mercredi 28 août 2019

Disparition des abeilles : comment l’Europe a renoncé à enrayer leur déclin

Depuis l’introduction des insecticides néonicotinoïdes, il y a moins de trente ans, les trois quarts des populations d’insectes volants ont disparu. Cet été, l’Union européenne a renoncé à protéger rapidement ces pollinisateurs.

Il n’y aura pas de répit pour les abeilles. L’Union européenne a décidé de passer outre l’avis de ses propres experts, et de la communauté scientifique au sens large, dans la protection de ces insectes. Après six années d’atermoiements, l’un de ses comités techniques a adopté au cœur de l’été, le 17 juillet, un texte réglementaire parmi les plus lourds de ­conséquences pour l’avenir de la biodiversité sur le Vieux Continent.
Le texte en question – une mise à jour des principes d’évaluation des effets des pesticides sur les abeilles – fait l’impasse sur l’essentiel des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’agence d’expertise officielle de l’Union. L’écrasante majorité des mesures proposées par l’agence sont renvoyées à un examen ultérieur, au mieux, après l’été 2021. Et ce, alors que l’EFSA fait savoir depuis le printemps 2012 que les tests réglementaires actuels ne protègent pas les abeilles et les pollinisateurs sauvages (bourdons, abeilles solitaires, papillons, etc.). Interdits depuis fin 2018 en Europe, les trois principaux insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) pourraient ainsi être remplacés par des produits aussi problématiques.

Nouvelles générations de pesticides systémiques

Ce nouveau report d’au moins deux ans dans l’adoption de nouveaux « tests abeilles » intervient alors que les études soulignant l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs succèdent aux alertes du monde apicole. La plus marquante de ces études, publiée en octobre 2017 dans la revue PLoS One, suggère que la biomasse d’insectes volants a chuté de plus de 75 % entre 1989 et 2016 dans une soixantaine de zones protégées d’Allemagne. Avec un pic à plus de 80 % de déclin lorsque la mesure est faite au cœur de l’été.

mardi 9 juillet 2019

Pesticides dans l’air, comment les mesurer ?

Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, comme les composés azotés ou les pesticides. Ces microparticules peuvent avoir des conséquences sur la santé et l’environnement, et leur quantification est cruciale pour élaborer des plans d’action. Le projet PREPARE, auquel participe Irstea, a pour but d’élaborer de protocoles de mesures des émissions de pesticides.
En France, quatre secteurs sont principalement à l’origine des émissions de particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, dans l’ordre décroissant : le secteur résidentiel et tertiaire (le chauffage et brûlage des déchets), les activités agricoles, l’industrie manufacturière et le transport routier. Les particules sont accusées d’être à l’origine ou d’aggraver de nombreuses pathologies dont les maladies respiratoires et cardiovasculaires ainsi que le cancer du poumon (OMS) Elles peuvent également perturber les écosystèmes terrestres et aquatiques, et contribuent au changement climatique. La quantification de chaque type de particule et leur origine est cruciale pour élaborer des politiques et des recommandations en matière de qualité de l’air et pour mettre en place des leviers d’action pour réduire leur concentration.

Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, principalement sous la forme de composés azotés – notamment ammoniac et oxydes d’azote – et de pesticides. La surveillance des résidus de pesticides dans l’air au niveau national est une priorité du plan d’action gouvernemental sur les produits phytopharmaceutiques.

Dans ce contexte, le projet PREPARE mené par l’INRA (UMR Ecosys), Irstea (UMR ITAP), et l’Université de Wageningen aux Pays-Bas (WUR), et financé par l’ADEME, a pour but d’élaborer de protocoles standards de mesures au champ des émissions de pesticides vers l’atmosphère en lien avec les activités agricoles

Une partie des pesticides se disperse dans l’air

Schema pulverisation pesticides
Schéma représentant les pertes de pesticides dans l'environnement
Les scientifiques d’Irstea ont mesuré des pertes de 15 à 40% dans l’air lors de l’application des produits phytosanitaires en vigne, en fonction des produits et du matériel utilisés, des conditions météorologiques (vent, conditions atmosphériques…) et du type de cultures. Deux phénomènes principaux sont responsables des pertes de pesticides vers l’atmosphère : la dispersion des gouttelettes de pulvérisation pendant l’application et la volatilisation depuis la surface traitée. « Une fraction de la bouillie qui est appliquée ne tombe pas sur la cible et est transportée par le vent au moment de l’application: c’est ce qu’on appelle la dérive, explique Jean-Paul Douzals, chercheur dans l’unité ITAP d’Irstea. De plus, un certain nombre de produits phytosanitaires ont la propriété de se volatiliser une fois appliqués sur les plantes ou le sol et donc de se disperser dans l’atmosphère : c’est la volatilisation. Le projet PREPARE a rassemblé une vingtaine d’experts internationaux à Montpellier durant deux jours pour réfléchir collectivement aux questions de méthodologie et de protocoles de mesure pour ces deux aspects : la dérive et la volatilisation. En effet, il n’existe actuellement pas de méthode normée pour ces mesures et cette problématique intéresse aujourd’hui beaucoup de pays européens. »

