mardi 5 juillet 2011

A méditer

Près de sept milliards d’humains sur une planète qui dispose de ressources pour en accueillir durablement, comment en est-on arrivé là ?
Après René Dumont, Yves Cousteau, Claude Lévi-Strauss et quelques autres, une association reprend le flambeau contre la vanité de notre espèce qui s’estime au dessus des lois … de la nature.

http://www.demographie-responsable.org/

vendredi 1 juillet 2011

Méditerranée : la biodiversité menacée malgré les aires protégées

Les aires marines protégées ne suffiront pas à écarter toute menace sur la biodiversité remarquable de la Méditerranée. Voici la conclusion d’une étude internationale impliquant notamment le CNRS, l’IRD, l’Ifremer et l’université de Montpellier 2.
Les aires marines protégées (AMP) ont été développées en Méditerranée à partir des années 1960. Cette mer constitue un “point chaud” de biodiversité : elle représente moins de 1% de la surface des océans du monde, mais abrite 4 à 18% des espèces marines. Or plusieurs menaces se conjuguent: une très forte pression de pêche, une pollution croissante et une température moyenne qui devrait augmenter considérablement lors des prochaines décennies.
Les AMP ne couvrent pour l’heure que 0,4% de la Méditerranée, soit un peu moins de 10000 km2, et ont été créées “sans véritable stratégie à grande échelle”, selon les conclusions de l’étude (d’autres zones protégées existent par ailleurs, comme le sanctuaire marin Pelagos, qui couvre 87500 km2 à lui seul sur les zones française, italienne, monégasque et internationale, et qui vise à protéger notamment baleines, dauphins et tortues). Et si ces aires peuvent s’avérer efficaces pour protéger les poissons, “certaines zones de forte biodiversité en tortues et mammifères marins, localisées notamment en Afrique du Nord et à l’extrémité est du bassin méditerranéen, doivent faire l’objet d’une attention plus particulière” — façon de dire que la situation n’y est guère brillante.
Les chercheurs appellent à augmenter les surfaces protégées en mer Méditerranée afin d’en préserver la richesse : “Ce travail suggère une gestion de la biodiversité qui dépasse le cadre des politiques nationales et les contraintes historiques.”

jeudi 16 juin 2011

Guillaume Sellier nommé directeur du parc national de Port-Cros


Par arrêté de la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement en date du 10 mai 2011, M. Guillaume SELLIER, administrateur en chef des affaires maritimes, est nommé directeur de l’Etablissement public du Parc national de Port-Cros à compter du 1er juillet 2011. (Arrêté du 10 mai 2011 # NOR DEVL1109785A)
Agé de 44 ans cet officier de la marine a été formé à l'école d'administration des affaires affaires maritimes de Bordeaux. Il est diplômé de l'institut d'études politiques de Grenoble et de l'université Grenoble I Joseph Fourier (sciences technologiques et physique).
Ses précédentes missions lui ont permis d'exprimer son souci de concilier des objectifs multiples, lors de la mise en oeuvre des politiques relatives à la navigation, à la pêche maritime, à la gestion des affaires portuaires, à la protection des espaces maritimes et littoraux, à la gestion du domaine public maritime ainsi qu’à la sauvegarde de la qualité de l’eau, de la faune et de la flore.
C'est un homme de concertation, habitué à travailler en lien avec les élus, les usagers et les autres administrations sous l'autorité du préfet de région, du préfet de département et du préfet maritime.
Sa volonté de soutenir les actions de développement durable s'est pleinement exprimée dans des contextes pluridisciplinaires . Il a déjà collaboré avec les équipe du parc national de Port-Cros, notamment lors de la mise en place des sites Natura 2000 littoraux et Natura 2000 en Mer, sur l'île de Porquerolles. Il a également mis en place depuis 2008 une coordination des polices en mer dont le volet environnement maritime a été lancé le 1er janvier 2010.
Sa connaissance du contexte technique, juridique, socioprofessionnel et politique liée aux questions maritimes et littorales, son intérêt pour les problématiques d’environnement, de développement durable et d’urbanisme seront autant d'atouts appréciés par ses futurs collaborateurs et partenaires.

