Ce lundi 25 janvier, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a
confirmé que l'année 2015 est la plus chaude enregistré depuis que l'on
dispose de mesures régulières de la température terrestre. Fin novembre,
les données préliminaires laissaient déjà entrevoir un tel résultat.
"La
température moyenne à la surface du globe a largement battu tous les
records en 2015, avec 0,76±0,1 degré Celsius au-dessus de la moyenne de
la période 1961–1990", annonce l'OMM, précisant que "pour la
première fois, les températures ont dépassé d'environ 1°C celles de la
période préindustrielle, d'après une analyse de l'Organisation
météorologique mondiale".
Par ailleurs, l'organisation
précise que 15 des 16 années les plus chaudes appartiennent au XXIème
siècle et que la période 2011–2015 "confirme cette tendance à long terme et est la plus chaude jamais enregistrée".
On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
mardi 26 janvier 2016
La diversité des insectes pollinisateurs impacte directement les rendements agricoles
Publiée dans le magazine Science le 22 janvier 2016,
une étude internationale à laquelle a participé l'Institut national de
recherche agronomique (Inra) démontre la corrélation entre diversité de
la faune des pollinisateurs et rendements agricoles.
Conduite dans 12 pays sur une durée de cinq ans, l'expérimentation met en évidence que le nombre et la diversité des insectes pollinisateurs affectent directement le rendement des cultures de plus de 20% en moyenne, indépendamment d'autres critères environnementaux et agronomiques (qualité du sol, eau, date de semis, etc..).
Les 35 scientifiques ont mené cette étude sur un échantillon de 344 parcelles représentant 33 types de cultures réparties dans 12 pays (principalement en Afrique, Asie et Amérique du sud). Les résultats révèlent que sur les petites parcelles (moins de deux hectares), où l'environnement naturel favorise la présence d'insectes sauvages, la densité de pollinisateurs pouvait influencer à hauteur de 31% le rendement (quantifié en kilo par hectare) de la production agricole.
De même, sur les grandes parcelles, où on recense généralement une présence accrue de pollinisateurs domestiques tels que l'abeille mellifère, le rendement peut varier de 30% en moyenne, selon le degré de diversité des espèces pollinisatrices.
Par conséquent, la biodiversité ne présente pas qu'un enjeu de protection de l'environnement, mais bien une question de sécurité alimentaire mondiale.
Alors que les discussions autour du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité touchent à leur fin, les sénateurs ont d'ores et déjà refusé d'y inscrire l'interdiction des néonicotinoïdes. Ces insecticides sont pourtant dans le viseurs des scientifiques. L'Anses publiait récemment un avis concernant l'effet négatif des néonicotinoïdes sur les populations d'insectes pollinisateurs et soutenait la nécessité d'envisager des mesures de gestion adaptées.
Conduite dans 12 pays sur une durée de cinq ans, l'expérimentation met en évidence que le nombre et la diversité des insectes pollinisateurs affectent directement le rendement des cultures de plus de 20% en moyenne, indépendamment d'autres critères environnementaux et agronomiques (qualité du sol, eau, date de semis, etc..).
Les 35 scientifiques ont mené cette étude sur un échantillon de 344 parcelles représentant 33 types de cultures réparties dans 12 pays (principalement en Afrique, Asie et Amérique du sud). Les résultats révèlent que sur les petites parcelles (moins de deux hectares), où l'environnement naturel favorise la présence d'insectes sauvages, la densité de pollinisateurs pouvait influencer à hauteur de 31% le rendement (quantifié en kilo par hectare) de la production agricole.
De même, sur les grandes parcelles, où on recense généralement une présence accrue de pollinisateurs domestiques tels que l'abeille mellifère, le rendement peut varier de 30% en moyenne, selon le degré de diversité des espèces pollinisatrices.
Par conséquent, la biodiversité ne présente pas qu'un enjeu de protection de l'environnement, mais bien une question de sécurité alimentaire mondiale.
