Depuis l’introduction des insecticides néonicotinoïdes, il y a moins de
trente ans, les trois quarts des populations d’insectes volants ont
disparu. Cet été, l’Union européenne a renoncé à protéger rapidement ces
pollinisateurs.
Il n’y aura pas de répit pour les
abeilles. L’Union européenne a décidé de passer outre l’avis de ses
propres experts, et de la communauté scientifique au sens large, dans la
protection de ces insectes. Après six années d’atermoiements, l’un de
ses comités techniques a adopté au cœur de l’été, le 17 juillet, un
texte réglementaire parmi les plus lourds de conséquences pour l’avenir
de la biodiversité sur le Vieux Continent.
Le
texte en question – une mise à jour des principes d’évaluation des
effets des pesticides sur les abeilles – fait l’impasse sur l’essentiel
des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments
(EFSA), l’agence d’expertise officielle de l’Union. L’écrasante majorité
des mesures proposées par l’agence sont renvoyées à un examen
ultérieur, au mieux, après l’été 2021. Et ce, alors que l’EFSA fait
savoir depuis le printemps 2012 que les tests réglementaires actuels ne
protègent pas les abeilles et les pollinisateurs sauvages (bourdons,
abeilles solitaires, papillons, etc.). Interdits depuis fin 2018 en
Europe, les trois principaux insecticides néonicotinoïdes
(imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) pourraient ainsi être
remplacés par des produits aussi problématiques.
Nouvelles générations de pesticides systémiques
Ce
nouveau report d’au moins deux ans dans l’adoption de nouveaux « tests
abeilles » intervient alors que les études soulignant l’effondrement des
populations d’insectes pollinisateurs succèdent aux alertes du monde
apicole. La plus marquante de ces études, publiée en octobre 2017 dans la revue PLoS One,
suggère que la biomasse d’insectes volants a chuté de plus de 75 %
entre 1989 et 2016 dans une soixantaine de zones protégées d’Allemagne.
Avec un pic à plus de 80 % de déclin lorsque la mesure est faite au cœur
de l’été.
Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions
françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, comme
les composés azotés ou les pesticides. Ces microparticules peuvent avoir
des conséquences sur la santé et l’environnement, et leur
quantification est cruciale pour élaborer des plans d’action. Le projet
PREPARE, auquel participe Irstea, a pour but d’élaborer de protocoles de
mesures des émissions de pesticides.
En France, quatre secteurs sont principalement à l’origine des émissions
de particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, dans
l’ordre décroissant : le secteur résidentiel et tertiaire (le chauffage
et brûlage des déchets), les activités agricoles, l’industrie
manufacturière et le transport routier. Les particules sont accusées
d’être à l’origine ou d’aggraver de nombreuses pathologies dont les
maladies respiratoires et cardiovasculaires ainsi que le cancer du
poumon (OMS) Elles peuvent également perturber les écosystèmes
terrestres et aquatiques, et contribuent au changement climatique. La
quantification de chaque type de particule et leur origine est cruciale
pour élaborer des politiques et des recommandations en matière de
qualité de l’air et pour mettre en place des leviers d’action pour
réduire leur concentration.
Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions
françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres,
principalement sous la forme de composés azotés – notamment ammoniac et
oxydes d’azote – et de pesticides. La surveillance des résidus de
pesticides dans l’air au niveau national est une priorité du plan d’action gouvernemental sur les produits phytopharmaceutiques.