mercredi 15 juin 2011

La Baie de Somme devient Grand site de France

C’est l’une des plus grandes zones humides de France, inscrite dans le réseau européen Natura 2000 et reconnue à l’échelle internationale par la Convention de Ramsar, qui accueille des milliers d’oiseaux sédentaires ou lors de leur escale migratoire. Mais c’est aussi un ensemble de paysages variés qui englobe deux grands sites classés sur plus de 12 000 hectares, pour moitié terrestres et pour moitié maritimes : le massif dunaire du Marquenterre au nord de la baie, la Pointe du Hourdel et le cap Hornu au sud. Le territoire concerné par le label est plus vaste : il s’étend sur les 25 communes qui participent au projet du Grand Site de France, sur une superficie d’environ 20 000 hectares.
Le tourisme de nature s’y est fortement développé au cours de la dernière décennie, avec un public nombreux venu du nord de l’Europe et de la région parisienne. Les visiteurs sont particulièrement attirés par la richesse écologique -en particulier la colonie de phoques veaux marins que l’on peut observer à la pointe du Hourdel- mais aussi par la réserve naturelle de la Baie de Somme et le Parc du Marquenterre, ou les possibilités qu’offre la découverte de la nature accompagnée par des guides spécialisés.
Bientôt destination « écomobile », la Baie de Somme peut être parcourue sans voiture : à vélo grâce à un réseau de voies cyclables de 200 km, et en train à bord d’une micheline à vapeur qui emmène les voyageurs aux deux extrémités de la baie d’avril à septembre.
Les collectivités territoriales et l’Etat unissent leurs efforts depuis près de trente ans pour restaurer le site, le préserver des aléas des tempêtes ou prévenir son envasement. Ils assurent la conservation de zones humides particulièrement fragiles, mais s’attachent aussi à maintenir des activités traditionnelles vivantes telles que les moules de bouchot ou l’élevage ovin. C’est pour reconnaître la qualité de cette gestion au sens d’un développement durable que le label a été attribué au Syndicat mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard, qui anime le projet avec l’appui de la Région Picardie, du Département de la Somme, du Conservatoire du Littoral et des services de l’Etat.
Le label Grand site de France est désormais inscrit au code de l’environnement, depuis l’adoption de la loi « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010. Il reconnaît à la fois la grande valeur patrimoniale du site, la qualité de son entretien et l’intérêt du projet de préservation, de gestion et de mise en valeur proposé pour l’avenir.
Neuf sites autres ont été labellisés Grand Site de France depuis 2004 : l’Aven d’Orgnac, la Sainte-Victoire, la Pointe du Raz, le Pont du Gard, Bibracte Mont-Beuvray, le Puy de Dôme, le Marais Poitevin, Saint-Guilhem-le-Désert, Gorges de l’Hérault et les Deux Caps Gris-Nez Blanc-Nez.

L’avion solaire a atterri au Bourget

L’avion solaire HB-SIA, piloté par André Borschberg, a atterri dans la capitale au surnom symbolique et prémonitoire : Paris, la Ville Lumière, à 21 heures 15, au terme d’un vol de 16 heures 05 minutes.
Approche parfaite, majestueuse et silencieuse ; le HB-SIA a touché le sol en douceur, et lentement roulé en ralentissant progressivement jusqu’à ce que les membres de l’équipe à terre n’attrapent les extrémités de ses ailes – à la main – pour éviter qu’il ne se couche sur le flanc ; une manœuvre entraînée à de nombreuses reprises à Payerne, ou le HB-SIA est basé.
Fatigué mais en pleine forme, le pilote André Borschberg s’est péniblement extrait de l’étroit cockpit en étirant ses membres engourdis avant de raconter à tous les micros tendus vers lui à quel point il était content d’atterrir à l’aéroport du Bourget au terme d’un vol serein et splendide, d’autant plus que celui-ci fait suite à une tentative avortée samedi passé.
Visiblement ému, Bertrand Piccard, le Président et co-fondateur de Solar Impulse, a tenu à rappeler que cela fait 102 ans que le Salon du Bourget présente des prototypes révolutionnaires au public, et qu’aujourd’hui, c’est une grande satisfaction pour Solar Impulse d’y être accueilli en tant qu’invité spécial ; c’est un magnifique symbole pour une aviation qui doit impérativement s’orienter vers des solutions moins polluantes.
La distance qui sépare l’aéroport de Zaventem (Bruxelles) de celui de Paris – Le Bourget est de 158 milles, soit 293 kilomètres. Une distance relativement courte, que le HB-SIA a franchi en quelques heures ; or, André Borschberg a par la suite dû patienter jusqu’à 21h00 en raison notamment du trafic aérien et de la météo. Il l’a fait sereinement, slalomant entre les formations nuageuses avant de mettre enfin le cap sur la piste no 21.
C’est désormais un nouveau chapitre qui s’ouvre : celui du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace de Paris-Le Bourget, où Solar Impulse sera présenté aux côtés des géants mondiaux de l’aviation. Solar Impulse est le premier avion sans carburant de l’histoire capable de voler de jour comme de nuit, et le symbole d’une ère nouvelle.