Alors que les discussions autour du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité touchent à leur fin, les sénateurs ont d'ores et déjà refusé d'y inscrire l'interdiction des néonicotinoïdes. Ces insecticides sont pourtant dans le viseurs des scientifiques. L'Anses publiait récemment un avis concernant l'effet négatif des néonicotinoïdes sur les populations d'insectes pollinisateurs et soutenait la nécessité d'envisager des mesures de gestion adaptées.
mercredi 20 janvier 2016
La surpêche et le déclin des ressources ont été largement sous-estimés
Dans les mers et les océans du globe, on prélève nettement plus de poissons que les statistiques officielles ne le prétendent. Néanmoins, malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer depuis les années 1990. Autrement dit, les pêcheurs dépensent toujours plus d’efforts et de carburant pour rapporter de moins en moins de poissons.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, la pêche mondiale a connu un pic en 1996, avec 86 millions de tonnes de poissons sortis de l’eau, puis elle est restée quasiment « stable » selon son administration, perdant juste 0,38 tonne par an. Il n’y aurait donc pas de quoi trop s’inquiéter pour l’état des stocks. Las, ces chiffres sont largement sous-estimés, montre une étude de Daniel Pauly et Dirk Zeller, de l’université de Colombie-Britannique, au Canada, publiée mardi 19 janvier par le site Nature Communications.Le secteur a effectivement atteint un sommet en 1996, constatent-ils, mais qu’ils chiffrent à 130 millions de tonnes. Puis les performances de la pêche ont régressé trois fois plus fortement que les statistiques de la FAO ne l’indiquent : de 1,2 million de tonnes par an. Globalement, les deux chercheurs observent une différence de 53 % entre les quantités répertoriées officiellement et leurs propres calculs.
Chute de la pêche industrielle
Leur travail devrait faire date : c’est la première fois que sont publiées des estimations à l’échelle mondiale en dehors de celles de la FAO. Daniel Pauly, directeur du Fisheries Center de l’université de Vancouver, est l’un des plus fameux halieutes sur la scène internationale. Ce biologiste récompensé de multiples prix est le premier à avoir développé des techniques d’évaluation basées sur de multiples documents et a créé une base de données unique et réputée, Sea arounds us.
« Cela a pris beaucoup de temps de mettre à jour les séries temporelles des prises, sans interruption de 1950 à 2010, témoigne-t-il. Mais ça y est : nous avons les statistiques documentées de 200 pays, c’est ce résumé que nous publions aujourd’hui. »
Ce sont les rendements faiblissants de la pêche industrielle qui expliquent largement le déclin global. Selon la FAO, le chalutage de crevettes, par exemple, a chuté entre les années 1990 et 2000, de 27 millions à 7 millions de tonnes environ. La pêche artisanale, quant à elle, est passée de 8 millions de tonnes en 1950 à 22 millions de tonnes en 2010 et semble moins soumise aux variations d’une saison à l’autre.
Pourtant de nombreux Etats la négligent dans leur collecte de données. Ils dédaignent plus encore la pêche de subsistance que l’étude évalue à 3,8 millions de tonnes, sans parler de celle de loisir. Ils ignorent en outre l’ampleur des pratiques illégales qui pillent leurs eaux ou bien les campagnes auxquelles se livrent certains de leurs navires, sans licence, dans les eaux de pays en développement. L’absence de ces éléments génère des sous-estimations chroniques.
Ce sont les rendements faiblissants de la pêche industrielle qui expliquent largement le déclin global. Selon la FAO, le chalutage de crevettes, par exemple, a chuté entre les années 1990 et 2000, de 27 millions à 7 millions de tonnes environ. La pêche artisanale, quant à elle, est passée de 8 millions de tonnes en 1950 à 22 millions de tonnes en 2010 et semble moins soumise aux variations d’une saison à l’autre.
Pourtant de nombreux Etats la négligent dans leur collecte de données. Ils dédaignent plus encore la pêche de subsistance que l’étude évalue à 3,8 millions de tonnes, sans parler de celle de loisir. Ils ignorent en outre l’ampleur des pratiques illégales qui pillent leurs eaux ou bien les campagnes auxquelles se livrent certains de leurs navires, sans licence, dans les eaux de pays en développement. L’absence de ces éléments génère des sous-estimations chroniques.
Statistiques qui diffèrent selon les pays
Entre la Chine, qui surestime ses prises, « parce que, politiquement, le régime veut afficher des résultats toujours plus productifs » et l’Espagne, « où cela ferait scandale si l’on quantifiait précisément les prises de la pêche clandestine », chaque pays a sa propre vision des performances de ses pêcheurs, analyse le biologiste. On ne peut pas se fier aux seules caisses débarquées au port. Il faut décortiquer la situation au cas par cas, évaluer le fuel consommé, le nombre de bateaux, éplucher des centaines d’articles.