Mesurer les pesticides de manière fiable

Si la mesure des pesticides dans l’air s’avère aujourd’hui relativement facile, elle fait face à de nombreuses limitations : il existe peu de données quantifiées, fiables et harmonisées des émissions, certaines pratiques comme l’arboriculture restent peu explorées, et certains processus sont encore mal connus (contributions spatiales et temporelles de chaque phénomène, effet de la formulation). Pour améliorer la situation, le projet PREPARE a pour objectif  de fournir une méthodologie complète, structurée, rigoureuse, qui permette d’accéder à une mesure quantitative, reproductible des émissions de produits phytosanitaires vers l’atmosphère en conditions réelles de traitement.
« Grâce à une étude bibliographique, nous avons mis en évidence les différentes pratiques, les avantages et inconvénients de chaque méthodologie, raconte Jean-Paul Douzals. Ce travail a nourri l’élaboration des protocoles, et la réflexion sur la meilleure manière de faire ces mesures en tenant compte des différentes contraintes, notamment météorologiques et de matériel. Les protocoles seront accessibles dans le courant de l’été, et nous réfléchissons à les mettre rapidement à l’épreuve de la pratique. »

Des outils pour une pulvérisation performante
Pour réduire les produits phytosanitaires et leurs impacts sur l’environnement et la santé, le choix et le réglage des appareils de pulvérisation est un élément déterminant. En effet, en appliquant la bonne dose de produit, au bon endroit, le risque de dérive et dispersion des produits dans l’environnement est maîtrisé. Irstea est expert dans le domaine et développe de nombreux outils et solutions pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.
Le banc d’essai EoleDrift permet de maîtriser les conditions de vent lors des mesures de dérive. Cette standardisation des conditions de mesure offre une meilleure répétabilité des résultats, indispensable pour comparer de manière fiable les performances des pulvérisateurs testés. Tout type de pulvérisateurs peut être évalué sur le banc d’essai grâce à une vigne artificielle dont les stades de développement (début, milieu et pleine végétation) et la distance entre rangs, sont modifiables. Objectifs : identifier les matériels les plus performants pour aider les viticulteurs dans leurs choix mais aussi produire des données en appui aux décideurs publics (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, ANSES…).

Pulveco® est un outil numérique destiné aux viticulteurs, développé par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et Irstea. Il propose d’aider les viticulteurs à ajuster leurs doses de produits phytosanitaires en fonction de la performance de leur pulvérisateur, de leurs pratiques d’utilisation et du stade de la vigne.

Des antibiotiques, des additifs alimentaires et des pesticides ont été détectés pour la première fois en mer

Envie d'une baignade en pleine mer ? Sachez que des antibiotiques, des additifs alimentaires ou encore des pesticides ont été détectés pour la première fois en mer, après avoir été transportés parfois sur de longues distances. C'est le résultat des travaux de chercheurs réunis autour du programme européen Jerico-Next, coordonné par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).
"C'est la première fois qu'on montre que l'activité humaine se retrouve dans les eaux côtières, mais aussi plus au large", a déclaré à l'AFP Laurent Delauney, l'un des coordinateurs du programme, vendredi 5 juillet. Cette découverte a été rendue possible par la mise en place d'outils de mesure beaucoup plus précis que ceux existants jusqu'à présent pour surveiller les eaux côtières.
Certains antibiotiques, herbicides, hydrocarbures ou additifs alimentaires, comme de l'édulcorant, provenant de boissons allégées en sucre notamment, ont été retrouvés en mer Baltique et mer de Norvège, mais aussi en mer du Nord.

jeudi 27 juin 2019

Pesticides : le Conseil d'Etat annule partiellement l'arrêté encadrant l'épandage