mardi 17 mai 2011

Bruxelles veut stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 10 ans

L’Union européenne s’est donné une mission : stopper net la perte de biodiversité en Europe d’ici à 2020. Et même, d’ici à 2050, restaurer peu à peu ce « capital naturel » : un capital car, au-delà de sa valeur intrinsèque, c’est la valeur économique de la nature qui, de plus en plus, motive sa préservation. La plupart des activités humaines sont dépendantes des écosystèmes qui nous rendent, dit la Commission européenne, un tas de « services », de l’eau à l’alimentation en passant par une fonction non négligeable : la « récréation ».

L’objectif décennal est ambitieux. Surtout quand on sait, selon la Commission toujours, que le rythme d’extinction des espèces est aujourd’hui de 100 à 1000 fois supérieur au taux normal, et ce en grande partie à cause des activités humaines. Selon la liste rouge de l’UICN, 38% des animaux de la planète sont menacés de disparition. En Europe, on s’en sort un peu mieux, mais le bilan n’est pas non plus glorieux : un quart des espèces sont menacées. Et les politiques actuelles de protection de la biodiversité ne portent pas assez leurs fruits : 90% des écosystèmes et plus de 80% des habitats et des espèces protégés en UE sont en mauvais état.

Six objectifs
* Mieux protéger les oiseaux et les milieux naturels. L’ambition : arriver en 2020 avec notamment 50% de plus d’espèces volatiles et deux fois plus d’habitats préservés.
* Restaurer 15% des écosystèmes dégradés. Une solution serait d’aménager des corridors de nature pour relier les zones protégées, et étoffer des milieux naturels à l’étroit entre les routes et les immeubles.
* Intégrer, dans la révision de la PAC (Politique agricole commune) et dans la politique forestière, des critères pour rendre ces activités plus vertes et plus durables.
* Réduire les captures de pêche en introduisant des quotas, selon l’âge des poissons et la taille de leur population. Aujourd’hui, 88% des réserves halieutiques de l’UE sont surexploitées.
* Lutter contre les espèces exotiques invasives, sans hésiter à éradiquer celles identifiées comme les plus redoutables. En UE, ces espèces menacent presque un quart des plantes indigènes, et coûtent 12,5 milliards d’euros de dommages par an.
* Augmenter la contribution de l’UE à la lutte contre l’érosion de la biodiversité dans le monde.

« Pas de mesures contraignantes »
Autant de grands objectifs, chiffrés pour certains... « Mais on reste globalement dans une déclaration d’intention, sans mesure concrète ni contraignante, » réagit Sandrine Bélier, députée européenne EELV, visiblement déçue par la nouvelle feuille de route de l’UE. En fait, selon elle, cette stratégie pêche par manque de maturité : on est resté au même stade que lors du Sommet de Nagoya sur la biodiversité, en octobre 2010, qui avait déjà dicté certains de ces objectifs noir sur blanc. Aujourd’hui, l’heure est – ou du moins devrait être - à envisager les moyens pour les mettre en oeuvre : « Au lieu de recommander des critères de durabilité dans la PAC, pourquoi ne pas dire, aujourd’hui, quels sont précisément ces critères et comment les appliquer ? Pourquoi ne pas proposer, par exemple, de supprimer les aides au développement régional dans les pays qui ne respectent pas les zones Natura 2000 ? »

Ces 25 000 zones Natura 2000 – qui couvrent 18% des terres de l’UE - sont l’une des principales avancées de la précédente feuille de route 2001-2010. Mais, selon la députée, leur mise en œuvre est loin d’être réglée partout. Plus généralement, les derniers objectifs de l’UE ont largement démontré leur inefficacité. Constat d’échec de la Commission européenne dans son bilan 2010 : « L’objectif d’enrayer la perte de biodiversité en Europe d’ici à 2010 n’a pas été atteint. En outre, il est estimé que les services écosystémiques en Europe sont dans un état inégal ou dégradé, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent plus offrir la qualité et la quantité de services de base telles que la pollinisation des cultures et la propreté de l’air et de l’eau. » Espérons que dans 10 ans, le bilan sera moins sévère.

lundi 2 mai 2011

Comment nourrir 9 milliard d'hommes?