« Dans des régions du Pacifique, pour citer
un autre exemple, on ne rapporte que les exportations, nobles, de thon.
On ne prend pas en considération les crustacés et les petits poissons
que les femmes collectent dans les récifs coralliens et qui nourrissent
pourtant la population », rapporte le chercheur. De plus, les statistiques de l’Union européenne ou des Etats-Unis ne sont pas comparables à celles de l’Afrique, imprécises faute de moyens. « En Asie du Sud-Est, ce sont des sociétés qui produisent des données, en appliquant invariablement le même ratio. Nous avions pu le constater lorsque le cyclone Narguis avait détruit la moitié de la flotte de pêche de Birmanie en 2008, sans qu’aucun impact n’apparaisse cette année-là… »
L’important est surtout de mesurer l’ampleur du déclin d’un secteur qui reste un apport de protéines essentielles auprès de beaucoup de populations côtières, rappelle l’étude publiée par Nature Communications. Or, globalement, les tendances mondiales sont à la baisse, hormis dans quelques rares régions du monde où l’on voit des stocks se régénérer comme aux Etats-Unis, en Australie, ou commencer à se redresser comme dans l’Atlantique nord-ouest, où l’Union européenne a imposé des quotas. « Même si des statistiques fantaisistes tendent à le compenser, le déclin est clair et net, insiste Daniel Pauly. Il est même sans doute plus élevé que ce que nous disons. » Les auteurs de l’étude suggèrent à la FAO de faire équipe avec d’autres chercheurs pour établir ses statistiques, comme elle le fait pour recenser les forêts.
Déclin d’un apport en protéines essentielles
L’étude admet une part d’approximation, mais bien inférieure à celle de la FAO. Récemment, le travail dirigé par Daniel Pauly a nourri une polémique ayant pour cible la FAO. Les agents de l’ONU n’ont pas les moyens de vérifier les données que leur transmettent les Etats, souligne M. Pauly, en précisant les avoir prévenus de la teneur de sa publication. « Il nous arrive de demander à des pays de revoir leurs méthodologies, nous les y aidons parfois, précise Lahsen Ababouch, directeur de la division de la pêche et de l’aquaculture à la FAO. Nos données sont plus fiables depuis 2000. Le propos de M. Pauly est d’évaluer tout ce qui est retiré de la mer, notre mission est de fournir des tendances avec le moins d’incertitudes possible. »L’important est surtout de mesurer l’ampleur du déclin d’un secteur qui reste un apport de protéines essentielles auprès de beaucoup de populations côtières, rappelle l’étude publiée par Nature Communications. Or, globalement, les tendances mondiales sont à la baisse, hormis dans quelques rares régions du monde où l’on voit des stocks se régénérer comme aux Etats-Unis, en Australie, ou commencer à se redresser comme dans l’Atlantique nord-ouest, où l’Union européenne a imposé des quotas. « Même si des statistiques fantaisistes tendent à le compenser, le déclin est clair et net, insiste Daniel Pauly. Il est même sans doute plus élevé que ce que nous disons. » Les auteurs de l’étude suggèrent à la FAO de faire équipe avec d’autres chercheurs pour établir ses statistiques, comme elle le fait pour recenser les forêts.
lundi 11 janvier 2016
NDDL : les travaux stoppés par la découverte de cinq nouvelles espèces protégées ?
"Au moins cinq espèces protégées n'ont pas été prises en compte
dans les dossiers réglementaires. Ni observées ou recherchées par les
bureaux d'études, elles n'ont donc pas été évaluées dans les dossiers",
dénonce le Collectif des naturalistes en lutte qui a réalisé des
inventaires sur la zone d'aménagement de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). "Par
conséquent, aucune demande de dérogation pour la destruction de ces
espèces protégées n'a été faite. Puisque la préfecture de
Loire-Atlantique et le ministère de l'Ecologie en ont été informés et
que nous sommes dans un état de droit, les travaux ne peuvent pas
commencer", assure-t-il.
L'association a identifié trois plantes, un amphibien et un mammifère qui pourraient ainsi venir contrarier le planning de la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont transmis leurs fiches descriptives et leurs localisations dans la zone d'aménagement de NDDL au ministère de l'Ecologie et à la préfecture. Interrogée par Actu-environnement, cette dernière a indiqué ne pas souhaiter s'exprimer sur ce sujet.