Dans ce contexte, le projet PREPARE mené par l’INRA (UMR Ecosys), Irstea
(UMR ITAP), et l’Université de Wageningen aux Pays-Bas (WUR), et
financé par l’ADEME, a pour but d’élaborer de protocoles standards de
mesures au champ des émissions de pesticides vers l’atmosphère en lien
avec les activités agricoles
Une partie des pesticides se disperse dans l’air
Schéma représentant les pertes de pesticides dans l'environnementLes
scientifiques d’Irstea ont mesuré des pertes de 15 à 40% dans l’air
lors de l’application des produits phytosanitaires en vigne, en fonction
des produits et du matériel utilisés, des conditions météorologiques
(vent, conditions atmosphériques…) et du type de cultures. Deux
phénomènes principaux sont responsables des pertes de pesticides vers
l’atmosphère : la dispersion des gouttelettes de pulvérisation pendant
l’application et la volatilisation depuis la surface traitée. « Une
fraction de la bouillie qui est appliquée ne tombe pas sur la cible et
est transportée par le vent au moment de l’application: c’est ce qu’on
appelle la dérive, explique Jean-Paul Douzals, chercheur dans l’unité ITAP d’Irstea. De
plus, un certain nombre de produits phytosanitaires ont la propriété de
se volatiliser une fois appliqués sur les plantes ou le sol et donc de
se disperser dans l’atmosphère : c’est la volatilisation. Le projet
PREPARE a rassemblé une vingtaine d’experts internationaux à Montpellier
durant deux jours pour réfléchir collectivement aux questions de
méthodologie et de protocoles de mesure pour ces deux aspects : la
dérive et la volatilisation. En effet, il n’existe actuellement pas de
méthode normée pour ces mesures et cette problématique intéresse
aujourd’hui beaucoup de pays européens. »
Mesurer les pesticides de manière fiable
Si la mesure des pesticides dans l’air s’avère aujourd’hui
relativement facile, elle fait face à de nombreuses limitations : il
existe peu de données quantifiées, fiables et harmonisées des émissions,
certaines pratiques comme l’arboriculture restent peu explorées, et
certains processus sont encore mal connus (contributions spatiales et
temporelles de chaque phénomène, effet de la formulation). Pour
améliorer la situation, le projet PREPARE a pour objectif de fournir
une méthodologie complète, structurée, rigoureuse, qui permette
d’accéder à une mesure quantitative, reproductible des émissions de
produits phytosanitaires vers l’atmosphère en conditions réelles de
traitement. « Grâce à une étude bibliographique, nous avons mis
en évidence les différentes pratiques, les avantages et inconvénients de
chaque méthodologie, raconte Jean-Paul Douzals. Ce travail a
nourri l’élaboration des protocoles, et la réflexion sur la meilleure
manière de faire ces mesures en tenant compte des différentes
contraintes, notamment météorologiques et de matériel. Les protocoles
seront accessibles dans le courant de l’été, et nous réfléchissons à les
mettre rapidement à l’épreuve de la pratique. »
Des outils pour une pulvérisation performante
Pour réduire les produits phytosanitaires et leurs impacts sur
l’environnement et la santé, le choix et le réglage des appareils de
pulvérisation est un élément déterminant. En effet, en appliquant la
bonne dose de produit, au bon endroit, le risque de dérive et dispersion
des produits dans l’environnement est maîtrisé. Irstea est expert dans
le domaine et développe de nombreux outils et solutions pour réduire
l’utilisation des produits phytosanitaires. Le banc d’essai EoleDrift
permet de maîtriser les conditions de vent lors des mesures de dérive.
Cette standardisation des conditions de mesure offre une meilleure
répétabilité des résultats, indispensable pour comparer de manière
fiable les performances des pulvérisateurs testés. Tout type de
pulvérisateurs peut être évalué sur le banc d’essai grâce à une vigne
artificielle dont les stades de développement (début, milieu et pleine
végétation) et la distance entre rangs, sont modifiables. Objectifs :
identifier les matériels les plus performants pour aider les
viticulteurs dans leurs choix mais aussi produire des données en appui
aux décideurs publics (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation,
ANSES…).
Pulveco® est un outil numérique destiné
aux viticulteurs, développé par l’Institut Français de la Vigne et du
Vin (IFV) et Irstea. Il propose d’aider les viticulteurs à ajuster leurs
doses de produits phytosanitaires en fonction de la performance de leur
pulvérisateur, de leurs pratiques d’utilisation et du stade de la
vigne.
Envie d'une baignade en pleine mer ? Sachez que des antibiotiques, des additifs alimentaires ou encore des pesticides
ont été détectés pour la première fois en mer, après avoir été
transportés parfois sur de longues distances. C'est le résultat des
travaux de chercheurs réunis autour du programme européen Jerico-Next,
coordonné par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). "C'est la première fois qu'on montre que l'activité humaine se retrouve dans les eaux côtières, mais aussi plus au large", a déclaré à l'AFP Laurent Delauney, l'un des coordinateurs du programme, vendredi 5 juillet. Cette
découverte a été rendue possible par la mise en place d'outils de
mesure beaucoup plus précis que ceux existants jusqu'à présent pour
surveiller les eaux côtières.