Le Conseil d'Etat annule l'arrêté réglementant l'utilisation des pesticides. La Haute juridiction a jugé insuffisantes quatre dispositions destinées à protéger l'environnement et la santé, et notamment celle des riverains.
Ce mercredi 26 juin, le Conseil d'Etat a partiellement annulé l'arrêté du 4 mai 2017 réglementant l'utilisation des pesticides, "au motif que ces dispositions ne protégeaient pas suffisamment la santé publique et l'environnement", annonce la haute juridiction. Le Conseil d'Etat annule quatre dispositions du texte et "enjoint [aux ministres concernés] de prendre les mesures réglementaires impliquées par [sa] décision dans un délai de six mois". A noter que le Conseil d'Etat ne retient pas le principe de non-regression dans sa décision.
L'arrêté attaqué fixe les conditions générales d'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants. Il précise aussi les conditions particulières destinées à limiter les pollutions ponctuelles et à protéger les points d'eau par l'établissement de zones non traitées.
Mieux protéger les riverains des zones agricoles
Fin 2017, Générations Futures et Eau et rivières de Bretagne avaient demandé l'annulation du texte pour excès de pouvoir. Les associations estimaient que le texte ne protégeait pas assez la santé publique et l'environnement. Dans sa décision, le Conseil d'Etat leur donne partiellement raison et demande l'annulation de quatre mesures jugées insuffisantes.
Le Conseil d'Etat constate que le texte ne prévoit aucune mesure pour protéger l'ensemble des riverains des zones agricoles. "Les mesures de protection existantes ne [portent] que sur certains lieux fréquentés par des personnes vulnérables, tels les aires de jeu destinées aux enfants en bas âge, les établissements de santé, les maisons de retraite et les espaces de loisirs ouverts au public", explique-t-il. Tous les riverains des zones traitées "doivent pourtant être regardés comme des « habitants fortement exposés aux pesticides sur le long terme »". Ces dispositions sont donc annulées.
Ensuite, la haute juridiction explique que la protection des cours d'eau est limitée à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques par pulvérisation ou poudrage. L'arrêté n'aborde pas l'épandage de granulés ou l'injection de produits dans les sols, deux méthodes "également susceptibles d'induire un risque de pollution, notamment par ruissellement, des eaux de surface". Le Conseil d'Etat annule donc ces dispositions.
Le troisième manquement concerne les périodes pendant lesquelles il est interdit de pénétrer dans les zones où ont été utilisés des pesticides. Ces "délais d'entrée" sont limités aux seuls cas où ces produits sont utilisés sur une végétation en place. "L'arrêté attaqué ne prévoit aucun délai dans les cas où ces produits ont été utilisés (…) sur des sols vierges de végétation", constate le Conseil d'Etat, ajoutant qu'"il ressort toutefois (…) que la santé des travailleurs agricoles et des personnes pouvant accéder à des zones récemment traitées est également susceptible d'être affectée". Le Conseil d'Etat impose donc la suppression de la mention "sur une végétation en place".
Enfin, le Conseil d'Etat critique un quatrième point : l'arrêté "ne prévoit [pas] de mesures précises d'interdiction ou de limitation de l'utilisation de produits phytopharmaceutiques destinées à éviter ou réduire le risque de pollution par ruissellement en cas de forte pluviosité". L'article 2 de l'arrêté est donc annulé.

mercredi 26 juin 2019

Miel : Bayer attaqué sur le glyphosate

Un syndicat d'apiculteurs a porté plainte contre Bayer après la découverte de traces de glyphosate dans des fûts de miel. Il ne s'agit pas d'un cas isolé.
Le rachat de Monsanto est à peine bouclé que Bayer se voit attaquer sur le glyphosate. Jeudi, le syndicat apicole de l'Aisne a porté plainte contre le géant allemand, après la découverte de traces de l'herbicide dans la production de l'un de ses adhérents.
Cet apiculteur, qui habite près d'une zone de grandes cultures (colza, betteraves, tournesol), près de Laon, s'est vu refuser trois fûts de miel toutes fleurs, d'un poids total de 900 kg, par le groupe Michaud, le plus gros vendeur de miel en France.

Un taux de contamination de 12 %

Le propriétaire de la marque Lune de miel avait détecté du glyphosate à hauteur de 16 ppb (parties par milliards), a révélé « Le Parisien ». La réglementation européenne fixe une limite maximale de 50 ppb (parties par milliards) mais le groupe n'accepte pas de miel à plus de 10 ppb.
« Notre politique qualité est plus exigeante, car nous considérons que le miel doit rester un produit 100 % pur et naturel », a fait valoir le PDG du groupe, Vincent Michaud, à l'AFP. Il ne s'agit pas d'un cas isolé, selon la société. Sur la récolte 2018, le taux de contamination au glyphosate des lots fournis en France au groupe Michaud était de 12 %.

Frelon, acarien, néonicotinoïdes

Ce coup dur intervient alors que  la profession connaît des hivers difficiles avec une mortalité moyenne des abeilles de 30 %. « En Bretagne, certains apiculteurs ont perdu de 70 à 80 % de leur population », explique aux « Echos » Gilles Lanio, le président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).
La profession,  qui a interpellé Emmanuel Macron jeudi , est victime du frelon asiatique, du varroa, un acarien parasite, et surtout des néonicotinoïdes, ces insecticides utilisés pour enrober les semences, qui perturbent le système nerveux des abeilles.  Ces produits seront interdits en France à partir de septembre 2018 , mais la possibilité d'obtenir des dérogations inquiète beaucoup la filière.