"Dès lors que la présence des espèces protégées est prouvée, les demandes de dérogation sont obligatoires : c'est au préfet de le vérifier et de demander une étude complémentaire, précise François de Beaulieu, membre des Naturalistes en lutte. Comme nous sommes sur un terrain privé, nous n'avons pas le droit de faire intervenir nous même un huissier".
Une des cinq espèces identifiées, la plante rampante, la Sibthorpie d'Europe, s'avère protégée au niveau régional (arrêté du 25 janvier 1993) et figure parmi les plantes en danger de disparition de la liste rouge régionale des Pays de la Loire.
La petite fleur de la famille des Gentianacées, la Cicendie naine (Exaculum pusillum) est également protégée au niveau régional (arrêté du 25 janvier 1993). Elle figure sur la liste rouge du massif armoricain et sur la liste des plantes vulnérables de la liste rouge régionale des Pays de la Loire. La fleur jaune Pulicaire commune (Pulicaria vulgaris Gaertn) est protégée quant à elle au niveau national (arrêté du 20 janvier 1982), inscrite sur la liste rouge de l'UICN, et également dans la liste rouge du massif armoricain.
Le Triton de Blasius est protégé au niveau national (article 3 de l'arrêté du 19 novembre 2007). Enfin, la Crossope aquatique (Neomys fodiens), une musaraigne vivant dans des zones humides, est également protégée sur le territoire national (arrêté du 23 avril 2007).
L'association a identifié trois plantes, un amphibien et un mammifère qui pourraient ainsi venir contrarier le planning de la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont transmis leurs fiches descriptives et leurs localisations dans la zone d'aménagement de NDDL au ministère de l'Ecologie et à la préfecture. Interrogée par Actu-environnement, cette dernière a indiqué ne pas souhaiter s'exprimer sur ce sujet.
"Dès lors que la présence des espèces protégées est prouvée, les demandes de dérogation sont obligatoires : c'est au préfet de le vérifier et de demander une étude complémentaire, précise François de Beaulieu, membre des Naturalistes en lutte. Comme nous sommes sur un terrain privé, nous n'avons pas le droit de faire intervenir nous même un huissier".
Une des cinq espèces identifiées, la plante rampante, la Sibthorpie d'Europe, s'avère protégée au niveau régional (arrêté du 25 janvier 1993) et figure parmi les plantes en danger de disparition de la liste rouge régionale des Pays de la Loire.
La petite fleur de la famille des Gentianacées, la Cicendie naine (Exaculum pusillum) est également protégée au niveau régional (arrêté du 25 janvier 1993). Elle figure sur la liste rouge du massif armoricain et sur la liste des plantes vulnérables de la liste rouge régionale des Pays de la Loire. La fleur jaune Pulicaire commune (Pulicaria vulgaris Gaertn) est protégée quant à elle au niveau national (arrêté du 20 janvier 1982), inscrite sur la liste rouge de l'UICN, et également dans la liste rouge du massif armoricain.
Le Triton de Blasius est protégé au niveau national (article 3 de l'arrêté du 19 novembre 2007). Enfin, la Crossope aquatique (Neomys fodiens), une musaraigne vivant dans des zones humides, est également protégée sur le territoire national (arrêté du 23 avril 2007).
jeudi 17 décembre 2015
Bisphénol A, phtalates, pesticides : la Commission européenne condamnée pour son inaction
l n’y a, bien sûr, pas de condamnation pécuniaire, mais le coup est rude. Le Tribunal de l’Union européenne a condamné la Commission européenne, mercredi 16 décembre, pour « avoir manqué à [ses] obligations » sur le dossier des perturbateurs endocriniens (PE).
En vertu du règlement européen de 2012 sur les biocides, Bruxelles devait publier, au plus tard le 13 décembre 2013, les critères scientifiques permettant de réglementer ces molécules de synthèse agissant sur le système hormonal et présentes dans une variété de produits courants (pesticides, plastifiants, bisphénols, solvants, etc.). Or, constate le Tribunal dans son arrêt, « la Commission n’a pas adopté de tels actes » définissant les PE, en dépit d’« une obligation claire, pré́cise et inconditionnelle de [les] adopter » précisée par la réglementation.« La Commission ne pourra pas attendre une année supplémentaire avant d’agir »
Le Tribunal de l’Union européenne, l’une des deux juridictions de la Cour de justice de l’Union européenne, avait été saisi par la Suède en juillet 2014 d’un « recours en carence » contre la Commission.L’affaire est une question importante de santé publique : l’exposition des populations aux PE, à bas bruit, est suspectée d’être en cause dans l’augmentation d’une variété de troubles et de maladies (cancers hormono-dépendants, infertilité, troubles métaboliques ou neuro-comportementaux, etc.). D’autres Etats membres – la France, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas – se sont d’ailleurs associés à la plainte de la Suède, également rejoints par le Conseil européen et le Parlement de Strasbourg.
