologie le 27 septembre 2016, Kelly Watson, professeur assistant de géosciences à l’Eastern Kentucky University et son étudiante Larissa Watkins, ont présenté les résultats de leur étude d’imagerie aérienne réalisée grâce au Programme National d’Imagerie de l’Agriculture (NAIP), en Californie. Entre 2007 et 2015, elles ont observé la superficie des terrains cultivés et se sont particulièrement penchées sur la culture d’amandes. La production de ce produit a connu un véritable boum depuis 2007 à cause d’une forte demande et d’une montée du prix des amandes. Or cette effervescence a des conséquences sur les abeilles pollinisatrices puisqu’elles sont importées chaque année dans la Central Valley pour féconder les fleurs d’amandiers.
« La prochaine chose que nous voulons pointer du doigt est ce que signifie l’augmentation de la culture d’amandes pour la demande de pollinisateurs », explique Watson. Les fleurs d’amandiers californiens sont presque toutes auto-incompatibles (elles ne peuvent pas se féconder toutes seules), elles ont donc besoin d’insectes pollinisateurs pour produire des amandes. La culture d’amandes est par conséquent dépendante de la pollinisation par les abeilles domestiques. Or la Californie ne possèdent pas assez d’abeilles, et les Etats-Unis encore moins. Alors comment permettre aux cultures de se développer ? Les apiculteurs semblent avoir trouvé un moyen de répondre à cette demande : ils louent leurs abeilles aux agriculteurs à travers tous les états. Ainsi 60% des abeilles "commerciales", soit 1.6 million de colonies d’abeilles états-uniennes, sont importées en Californie chaque année. Les Apis mellifera, abeilles domestiques européennes, visitent plus de 800.000 parcelles chaque année, de Sacramento à Los Angeles. Leur circuit débute en février avec les amandes californiennes pour finir en hiver en Floride avec le poivre brésilien.
DÉTRESSE. Le transport de ces insectes leur cause énormément de stress et les pics de chaleur affectent les reines. Les abeilles se restreignent à un régime de nectar d’amandiers au lieu de se délecter d’un mélange de fleurs aux protéines diverses. Elles sont potentiellement exposées aux pesticides, aux nuisibles, aux fongicides et autres produits chimiques qui affaiblissent leur système immunitaire. Les pollinisateurs deviennent les hôtes de virus qui les font voler plus lentement, agir de façon insensée ou mourir prématurément. « Si vous cherchez ce qui cause le déclin des abeilles, l’agriculture industrielle tient certainement un rôle majeur. » affirme Watson.
Certains cultivateurs tentent de trouver des alternatives à la pollinisation. Une espèce d’amandier, l’Independance, éviterait tous ces transports d’abeilles à travers les états. Il s’agit d’un croisement d’amandier et de pêcher auto-fertile, vendu exclusivement par Dave Wilson Nursery, le laboratoire qui a développé l'espèce. Mais qu’en est-il du rendement et de la qualité du fruit obtenu ?
BOUM. Pour le meeting annuel de la Société américaine de géologie le 27 septembre 2016, Kelly Watson, professeur assistant de géosciences à l’Eastern Kentucky University et son étudiante Larissa Watkins, ont présenté les résultats de leur étude d’imagerie aérienne réalisée grâce au Programme National d’Imagerie de l’Agriculture (NAIP), en Californie. Entre 2007 et 2015, elles ont observé la superficie des terrains cultivés et se sont particulièrement penchées sur la culture d’amandes. La production de ce produit a connu un véritable boum depuis 2007 à cause d’une forte demande et d’une montée du prix des amandes. Or cette effervescence a des conséquences sur les abeilles pollinisatrices puisqu’elles sont importées chaque année dans la Central Valley pour féconder les fleurs d’amandiers.
Un marché florissant aux conséquences redoutables
Selon les auteurs, la consommation mondiale d’amandes a haussé de 200% depuis 2005 et les prix ont augmenté d’1 dollar par livre (soit 0,45 kg) pour atteindre un pic de 5 dollars la livre en 2014. Or la Californie répond à 80% de la demande mondiale d’amandes. Le boum de la production d’amandes est particulièrement visible sur les imageries aérienne : l’étude révèle qu’entre 2007 et 2014, la superficie des terrains d’amandiers a augmenté de 14%, or ces cultures ont pris la place de champs de maïs, de coton ou de tomates. Ces derniers utilisaient moins d’eau que les amandiers, ce qui a provoqué une augmentation annuelle de l’irrigation globale de 27% entre 2007 et 2014, malgré la sécheresse historique que connaît l’état. « Si vous regardez les terrains exploités, plus de 16.000 ont été classés comme terrains humides pour les amandes », s’alarme le professeur Watson.« La prochaine chose que nous voulons pointer du doigt est ce que signifie l’augmentation de la culture d’amandes pour la demande de pollinisateurs », explique Watson. Les fleurs d’amandiers californiens sont presque toutes auto-incompatibles (elles ne peuvent pas se féconder toutes seules), elles ont donc besoin d’insectes pollinisateurs pour produire des amandes. La culture d’amandes est par conséquent dépendante de la pollinisation par les abeilles domestiques. Or la Californie ne possèdent pas assez d’abeilles, et les Etats-Unis encore moins. Alors comment permettre aux cultures de se développer ? Les apiculteurs semblent avoir trouvé un moyen de répondre à cette demande : ils louent leurs abeilles aux agriculteurs à travers tous les états. Ainsi 60% des abeilles "commerciales", soit 1.6 million de colonies d’abeilles états-uniennes, sont importées en Californie chaque année. Les Apis mellifera, abeilles domestiques européennes, visitent plus de 800.000 parcelles chaque année, de Sacramento à Los Angeles. Leur circuit débute en février avec les amandes californiennes pour finir en hiver en Floride avec le poivre brésilien.
DÉTRESSE. Le transport de ces insectes leur cause énormément de stress et les pics de chaleur affectent les reines. Les abeilles se restreignent à un régime de nectar d’amandiers au lieu de se délecter d’un mélange de fleurs aux protéines diverses. Elles sont potentiellement exposées aux pesticides, aux nuisibles, aux fongicides et autres produits chimiques qui affaiblissent leur système immunitaire. Les pollinisateurs deviennent les hôtes de virus qui les font voler plus lentement, agir de façon insensée ou mourir prématurément. « Si vous cherchez ce qui cause le déclin des abeilles, l’agriculture industrielle tient certainement un rôle majeur. » affirme Watson.
Certains cultivateurs tentent de trouver des alternatives à la pollinisation. Une espèce d’amandier, l’Independance, éviterait tous ces transports d’abeilles à travers les états. Il s’agit d’un croisement d’amandier et de pêcher auto-fertile, vendu exclusivement par Dave Wilson Nursery, le laboratoire qui a développé l'espèce. Mais qu’en est-il du rendement et de la qualité du fruit obtenu ?
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