jeudi 11 juillet 2013

Plus de 90% des fraises contiennent des résidus de pesticides

C'est ce qui ressort de l'enquête menée par Générations Futures sur 49 échantillons de fraises vendues dans le commerce. L'ONG souhaite peser sur les discussions en cours sur la stratégie à adopter en matière de perturbateurs endocriniens.
 Après une première enquête sur l'exposition des populations aux perturbateurs endocriniens via les céréales et les insecticides ménagers, l'association Générations Futures, spécialisée sur la question des pesticides, s'est penchée cette fois-ci sur les fraises vendues dans le commerce en provenance de France et d'Espagne.
Pourquoi la fraise ? Car il s'agit d'un fruit communément consommé par les femmes enceintes ou les jeunes enfants, populations particulièrement vulnérables aux perturbateurs endocriniens, explique l'ONG. Or, ces substances sont soupçonnées d'être à l'origine de cancers hormonaux-dépendants, de perturbations du métabolisme et de la reproduction, de problèmes cardiovasculaires mais aussi de troubles mentaux et du comportement.
Présence de perturbateurs endocriniens
Sur les 49 échantillons analysés (voir méthodologie en encadré), 91% contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides (100% des fraises espagnoles), et 71% contenaient des pesticides perturbateurs endocriniens (PE). Si la proportion est plus importante parmi les fraises espagnoles (78%), il reste que 65% des échantillons français contiennent au moins un résidu de pesticide PE.
"Nous avons retrouvé en tout 37 molécules différentes dont 8 perturbateurs endocriniens", précise François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.
Cela ne signifie pas pour autant que les producteurs sont hors-la-loi. La présence de résidus de pesticides est admise par la réglementation dès lors que les limites maximales en résidus (LMR) ne sont pas dépassées. Un seul dépassement de cette limite a d'ailleurs été constaté dans le cadre de cette enquête, soit un taux de non-conformité de 2%.
Le porte-parole de l'ONG soupçonne toutefois certains producteurs de faire tourner les fongicides de manière à éviter le dépassement des LMR. L'étude a en effet mis en évidence un échantillon français qui comptait douze résidus de pesticides différents.
Présence de pesticides interdits
Plus inquiétant, l'enquête a mis à jour la présence d'endosulfan dans deux échantillons français, un insecticide organochloré interdit en Europe depuis 2005, et du carbosulfan dans deux échantillons espagnols, insecticide également interdit en Europe depuis 2007. Des résidus de pesticides dont l'usage est interdit sur la fraise ont également été retrouvés. "La présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la fraise dans plus de 18% des échantillons testés est proprement inacceptable", s'indigne François Veillerette.
Des discussions en cours sur les perturbateurs endocriniens
En présentant cette nouvelle étude, Générations Futures cherche à peser sur les discussions en cours sur les perturbateurs endocriniens. Au plan français d'abord, au moment où la stratégie nationale relative à ces substances est en cours de finalisation. Au plan européen ensuite avec l'échéance du 14 décembre 2013, date à laquelle la Commission doit fixer les critères permettant de définir les perturbateurs endocriniens dans le cadre du règlement "pesticides".
L'ONG dénonce une disposition figurant dans la dernière version de la stratégie nationale qui prévoit la possibilité de réviser les critères d'exclusion des pesticides PE après une étude d'impact prenant en compte les effets sur la santé et l'environnement, ainsi que les substances actives disponibles. "Il s'agit d'un retour en arrière par rapport au règlement européen qui s'appuie sur les critères de danger des substances et non sur une évaluation des risques", dénonce François Veillerette, qui précise que les ONG ne pourront soutenir la stratégie si cette disposition, soutenue par le seul Medef, était conservée.
Quant au règlement européen, Générations Futures demande au Gouvernement d'être très ferme envers les pays qui voudraient limiter la définition de perturbateurs endocriniens. "L'Allemagne et l'Angleterre sont très faibles sur ces propositions car ils sont gros producteurs de pesticides", dénonce le porte-parole de l'ONG. Or, la définition de ces critères est d'autant plus importante, qu'ils seront utilisés également dans le cadre du règlement "biocides" et du règlement Reach.
En tout état de cause, un travail d'intense lobbying est en cours de part et d'autre en vue de l'échéance du 14 décembre 2013.

mercredi 26 juin 2013

Une étude affirme qu'une alimentation à base d'OGM serait néfaste pour les porcs

Une équipe de chercheurs australiens et américains révèle les effets néfastes d'une alimentation à base de maïs et de soja transgéniques sur les porcs, dans une étude publiée dans le Journal of organic systems en juin.