« Ce genre de recours, de la part d’un Etat membre contre la Commission est extrêmement rare, explique-t-on à la Cour de justice de l’Union européenne. En comptant le cas présent, cela ne s’est produit que quatre fois au cours des dix dernières années. » Mais jusqu’à présent, la Commission avait toujours eu gain de cause ; c’est la première fois que la Commission est condamnée pour défaut d’action. « L’arrêt rendu impose désormais à la Commission de remédier à son inaction dans un délai de temps raisonnable, poursuit-on à la haute juridiction européenne. Le terme “raisonnable” est bien sûr difficile à définir, mais nous constatons qu’il y a déjà deux ans de retard. La Commission ne pourra pas attendre une année supplémentaire avant d’agir. »
« Etude d’impact »
Pour expliquer son retard, la Commission avait plaidé devant le Tribunal la nécessité de conduire une « étude d’impact », avant de définir les critères englobant les PE. Et ce, afin notamment d’évaluer le fardeau économique pour les entreprises, que représenterait une telle réglementation.L’argument n’a pas été jugé valable par les juges européens, qui constatent qu’« aucune disposition du ré̀glement n’exige une telle analyse d’impact ». Des documents internes à la Commission, rendus publics dans un document récent de la journaliste Stéphane Horel (Intoxication, La Découverte, 2015) montrent que cette étude d’impact, préalable à la prise d’une définition des PE, avait été expressément demandée au secrétariat général de la Commission par l’industrie chimique européenne.
« C’est un moment rare : l’abus du pouvoir conféré par le Parlement et le Conseil européen à la Commission a été pointé par la plus haute juridiction européenne, déclare l’Alliance pour la santé et l’environnement
(Health and Environment Alliance, HEAL), une organisation non
gouvernementale européenne qui rassemble une soixantaine d’associations
de la société civile, de syndicats de soignants ou de mutuelles. La Commission va-t-elle couper court à son étude d’impact, ou va-t-elle la poursuivre, sans considération pour le coût d’un retard supplémentaire, en termes de santé publique ? »
L’association Générations futures salue également l’arrêt rendu. « Nous nous félicitons de ce jugement, déclare son porte-parole François Veillerette. Il reconnaît clairement qu’en ne publiant pas les critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien, la Commission a violé le droit européen, ce que nous disons depuis maintenant deux années. »
L’association Générations futures salue également l’arrêt rendu. « Nous nous félicitons de ce jugement, déclare son porte-parole François Veillerette. Il reconnaît clairement qu’en ne publiant pas les critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien, la Commission a violé le droit européen, ce que nous disons depuis maintenant deux années. »
lundi 7 décembre 2015
Catastrophes naturelles : la facture des assureurs pourrait doubler en France d'ici 2040
En marge de la COP 21, l'association française de l'assurance alerte sur
le coût des aléas climatiques qui pourrait grimper jusqu'à 92 milliards
d'euros d'ici 2040 en France métropolitaine. Soit près du double de la
facture des 25 années précédentes.
Sécheresses, inondations, submersions marines, tempêtes, grêles, neige dans l'Hexagone… Ces aléas naturels ont coûté, entre 1988 et 2013, 48 milliards d'euros aux assureurs. Soit une facture d'1,86 milliard d'euros de dommages matériels par an, chiffre l'Association française de l'assurance (Afa). Au cours des 25 dernières années, les assureurs ont ainsi indemnisé annuellement en moyenne 431.000 sinistrés.
Les coûts des aléas naturels pourraient doubler, entre 2014 et 2039, et franchir les 92 milliards d'euros en France métropolitaine, prévient l'Afa, partenaire officiel de la Conférence Paris Climat (COP 21), dans une étude parue ce 3 décembre. Celle-ci se concentre sur les dommages directs causés aux biens par les aléas naturels, y compris les pertes d'exploitation. L'étude n'intègre pas les dommages corporels ainsi que les dommages causés aux récoltes non engrangées des exploitants agricoles.