Certains antibiotiques,
herbicides, hydrocarbures ou additifs alimentaires, comme de
l'édulcorant, provenant de boissons allégées en sucre notamment, ont été
retrouvés en mer Baltique et mer de Norvège, mais aussi en mer du Nord.
Le Conseil d'Etat annule l'arrêté réglementant l'utilisation des
pesticides. La Haute juridiction a jugé insuffisantes quatre
dispositions destinées à protéger l'environnement et la santé, et
notamment celle des riverains.
Ce mercredi 26 juin, le Conseil d'Etat a partiellement annulé l'arrêté du 4 mai 2017 réglementant l'utilisation des pesticides, "au motif que ces dispositions ne protégeaient pas suffisamment la santé publique et l'environnement", annonce la haute juridiction. Le Conseil d'Etat annule quatre dispositions du texte et "enjoint [aux ministres concernés] de prendre les mesures réglementaires impliquées par [sa] décision dans un délai de six mois". A noter que le Conseil d'Etat ne retient pas le principe de non-regression dans sa décision.
L'arrêté attaqué fixe les conditions générales d'utilisation des
produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants. Il précise aussi
les conditions particulières destinées à limiter les pollutions
ponctuelles et à protéger les points d'eau par l'établissement de zones
non traitées. Mieux protéger les riverains des zones agricoles
Fin 2017, Générations Futures et Eau et rivières de Bretagne avaient
demandé l'annulation du texte pour excès de pouvoir. Les associations
estimaient que le texte ne protégeait pas assez la santé publique et
l'environnement. Dans sa décision, le Conseil d'Etat leur donne partiellement raison et demande l'annulation de quatre mesures jugées insuffisantes.
Le Conseil d'Etat constate que le texte ne prévoit aucune mesure pour protéger l'ensemble des riverains des zones agricoles. "Les
mesures de protection existantes ne [portent] que sur certains lieux
fréquentés par des personnes vulnérables, tels les aires de jeu
destinées aux enfants en bas âge, les établissements de santé, les
maisons de retraite et les espaces de loisirs ouverts au public", explique-t-il. Tous les riverains des zones traitées "doivent pourtant être regardés comme des « habitants fortement exposés aux pesticides sur le long terme »". Ces dispositions sont donc annulées.
Ensuite, la haute juridiction explique que la protection des cours
d'eau est limitée à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques par
pulvérisation ou poudrage. L'arrêté n'aborde pas l'épandage de granulés
ou l'injection de produits dans les sols, deux méthodes "également susceptibles d'induire un risque de pollution, notamment par ruissellement, des eaux de surface". Le Conseil d'Etat annule donc ces dispositions.
Le troisième manquement concerne les périodes pendant lesquelles il
est interdit de pénétrer dans les zones où ont été utilisés des
pesticides. Ces "délais d'entrée" sont limités aux seuls cas où ces
produits sont utilisés sur une végétation en place. "L'arrêté attaqué ne prévoit aucun délai dans les cas où ces produits ont été utilisés (…) sur des sols vierges de végétation", constate le Conseil d'Etat, ajoutant qu'"il
ressort toutefois (…) que la santé des travailleurs agricoles et des
personnes pouvant accéder à des zones récemment traitées est également
susceptible d'être affectée". Le Conseil d'Etat impose donc la suppression de la mention "sur une végétation en place".
Enfin, le Conseil d'Etat critique un quatrième point : l'arrêté "ne
prévoit [pas] de mesures précises d'interdiction ou de limitation de
l'utilisation de produits phytopharmaceutiques destinées à éviter ou
réduire le risque de pollution par ruissellement en cas de forte
pluviosité". L'article 2 de l'arrêté est donc annulé.
Un syndicat d'apiculteurs a porté plainte contre Bayer après la
découverte de traces de glyphosate dans des fûts de miel. Il ne s'agit
pas d'un cas isolé.
Le rachat de Monsanto est à peine bouclé que Bayer se voit attaquer
sur le glyphosate. Jeudi, le syndicat apicole de l'Aisne a porté plainte
contre le géant allemand, après la découverte de traces de l'herbicide
dans la production de l'un de ses adhérents.
Cet apiculteur, qui
habite près d'une zone de grandes cultures (colza, betteraves,
tournesol), près de Laon, s'est vu refuser trois fûts de miel toutes
fleurs, d'un poids total de 900 kg, par le groupe Michaud, le plus gros
vendeur de miel en France.
