S’opposant à l’introduction d’un menu
végétarien au choix pour les élèves des écoles, menu laïque par
excellence qui a la vertu de ne
et, bien sûr, les animaux, le maire de Châlon-sur-Saône, Gilles Platret, a déclaré qu’un tel menu posait
.
ouvrages. Il est en effet désolant que des connaissances scientifiques
avérées et aisément accessibles soient traitées comme si elles
n’existaient pas. Le mythe des protéines
de la viande, repose sur des recherches anciennes et désuètes.
Selon
des données plus fiables fournies par l’Organisation mondiale de la
santé et l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO), les neuf acides aminés essentiels sont présents en
quantité et en proportions suffisantes dans la plupart des nourritures
végétales. De plus, en ce qui concerne la teneur en protéines, la
comparaison d’une centaine d’aliments, établie par la FAO, montre que
les 13 premiers de la liste sont des végétaux (dont le soja, 38,2 %, le
pois carré, 33,1 %, le haricot rouge et les lentilles, 23,5 %) et un
champignon (la levure de bière, 48 %).
La viande, loin derrière les nourritures végétales
La première viande, le jambon de porc, vient en 14
e position avec 22,5 %, le premier poisson, le thon, en 23
e position avec 21,5 %, tandis que les œufs et le lait viennent respectivement en 33
e et en 75
e
position avec seulement 12,5 et 3,3 % de protéines. Une alimentation
normale à base de végétaux suffit donc largement à pouvoir à nos besoins
en protéines, en quantité et en qualité. De fait, c’est la nourriture
carnée qui pose des problèmes. Une étude menée par l’institut EPIC
(European Prospective Investigation into
Cancer and
Nutrition),
portant sur 521 000 individus, a montré que les sujets qui mangeaient
le plus de viande rouge avaient 35 % de risques supplémentaires de
développer un cancer du côlon que ceux qui en consommaient le moins.
D’après
une autre étude publiée à l’université Harvard en 2012 par An Pan,
Frank Hu et leurs collègues, portant sur plus de 100 000 personnes
suivies pendant de nombreuses années, la
consommation
quotidienne de viande est associée à un risque accru de mortalité
cardio-vasculaire de 18 % chez les hommes et de 21 % chez les femmes,
tandis que la mortalité par cancer représente respectivement 10 % et
16 %. Chez les gros consommateurs de viande rouge, le simple fait de
remplacer
la viande par des céréales complètes ou d’autres sources de protéines
végétales diminue de 14 % le risque de mortalité précoce. Par ailleurs, à
cause du phénomène de bioconcentration, la viande contient environ
quatorze fois plus de résidus de pesticides que les végétaux, les
produits laitiers cinq fois plus.
Les polluants organiques
persistants s’accumulent en effet dans les tissus graisseux des animaux
et entrent ainsi dans l’alimentation humaine. Ces polluants organiques
se retrouvent également dans la chair des poissons d’élevage, nourris
d’aliments concentrés fabriqués entre autres à
partir
de protéines animales. Ces molécules sont non seulement cancérigènes,
mais aussi toxiques pour le développement du système nerveux du fœtus et
des jeunes enfants. Quant à la vitamine B12, indispensable à la
formation de l’hémoglobine du sang, elle est pratiquement absente des plantes, mais on la trouve dans le lait et les œufs. Les végans
[qui s’abstiennent de toute nourriture d’origine animale] ont, par conséquent, besoin de s’en
procurer sous forme de compléments alimentaires, qui peuvent
être fabriqués à partir de cultures de bactéries.
Recommandations inappropriées
Au vu des études menées depuis une vingtaine d’années,
affirmer,
comme le fait l’Institut national de prévention et d’éducation pour la
santé (INPES), à propos de ceux qui souhaitent s’abstenir de produits
d’origine animale que
« ce type d’alimentation fait courir à long terme des risques pour la santé » est donc scientifiquement inexact. Les recommandations qui en découlent sont, par voie de conséquence, inappropriées.
Pour
ceux qui penseraient que le fait d’être végétarien affecte les
performances physiques, la liste des champions végétariens et végans
parle d’elle-même : Carl Lewis, titulaire de neuf médailles d’
or aux
Jeux olympiques, Bode Miller, médaillé olympique de
ski
alpin, Edwin Moses, invaincu 122 fois d’affilée sur le 400 mètres
haies, Martina Navratilova, détentrice du plus grand nombre de titres
dans l’
histoire du
tennis,
l’ultramarathonien américain Scott Jurek, Patrik Baboumian, dénommé
« l’homme le plus fort du monde », Fauja Singh, un Indien végétarien qui
fut le premier centenaire à courir un marathon et le jeune champion du
monde de la mémoire, Jonas von Essen.
Les assureurs ne s’y
trompent pas : aux Etats-Unis, Kaiser Permanente, une importante société
d’assurance-maladie, avec plus de 9 millions de membres, incite les
médecins à
« recommander une diète à base de végétaux à tous leurs patients ». Au
Royaume-Uni,
une assurance-vie propose même 25 % de rabais pour les végétariens et
les végétaliens. Les auteurs d’une étude anglaise réalisée sur 65 000
personnes dont 17 000 végétariens ou végans concluent :
« Les gouvernements qui désirent mettre à jour leur définition d’un régime propice à la santé et respectueux de l’environnement doivent recommander de diminuer la consommation de produits animaux. » A bon entendeur, salut !