Le climat, deuxième facteur du surcoût des dégâts
"Les coûts cumulés des dégâts liés à la sécheresse, aux inondations, aux submersions marines et aux effets du vent, sur cette période, augmenteraient de 90% en euros constants par rapport à ceux des 25 années précédentes", alerte l'Afa. Soit une hausse de 44 milliards d'euros.
Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce surcoût d'ici 2040. Le premier facteur est "l'enrichissement global de la France" (densité et valeur moyenne des logements, des entreprises, des biens des collectivités territoriales) qui "conduira naturellement à une augmentation des conséquences d'un événement climatique", expliquent les assureurs. Ce facteur "enrichissement" représente 43% du surcoût estimé, soit 19 milliards d'euros. Le changement climatique d'ici à 2040, et notamment les effets d'une hausse des températures, est le deuxième facteur. Son impact est estimé à 13 milliards d'euros. La répartition géographique des richesses sur le territoire métropolitain et la variation naturelle du climat auront quant à elles des conséquences évaluées respectivement à 8 et 4 milliards d'euros.
Ainsi, le coût de la sécheresse pourrait passer de 8 à 21 milliards d'euros d'indemnisations à l'horizon 2040. L'impact du changement climatique "est conséquent" et représente 60% de ce surcoût (soit 8 milliards d'euros). Concernant les inondations (issues des cours d'eau), l'addition passerait de 16 à 34 milliards d'euros. Soit +104% d'indemnisations par rapport à 1988 et 2013.
Facture salée des tempêtes
La France a également déjà subi 84 submersions marines, ces 30 dernières années. "La plupart sans conséquences majeures" hormis la tempête Xynthia en février 2010. Sur les 25 dernières années, le coût des submersions marines pour les assureurs a représenté 1 Md€ (dont 800 M€ pour Xynthia). D'ici 2040, l'Afa table sur un surcoût compris entre 3,2 et 4,2 milliards d'euros.
Les tempêtes, quant à elles, ont constitué l'aléa climatique le plus coûteux pour les assureurs depuis 1990. Les tempêtes Lothar et Martin de 1999 ont coûté 13,4 milliards d'euros. Leur caractère exceptionnel "amène à intégrer un facteur aléa climatique négatif" d'ici 2040. L'étude projette donc d'indemniser 33 milliards d'euros à cette échéance. Elle ne prend toutefois pas en compte les effets du réchauffement sur ce risque de tempêtes face à "une grande incertitude scientifique".
Des mesures de prévention et de protection à adapter
Cette étude "met en exergue l'importance d'adapter dès maintenant les politiques de prévention et le développement de la culture du risque dans notre pays", souligne le climatologue Jean Jouzel qui l'a préfacée.
Les assureurs observent en effet sur le terrain "des insuffisances" dans l'application "concrète" des politiques de prévention, estime l'Afa. Dans un livre blanc paru également ce 3 décembre, elle formule 34 propositions. Les assureurs appellent tout d'abord à intensifier les politiques publiques de prévention et protection. Comment ? En accélérant, notamment, le processus de prescription, d'approbation et de mise en oeuvre des Plans de prévention des risques littoraux (PPRL) non encore prescrits ou approuvés sur les communes prioritaires. Autre recommandation : réformer le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) "tant du point de vue de sa gouvernance, de ses missions, de son contrôle que de sa maîtrise de la dépense". Les diagnostics des sols devraient également "être obligatoires", lors de toutes constructions ou cessions de terrain construit ou constructible, situées sur une zone répertoriée à risques et annexer le diagnostic à l'acte notarié du terrain.
L'Afa propose également des mesures visant à moderniser le régime d'assurance des catastrophes naturelles, en donnant la possibilité pour l'assureur de fixer "librement la franchise de cette garantie pour les contrats d'assurance couvrant des capitaux supérieurs à 50 M€, et pour ceux couvrant des collectivités territoriales quelle que soit leur taille". L'Afa recommande aussi de transférer l'indemnisation des sinistres résultant de la sécheresse "au régime de l'assurance de responsabilité décennale construction pour toute construction nouvelle répondant à l'obligation d'étude de sols".