Cette étude, menée sur "vie entière" (22,7 semaines, durée de vie du sevrage à l'abattage d'un porc destiné à la consommation), révèle qu'il n'y a aucune différence pour la consommation alimentaire, le poids, la mortalité et la biochimie sanguine de routine entre le panel nourri aux OGM et le panel dont la consommation était non OGM. En revanche, des différences ont été relevées au niveau gastrique et utérin. "Les femelles nourries aux OGM avaient un utérus 25% plus lourds que les porcs nourris sans OGM", indiquent les auteurs. Les porcs à l'alimentation transgénique affichaient également un taux plus élevé d'inflammation sévère de l'estomac (32% contre 12% pour le panel sans OGM).

Très peu d'études à long terme ont été menées sur les OGM aujourd'hui, avaient souligné l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut conseil des biotechnologies (HCB) lors de la polémique consécutive à la publication, en septembre dernier, de l'étude du professeur Séralini. Le HCB et l'Anses recommandaient de lancer une étude indépendante "vie entière" sur les risques sanitaires liés aux OGM. Des recommandations approuvées par le gouvernement français et la Commission européenne, mais sans

vendredi 7 juin 2013

Des résidus d'insecticides néonicotinoïdes dans nos assiettes !

Les résultats d'une campagne d'analyse d'aliments végétaux menée par Générations futures démontrent que certains aliments contiennent de tels résidus, appartenant à une famille d'insecticides mise en cause dans le dépérissement de colonies d'abeilles.
Entre février et mai 2013, les cinq principaux néonicotinoïdes ont été recherchés dans 109 échantillons de fruits, légumes et thés.

Les résultats sont clairs : les aliments testés contiennent, à des degrés divers, mais fréquemment, des résidus de néonicotinoïdes :
- 45 % des échantillons de courgettes testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (9/20 : 9 imidaclopride),
- 25 % des échantillons de tomates testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes  (5/20 : 2 acetamipride, 2 thiaclopride, 1 acetamipride + thiaclopride),
- 80 % des échantillons de thés testés contiennent des résidus de néonicotinoïdes (8/10 : 5 acetamipride + imidaclopride, 3 acetamipride) 4 dépassements de LMR ( 3 acetamipride, 1 imidaclopride),
-12,24 % des échantillons de fraises testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (6/49 : 4 thiaclopride, 1 thiametoxam, 1 acetamipride (usage fraises F interdit),
- 16,66 % des échantillons d'aubergines testées contiennent des résidus de néonicotinoïdes (1/6 : imidaclopride).

Afin d'évaluer quel pourrait être l'impact de ces résidus de néonicotinoïdes sur les abeilles, Générations futures a calculé les conséquences de leur exposition aux quantités de résidus retrouvés dans ces échantillons.
Exemple : si l'on prend une courgette d'un poids moyen de 250 g contenant 25 µg d'imidaclopride/kg, les calculs de l'association permettent de conclure que ce sont près de 845 abeilles qui seraient mortes ou au moins 3788 abeilles qui auraient vu leur comportement gravement perturbé suite à l'exposition à la quantité d'imidaclopride contenue dans cette seule courgette.

En conclusion, Générations futures demande au Gouvernement et à l'Union européenne de prendre des mesures d'interdiction plus fermes que les récentes décisions européennes.

lundi 6 mai 2013

Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis plus de 2,5 millions d'années

Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homme est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Loa (Hawaï), où les premières mesures de l'ère moderne ont été menées, dès 1958, par l'Américain Charles David Keeling.

 

L'année 2012 se classe parmi les dix années les plus chaudes, selon l'OMM

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) publie le 2 mai 2013 son compte rendu annuel sur l'état du climat. D'après cette étude, "l'année 2012 a rejoint le classement des dix années les plus chaudes jamais observées", et ce malgré l'influence du phénomène La Niña.
De janvier à décembre 2012, la température moyenne à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) a présenté une anomalie positive estimée à 0,45°C, indique le rapport. L'année 2012 se classe ainsi au neuvième rang des années les plus chaudes jamais observées depuis le début des relevés en 1850, est-il précisé.
Selon Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM, "le réchauffement continu de la basse atmosphère reste inquiétant". "La tendance à la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre entraînant l'augmentation du forçage radiatif de l'atmosphère terrestre confirme que le réchauffement va se poursuivre", précise-t-il.
L'étude fait état de températures supérieures à la norme en 2012 "sur une grande partie de la surface terrestre". En revanche, des températures inférieures à la normale ont été enregistrées en Alaska, dans certaines régions du nord et de l'est de l'Australie ainsi qu'en Asie centrale. Des phénomènes extrêmes se sont également produits, comme des sécheresses et des cyclones tropicaux tels que l'ouragan Sandy.
Par ailleurs, outre les précipitations "légèrement supérieures à la normale", l'étendue de la couverture neigeuse dans l'hémisphère nord a été supérieure à la normale et a représenté "la quatorzième étendue de couverture neigeuse la plus importante jamais observée", précise le rapport. Celui-ci mentionne également la fonte de la calotte glacière qui continue de se poursuivre.

lundi 8 avril 2013

Le "Monsanto act" met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis

C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.
Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire." Ce dans le but de "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.
Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".
Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

 LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT
La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.
Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.
Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer

Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...