L'Organisation météorologique mondiale (OMM) publie le 2 mai 2013 son compte rendu annuel sur l'état du climat. D'après cette étude, "l'année 2012 a rejoint le classement des dix années les plus chaudes jamais observées", et ce malgré l'influence du phénomène La Niña.
De janvier à décembre 2012, la température moyenne à la surface du
globe (terres émergées et océans confondus) a présenté une anomalie
positive estimée à 0,45°C, indique le rapport. L'année 2012 se classe
ainsi au neuvième rang des années les plus chaudes jamais observées depuis le début des relevés en 1850, est-il précisé.
Selon Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM, "le réchauffement continu de la basse atmosphère reste inquiétant". "La
tendance à la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet
de serre entraînant l'augmentation du forçage radiatif de l'atmosphère
terrestre confirme que le réchauffement va se poursuivre", précise-t-il.
L'étude fait état de températures supérieures à la norme en 2012 "sur une grande partie de la surface terrestre".
En revanche, des températures inférieures à la normale ont été
enregistrées en Alaska, dans certaines régions du nord et de l'est de
l'Australie ainsi qu'en Asie centrale. Des phénomènes extrêmes se sont
également produits, comme des sécheresses et des cyclones tropicaux tels
que l'ouragan Sandy.
Par ailleurs, outre les précipitations "légèrement supérieures à la normale", l'étendue de la couverture neigeuse dans l'hémisphère nord a été supérieure à la normale et a représenté "la quatorzième étendue de couverture neigeuse la plus importante jamais observée", précise le rapport. Celui-ci mentionne également la fonte de la calotte glacière qui continue de se poursuivre.
On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
lundi 6 mai 2013
lundi 8 avril 2013
Le "Monsanto act" met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis
C'est un amendement discret glissé dans une loi
budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale
et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis
des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.
Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".
Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.
LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT
La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.
Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.
Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.
mardi 15 janvier 2013
Climat : le coût humain de l'inaction en détail
Des dizaines de millions de personnes pourraient échapper à des inondations ou à la sécheresse d'ici à 2050 si les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du changement climatique, étaient plus fortement et plus rapidement limitées. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée dans Nature Climate Change, dimanche 13 janvier. Celle-ci se veut la plus complète à ce jour sur les conséquences du réchauffement que les Etats pourraient éviter à l'échelle globale et régionale.
L'équipe de chercheurs anglais et allemands s'est penchée sur six grandes trajectoires : d'un côté, une politique plus ou moins active en faveur du climat conduisant à un pic des émissions soit en 2016 soit en 2030, suivi d'une baisse des rejets de 5 % ou bien de 2 % par an ; de l'autre, la poursuite du "business as usual", tel que défini dans les scénarios A1B (croissance économique très rapide qui s'appuie sur des sources d'énergie équilibrées entre fossiles et renouvelables) et A1F1 (scénario le plus polluant, avec un fort recours aux énergies fossiles) décrits par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).Pour chacune de ces hypothèses, les chercheurs ont examiné les conséquences sur des indicateurs comme les inondations, la sécheresse, la disponibilité en eau ou encore la productivité agricole.
HAUSSE DU NIVEAU DES MERS ET INONDATIONS
Le scénario le plus strict, à savoir des émissions de gaz à effet de serre qui commencent à diminuer dès 2016 à un rythme de 5 % par an, est le seul à permettre aux nations de respecter l'objectif d'une hausse de la température mondiale limitée à 2 °C d'ici à la fin du siècle. En cas d'un pic en 2030, la température se situera autour de + 2,5 °C, selon l'étude, tandis qu'elle augmentera de 4 °C à 5,6 °C en cas d'absence de mesures de limitation des émissions.
De même, le niveau de la surface des mers s'élèvera de 30 cm d'ici à 2100 dans le premier cas, de 35 cm dans le deuxième et de 47 à 55 cm dans le dernier. Conséquence : dans un scénario de pic en 2016, 100 à 161 millions de personnes pourraient échapper à des inondations d'ici à 2050 par rapport aux scénarios A1B et A1F1 du GIEC ; mais elles ne seraient plus que de 52 à 120 millions si les émissions continuaient de croître quatorze ans de plus.
SÉCHERESSE ET PRODUCTIVITÉ AGRICOLE La sécheresse est le second domaine à être sensible à une action rapide pour réduire les émissions. Un pic des rejets en 2016 permettrait ainsi à entre 39 et 68 millions de personnes d'être épargnées par la sécheresse d'ici à 2050, contre de 17 à 48 millions pour un pic en 2030.