Dans les principaux soucis que va devoir affronter l'Humanité dans les décennies à venir, celui de son alimentation semble un des moins inquiétants. En effet, l'Occident ayant résolu le problème, pour ce qui la concerne depuis 60 ans, il apparaît bien irréaliste de voir le spectre des famines revenir nous importuner. Mais ne faut-il pas douter sur cette question?

1-L'alimentation de 9 milliard d'hommes, où est le problème?
Et pourtant, à l'échelle de la planète, il paraît bien nécessaire de se préoccuper du problème. Nous allons être plus de 9 milliard en 2050. Avons-nous la capacité de les nourrir?

2-Des raisons d'espérer:
D'abord parce que les experts ont cependant raison de dire que la productivité de nombreuses terres peut encore s'améliorer dans de nombreuses régions du monde.
Ensuite parce que les humains sont réactifs et imaginatifs : ils vont donc trouver d'autres solutions. Parmi celles-ci, je voulais attirer l'attention du lecteur sur deux pistes ayant, à mon avis, le potentiel le plus important.

D'abord parlons de l'agriculture en villes : je ne crois guère aux cultures hypotoniques dans des tours qui me semble des élucubrations coûteuses d'architectes recherchant la notoriété. Je crois bien davantage à la possibilité de cultiver, dans les interstices urbains, au plus prés des populations, des légumes et des fruits, sur d'anciennes friches urbaines, sur les balcons mais, à l'avenir aussi, sur les toits. Cette dernière possibilité semble la plus intéressante : la surface des toits est énorme et va continuer à augmenter. Elle n'est pas valorisée, et pourtant 30 centimètres de terres permettent de cultiver des légumes tout en assurant une isolation thermique aux habitations situées en dessous et favorisent la récupération de l'eau de pluie.
Située à proximité des populations, cette production locale a d'autres avantages: des coûts de transport nuls, la création d'emplois de voisinage, l'amélioration des liens sociaux.

La deuxième piste est moins connue mais elle me semble cruciale pour l'avenir de l'alimentation de l'Humanité. Tous ceux qui ont fait de la biologie végétale dans leurs études savent que les plantes ont besoin de sels minéraux pour grandir. Dans l'agriculture intensive, ces sels minéraux sont apportés par les engrais. Mais cette méthode a ses limites : lessivés par les pluies, l'engrais disparaît. Les apports doivent être renouvelés ce qui est coûteux et le sera de plus en plus.
La matière organique, elle, composée de molécules plus complexes ne risque pas d'être lessivée par les pluies, elle offre donc davantage de stabilité tout en renfermant les mêmes sels minéraux nécessaires aux plantes. Cet humus doit être alimenté par des matières organiques. Depuis longtemps, l'homme utilise le fumier des animaux pour cela.
Mais il ne peut suffire aux besoins croissants de l'agriculture humaine. Or, tous les hommes de cette Terre produisent des matière organiques inutilisées et polluantes. Ils la produisent sous deux formes : des déchets de cuisine et du papier que l'on jettent dans les poubelles d'une part, nos selles et nos urines que nous évacuons sous la forme d'eaux usés d'autre part.
Le traitement de ces déchets organiques nous le payons très cher, sans arriver à régler le problème de la pollution des eaux et du sol.
Or, nous pouvons récupérer cette matière organique précieuse pour l'agriculture. Pour les déchets ménagers et pour les selles (toilettes sèches) par l'utilisation de composteurs qui permettent de récupérer et de recycler ces matières. Pour les eaux usés par l'assainissement écologique qui, grâce aux plantes organisées dans un système de filtres biologiques, autorise la récupération et la phytoépuration des eaux souillées.

Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer

Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...