Une production divisée par trois

La production française de miel a été divisée par trois en l'espace de vingt-cinq ans pour tomber à 10.000 tonnes par an. Dans le même temps, les importations se sont envolées, les Français continuant d'en consommer 40.000 tonnes chaque année. La Chine est le premier fournisseur de la France, suivi de l'Espagne et de l'Ukraine. Quelle est la qualité écologique de ces produits sachant que les mélanges et reconditionnement, avant réexportations, sont courants sur ce marché ? On peut se poser la question.
En 2015, une étude menée à la demande du ministère de l'Agriculture soulignait que les origines géographiques mentionnées ne permettaient pas de déduire l'origine réelle des miels vendus en France. Reste qu'un miel chinois se vend à 1,6 euro le kilo en prix d'import contre un coût deux à trois fois plus élevé en France. De quoi pousser aux mélanges pour baisser les prix.



mercredi 19 juin 2019

Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

Associé notamment à des déficits de QI chez l’enfant, l’insecticide est toujours autorisé malgré des études scientifiques accablantes. Son processus de renouvellement dans l’UE arrive à son terme.

C’est une famille de pesticides qui vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant européen. Son principal représentant, comme beaucoup de produits chimiques, porte un nom compliqué qui lui garantit le confort d’un certain anonymat. Pourtant, il contamine notre vie quotidienne. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.
Au fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière irréversible.
Les éléments scientifiques sont désormais si accablants que, d’après les informations du Monde, la Commission européenne s’apprête à proposer son retrait du marché. Or, notre enquête démontre que les autorités ont mis près de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant. Des données qui, de plus, étaient erronées.
Huit pays européens n’autorisent pas, ou plus, le chlorpyrifos pour un usage agricole. Depuis 2016, la France ne permet plus qu’une exception pour les épinards. Une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a conclu à une absence d’effets nocifs dans les conditions d’usage. Mais l’exposition à l’insecticide ne s’arrête pas aux frontières : elle perdure par le biais des produits importés.

jeudi 6 juin 2019

« Il faut stopper au plus vite l’usage des pesticides »

Un collectif de chercheurs dénonce dans une tribune au « Monde » l’incapacité des experts en toxicologie à protéger la nature et l’homme. Selon eux, on en sait assez pour interdire ces substances dès maintenant.

La tribune intitulée « Sur l’impact des pesticides, la recherche scientifique doit éclairer la décision publique » (Le Monde du 17 mai) rappelle l’angoissante perspective vers laquelle nous entraîne l’usage sans cesse croissant de ces substances. Depuis le constat de la chute des populations d’insectes pollinisateurs jusqu’aux données jugées probantes en termes d’impact sur la santé humaine, elle souligne la gravité du problème. Simultanément à ce constat, elle se fait l’avocate d’un financement d’études jugées nécessaires pour « éclairer » une éventuelle décision d’interdire l’usage des pesticides.
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Pourtant, en dépit d’un tel constat, le texte ne mentionne nulle part la ­nécessité de l’arrêt urgent de l’utilisation massive des pesticides. L’urgence découle des dégâts déjà constatés à ce jour sur la faune et la biodiversité. Pour l’homme, au regard des incertitudes concernant les mécanismes d’action des pesticides ou les conséquences de lentes imprégnations par ceux-ci, les réponses pourraient bien n’être là que dans dix, vingt ans ou plus. Les cancers reconnus en justice comme liés à l’utilisation du Roundup se sont par exemple révélés trente ­années ou plus (en 2011 et 2015) après le début de l’exposition (1982).
Le temps représente un enjeu décisif avec lequel les firmes de l’agrochimie jouent pour commercialiser des pesticides, qui, du fait de leur toxicité, sont retirés les uns après les autres pour y substituer d’autres molécules, ou des mélanges variés, ouvrant à de nouvelles études… et de nouveaux profits. La course est sans fin entre les firmes, les agences de sécurité, les chercheurs toxicologues, et les politiques qui n’ont pas, le plus souvent, les connaissances pour discerner le vrai du faux. Un fongicide, comme l’époxiconazole, mis en cause en 2013, enfin retiré par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) le 28 mai, est déjà remplacé par une molécule sœur !

Ces poissons aux dents capables de couper le métal envahissent la Méditerranée : les pêcheurs sont désormais payés pour les capturer

Une mâchoire capable de sectionner du métal, une chair mortelle sans antidote connu, et des attaques déjà recensées sur des baigneurs : le p...