Certains impacts négatifs du changement climatique pourraient aussi être retardés de plusieurs décennies. Selon l'étude, la productivité du blé de printemps devrait diminuer de 20 % dans les années 2050, mais la baisse des rendements pourrait être retardée jusqu'en 2100 en cas d'action stricte contre le réchauffement – dans le cas contraire, cette baisse pourrait atteindre 60 %.
Au total, selon l'étude, de 20 % à 65 % des impacts négatifs prédits par les scénarios pessimistes du GIEC pourraient être évités d'ici à la fin du siècle grâce à des mesures ambitieuses de lutte contre le changement climatique et de limitation des gaz à effet de serre.
HYPOTHÈSES AMBITIEUSES
"Réduire les émissions de CO2 n'évitera pas totalement les impacts du changement climatique, précise l'un des coauteurs, le climatologue Nigel Arnell de l'université de Reading en Angleterre. Mais agir fort et vite permettra de gagner du temps pour construire des logements, mettre sur pied un système de transports et une agriculture plus résilients."
Si l'étude démontre clairement l'intérêt à prendre des objectifs contraignants de limitation des gaz à effet de serre, elle s'avère néanmoins très ambitieuse et optimiste dans ses hypothèses. Le scénario d'un pic des émissions en 2016 apparaît difficilement atteignable alors que la communauté internationale s'est fixé la date de 2015 pour parvenir à un accord mondial sur les réductions des gaz à effet de serre qui entrerait en vigueur en 2020. Par ailleurs, l'objectif d'une limitation de la hausse de la température mondiale à 2 °C d'ici à 2100 est d'ores et déjà considéré comme inaccessible par une partie de la communauté scientifique, qui table plutôt sur une augmentation de 3 °C à 4 °C des températures moyennes.
Etude Séralini : l'Efsa publie les données relatives à l'évaluation des risques du NK 603
C'est une nouvelle victoire pour le professeur Séralini et son équipe. Bien que leur étude sur la toxicité du maïs NK 603 et du Round up a été décriée depuis sa publication en septembre dernier, celle-ci a déjà permis d'acter, à l'échelle française comme européenne, la nécessité de réaliser des études à long terme sur les risques liés aux OGM. Aujourd'hui, l'Efsa annonce dans un communiqué "le
lancement d'une initiative majeure destinée à faciliter l'accès aux
données pour renforcer la transparence dans l'évaluation des risques". Elle publie, le même jour, toutes les données utilisées pour l'évaluation des risques du maïs NK 603. "Alors
que l'Autorité a déjà mis ces données à disposition sur demande
spécifique à plusieurs reprises, tout membre de la communauté
scientifique ou du public sera désormais en mesure d'examiner et
d'utiliser l'ensemble complet des données utilisées dans cette
évaluation des risques", précise l'Efsa.
Pour Corinne Lepage, députée européenne et présidente d'honneur du Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), c'est une demi-victoire, ou plutôt l'arbre qui cache la forêt… "Ça ne fait guère que trois ou quatre ans que nous demandons ces données ! Si les critères appliqués aux études d'évaluation des risques des OGM étaient les mêmes que ceux appliqués à l'étude Séralini, aucun OGM ne serait autorisé aujourd'hui dans l'Union européenne. Désormais, chacun pourra en juger ! Les effets sur les rats dénoncés par l'étude de Séralini apparaissent également dans les études de 90 jours, mais sont écartés pour diverses raisons".
Cependant, la publication de l'Efsa est "notoirement insuffisante" pour l'eurodéputée. "Nous avons les données du NK 603, mais pour le Round up, c'est silence radio ! Je pense que nous sommes face au même scandale que celui de l'aspartame : l'Efsa n'a pas à sa disposition ces études, je ne sais même pas s'il existe réellement des études sur le Round up".
Aujourd'hui, l'évaluation des risques porte essentiellement sur le principe actif du Round up : le glyphosate. "Or, c'est comme si, pour évaluer les risques liés à la cigarette, vous n'évaluiez que la nicotine. En tant que députée européenne, je demande une évaluation de deux ans minimum sur le Round up qui est, rappelons-le, le premier herbicide utilisé en Europe et le premier polluant de nos rivières", ajoute Corinne Lepage.
Pour en savoir plus:
Pour Corinne Lepage, députée européenne et présidente d'honneur du Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), c'est une demi-victoire, ou plutôt l'arbre qui cache la forêt… "Ça ne fait guère que trois ou quatre ans que nous demandons ces données ! Si les critères appliqués aux études d'évaluation des risques des OGM étaient les mêmes que ceux appliqués à l'étude Séralini, aucun OGM ne serait autorisé aujourd'hui dans l'Union européenne. Désormais, chacun pourra en juger ! Les effets sur les rats dénoncés par l'étude de Séralini apparaissent également dans les études de 90 jours, mais sont écartés pour diverses raisons".