Ces publications constituent une contribution significative des assureurs français à la politique d'adaptation de notre pays au changement climatique", a déclaré Bernard Spitz, président de l'Afa. "Assureurs et réassureurs sont engagés dans la lutte contre le changement climatique à trois titres. Ils indemnisent les conséquences des aléas naturels. Ils organisent des mesures de prévention. Enfin, ils financent l'économie en investissant à long terme".
A l'initiative de l'Afa, 26 fédérations européennes et internationales d'assureurs et réassureurs ont appelé le 27 novembre les parties prenantes aux négociations, à parvenir à un accord permettant de limiter le réchauffement climatique à 2°C d'ici la fin du siècle. "Il nous semble essentiel aux côtés de nos homologues européens et internationaux d'appeler au succès des négociations", a ajouté M. Spitz. "Nous n'avons pas le choix : un monde à +2°C serait encore assurable, un monde à +4°C ne le serait certainement plus", a prévenu en octobre dernier Henri De Castries, PDG d'Axa.
Sécheresses, inondations, submersions marines, tempêtes, grêles, neige dans l'Hexagone… Ces aléas naturels ont coûté, entre 1988 et 2013, 48 milliards d'euros aux assureurs. Soit une facture d'1,86 milliard d'euros de dommages matériels par an, chiffre l'Association française de l'assurance (Afa). Au cours des 25 dernières années, les assureurs ont ainsi indemnisé annuellement en moyenne 431.000 sinistrés.
Les coûts des aléas naturels pourraient doubler, entre 2014 et 2039, et franchir les 92 milliards d'euros en France métropolitaine, prévient l'Afa, partenaire officiel de la Conférence Paris Climat (COP 21), dans une étude parue ce 3 décembre. Celle-ci se concentre sur les dommages directs causés aux biens par les aléas naturels, y compris les pertes d'exploitation. L'étude n'intègre pas les dommages corporels ainsi que les dommages causés aux récoltes non engrangées des exploitants agricoles.
Le climat, deuxième facteur du surcoût des dégâts
"Les coûts cumulés des dégâts liés à la sécheresse, aux inondations, aux submersions marines et aux effets du vent, sur cette période, augmenteraient de 90% en euros constants par rapport à ceux des 25 années précédentes", alerte l'Afa. Soit une hausse de 44 milliards d'euros.
Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce surcoût d'ici 2040. Le premier facteur est "l'enrichissement global de la France" (densité et valeur moyenne des logements, des entreprises, des biens des collectivités territoriales) qui "conduira naturellement à une augmentation des conséquences d'un événement climatique", expliquent les assureurs. Ce facteur "enrichissement" représente 43% du surcoût estimé, soit 19 milliards d'euros. Le changement climatique d'ici à 2040, et notamment les effets d'une hausse des températures, est le deuxième facteur. Son impact est estimé à 13 milliards d'euros. La répartition géographique des richesses sur le territoire métropolitain et la variation naturelle du climat auront quant à elles des conséquences évaluées respectivement à 8 et 4 milliards d'euros.
Ainsi, le coût de la sécheresse pourrait passer de 8 à 21 milliards d'euros d'indemnisations à l'horizon 2040. L'impact du changement climatique "est conséquent" et représente 60% de ce surcoût (soit 8 milliards d'euros). Concernant les inondations (issues des cours d'eau), l'addition passerait de 16 à 34 milliards d'euros. Soit +104% d'indemnisations par rapport à 1988 et 2013.
Facture salée des tempêtes
La France a également déjà subi 84 submersions marines, ces 30 dernières années. "La plupart sans conséquences majeures" hormis la tempête Xynthia en février 2010. Sur les 25 dernières années, le coût des submersions marines pour les assureurs a représenté 1 Md€ (dont 800 M€ pour Xynthia). D'ici 2040, l'Afa table sur un surcoût compris entre 3,2 et 4,2 milliards d'euros.
Les tempêtes, quant à elles, ont constitué l'aléa climatique le plus coûteux pour les assureurs depuis 1990. Les tempêtes Lothar et Martin de 1999 ont coûté 13,4 milliards d'euros. Leur caractère exceptionnel "amène à intégrer un facteur aléa climatique négatif" d'ici 2040. L'étude projette donc d'indemniser 33 milliards d'euros à cette échéance. Elle ne prend toutefois pas en compte les effets du réchauffement sur ce risque de tempêtes face à "une grande incertitude scientifique".
Des mesures de prévention et de protection à adapter
Cette étude "met en exergue l'importance d'adapter dès maintenant les politiques de prévention et le développement de la culture du risque dans notre pays", souligne le climatologue Jean Jouzel qui l'a préfacée.