Cependant, la publication de l'Efsa est "notoirement insuffisante" pour l'eurodéputée. "Nous avons les données du NK 603, mais pour le Round up, c'est silence radio ! Je pense que nous sommes face au même scandale que celui de l'aspartame : l'Efsa n'a pas à sa disposition ces études, je ne sais même pas s'il existe réellement des études sur le Round up".
Aujourd'hui, l'évaluation des risques porte essentiellement sur le principe actif du Round up : le glyphosate. "Or, c'est comme si, pour évaluer les risques liés à la cigarette, vous n'évaluiez que la nicotine. En tant que députée européenne, je demande une évaluation de deux ans minimum sur le Round up qui est, rappelons-le, le premier herbicide utilisé en Europe et le premier polluant de nos rivières", ajoute Corinne Lepage.
Pour en savoir plus:
mardi 20 novembre 2012
Climat : la Banque mondiale décrit une planète à +4°C
Les écosystèmes devraient subir de plein fouet la hausse des températures. "Avec
une planète à +4°C, il faut s'attendre à ce que le changement
climatique devienne le principal moteur des variations des écosystèmes,
prenant la place de menace numéro 1 pour la biodiversité, devant la
destruction de l'habitat", prévient le rapport, rappelant qu'en
Amazonie, le nombre des feux de forêts pourrait doubler d'ici 2050 en
conséquence d'un réchauffement d'environ 1,5 à 2°C par rapport à
l'époque préindustrielle". Un scénario de +4°C entrainerait "des changements encore plus graves".
Pour en savoir plus :
Pour en savoir plus :
mercredi 14 novembre 2012
140 chercheurs défendent Séralini et souhaitent que les risques liés aux technologies soient pris au sérieux
Devant l'incroyable levée de boucliers suscitée par la publication de Gilles-Eric Séralini et de son équipe dans le journal Food and Chemical Toxicology, nous, membres de la communauté scientifique, tenons à affirmer les points suivants.
D'une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet l'ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble. Le fait qu'un groupe d'une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d'un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision (au contraire, par exemple, du débat organisé par l'Académie des sciences dans le cadre de la polémique sur le changement climatique, à l'issue duquel la responsabilité de l'homme a été avérée). Nous saluons sur ce point la réaction salutaire du seul statisticien de l'Académie des sciences, Paul Deheuvels.D'autre part, le protocole suivi dans cette étude présente des défauts qui font débat au sein de la communauté scientifique. Mais en tout état de cause, disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les données ayant fondé les décisions d'acceptation des OGM par les experts. Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s'ils le critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l'acceptation d'une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le sens opposé. Ceci est à notre avis totalement contraire à toute déontologie scientifique. Nous affirmons donc que, si les observations en débat méritent d'être confirmées par des expériences de plus grande ampleur, cela s'applique également aux tests qui ont servi à autoriser toutes les plantes transgéniques actuellement sur le marché. Si toute cette histoire aboutit au moins à ce résultat, elle aura été utile.
Enfin, nous tenons à assurer à nos concitoyens qu'il existe également, dans la communauté scientifique, un nombre important de chercheurs qui sont convaincus qu'il faut prendre au sérieux les risques associés aux technologies et qui estiment que, si les chercheurs d'une part, et les applications sociales de la science d'autre part, sont par construction liés à des idéologies, des croyances et/ou des intérêts, la démarche scientifique doit, elle, s'efforcer de rester aussi indépendante que possible pour jouer pleinement son rôle dans la société.
Pour en savoir plus
vendredi 26 octobre 2012
Les zones humides françaises toujours à la peine
Une enquête nationale à dire d'experts montre que la moitié des zones
humides de métropole et d'outre-mer s'est dégradée entre 2000 et 2010.
L'urbanisation, le drainage et l'intensification agricole, la déprise agricole, l'abandon de l'entretien, les événements climatiques exceptionnels et la prolifération d'espèces envahissantes (3 % des sites de métropole en sont dépourvus) ont participé à la perte de surfaces et à la dégradation de l'état de conservation des milieux humides.
L'urbanisation, le drainage et l'intensification agricole, la déprise agricole, l'abandon de l'entretien, les événements climatiques exceptionnels et la prolifération d'espèces envahissantes (3 % des sites de métropole en sont dépourvus) ont participé à la perte de surfaces et à la dégradation de l'état de conservation des milieux humides.
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