Les assureurs observent en effet sur le terrain "des insuffisances" dans l'application "concrète" des politiques de prévention, estime l'Afa. Dans un livre blanc paru également ce 3 décembre, elle formule 34 propositions. Les assureurs appellent tout d'abord à intensifier les politiques publiques de prévention et protection. Comment ? En accélérant, notamment, le processus de prescription, d'approbation et de mise en oeuvre des Plans de prévention des risques littoraux (PPRL) non encore prescrits ou approuvés sur les communes prioritaires. Autre recommandation : réformer le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) "tant du point de vue de sa gouvernance, de ses missions, de son contrôle que de sa maîtrise de la dépense". Les diagnostics des sols devraient également "être obligatoires", lors de toutes constructions ou cessions de terrain construit ou constructible, situées sur une zone répertoriée à risques et annexer le diagnostic à l'acte notarié du terrain.
L'Afa propose également des mesures visant à moderniser le régime d'assurance des catastrophes naturelles, en donnant la possibilité pour l'assureur de fixer "librement la franchise de cette garantie pour les contrats d'assurance couvrant des capitaux supérieurs à 50 M€, et pour ceux couvrant des collectivités territoriales quelle que soit leur taille". L'Afa recommande aussi de transférer l'indemnisation des sinistres résultant de la sécheresse "au régime de l'assurance de responsabilité décennale construction pour toute construction nouvelle répondant à l'obligation d'étude de sols".
Ces publications constituent une contribution significative des assureurs français à la politique d'adaptation de notre pays au changement climatique", a déclaré Bernard Spitz, président de l'Afa. "Assureurs et réassureurs sont engagés dans la lutte contre le changement climatique à trois titres. Ils indemnisent les conséquences des aléas naturels. Ils organisent des mesures de prévention. Enfin, ils financent l'économie en investissant à long terme".
A l'initiative de l'Afa, 26 fédérations européennes et internationales d'assureurs et réassureurs ont appelé le 27 novembre les parties prenantes aux négociations, à parvenir à un accord permettant de limiter le réchauffement climatique à 2°C d'ici la fin du siècle. "Il nous semble essentiel aux côtés de nos homologues européens et internationaux d'appeler au succès des négociations", a ajouté M. Spitz. "Nous n'avons pas le choix : un monde à +2°C serait encore assurable, un monde à +4°C ne le serait certainement plus", a prévenu en octobre dernier Henri De Castries, PDG d'Axa.
jeudi 3 décembre 2015
Un nouveau prototype de batterie sans lithium
Des chercheurs du CNRS et du CEA ont mis au point une technologie
alternative aux batteries lithium-ion. Au sein du Réseau sur le stockage
électrochimique de l'énergie (RS2E), ils ont réussi à élaborer une
batterie à base d'ions sodium "18650", un format standard utilisé dans
l'industrie.
Beaucoup plus abondant (1.000 fois plus) et moins coûteux que le lithium, le sodium permet d'obtenir des batteries avec des performances comparables. Sa densité d'énergie (la quantité d'électricité que l'on peut stocker par kilogramme de batterie) atteint 90Wh/kg, un chiffre comparable à celui des batteries lithium-ion à leur début. Quant à sa durée de vie, exprimée en nombre maximum de cycles de charge et de décharge sans perte significative de performance, elle est de plus de 2.000 cycles.
L'ensemble de ces travaux a fait l'objet de plusieurs publications et brevets déposés par le CNRS et le CEA. Il a bénéficié des soutiens notamment du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, du CNRS, du CEA, de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de la Direction générale de l'armement (DGA).
Beaucoup plus abondant (1.000 fois plus) et moins coûteux que le lithium, le sodium permet d'obtenir des batteries avec des performances comparables. Sa densité d'énergie (la quantité d'électricité que l'on peut stocker par kilogramme de batterie) atteint 90Wh/kg, un chiffre comparable à celui des batteries lithium-ion à leur début. Quant à sa durée de vie, exprimée en nombre maximum de cycles de charge et de décharge sans perte significative de performance, elle est de plus de 2.000 cycles.
L'ensemble de ces travaux a fait l'objet de plusieurs publications et brevets déposés par le CNRS et le CEA. Il a bénéficié des soutiens notamment du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, du CNRS, du CEA, de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de la Direction générale de l'armement (DGA).
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