Un taux de contamination de 12 %
Le propriétaire de la marque
Lune de miel avait détecté du glyphosate à hauteur de 16 ppb (parties
par milliards), a révélé « Le Parisien ». La réglementation européenne
fixe une limite maximale de 50 ppb (parties par milliards) mais le
groupe n'accepte pas de miel à plus de 10 ppb.
« Notre politique qualité est plus exigeante, car nous considérons que le miel doit rester un produit 100 % pur et naturel »,
a fait valoir le PDG du groupe, Vincent Michaud, à l'AFP. Il ne s'agit
pas d'un cas isolé, selon la société. Sur la récolte 2018, le taux de
contamination au glyphosate des lots fournis en France au groupe Michaud
était de 12 %.
Frelon, acarien, néonicotinoïdes
Ce coup dur intervient alors que
la profession connaît des hivers difficiles
avec une mortalité moyenne des abeilles de 30 %. « En Bretagne, certains apiculteurs ont perdu de 70 à 80 % de leur population », explique aux « Echos » Gilles Lanio, le président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).
La profession,
qui a interpellé Emmanuel Macron jeudi
, est victime du frelon asiatique, du varroa, un acarien parasite, et
surtout des néonicotinoïdes, ces insecticides utilisés pour enrober les
semences, qui perturbent le système nerveux des abeilles.
Ces produits seront interdits en France à partir de septembre 2018
, mais la possibilité d'obtenir des dérogations inquiète beaucoup la filière.
Une production divisée par trois
La production française de
miel a été divisée par trois en l'espace de vingt-cinq ans pour tomber à
10.000 tonnes par an. Dans le même temps, les importations se sont
envolées, les Français continuant d'en consommer 40.000 tonnes chaque
année. La Chine est le premier fournisseur de la France, suivi de
l'Espagne et de l'Ukraine. Quelle est la qualité écologique de ces
produits sachant que les mélanges et reconditionnement, avant
réexportations, sont courants sur ce marché ? On peut se poser la
question. En 2015, une étude menée à la demande du ministère de l'Agriculture
soulignait que les origines géographiques mentionnées ne permettaient
pas de déduire l'origine réelle des miels vendus en France. Reste qu'un
miel chinois se vend à 1,6 euro le kilo en prix d'import contre un coût
deux à trois fois plus élevé en France. De quoi pousser aux mélanges
pour baisser les prix.
Associé notamment à des déficits de QI chez l’enfant, l’insecticide est
toujours autorisé malgré des études scientifiques accablantes. Son
processus de renouvellement dans l’UE arrive à son terme.
C’est une famille de pesticides qui vole
en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant
européen. Son principal représentant, comme beaucoup de produits
chimiques, porte un nom compliqué qui lui garantit le confort d’un
certain anonymat. Pourtant, il contaminenotre vie
quotidienne. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons
ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de
traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et
le cordon ombilical des femmes enceintes.
Au
fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se
sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé
remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme
américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière
irréversible.
Les éléments scientifiques sont désormais si accablants que, d’après les informations du Monde, la Commission européenne s’apprête à proposer son retrait du marché. Or, notre enquête démontre que les autorités ont misprès de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant. Des données qui, de plus, étaient erronées.
Huit pays européens n’autorisent pas, ou plus, le chlorpyrifos
pour un usage agricole. Depuis 2016, la France ne permet plus qu’une
exception pour les épinards. Une évaluation de l’Agence nationale de
sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a
conclu à une absence d’effets nocifs dans les conditions d’usage. Mais
l’exposition à l’insecticide ne s’arrête pas aux frontières : elle
perdure par le biais des produits importés.
Un collectif de chercheurs dénonce dans une tribune au « Monde »
l’incapacité des experts en toxicologie à protéger la nature et l’homme.
Selon eux, on en sait assez pour interdire ces substances dès
maintenant.
La tribune intitulée « Sur l’impact des pesticides, la recherche scientifique doit éclairer la décision publique » (Le Monde
du 17 mai) rappelle l’angoissante perspective vers laquelle nous
entraîne l’usage sans cesse croissant de ces substances. Depuis le
constat de la chute des populations d’insectes pollinisateurs jusqu’aux
données jugées probantes en termes d’impact sur la santé humaine, elle
souligne la gravité du problème. Simultanément à ce constat, elle se
fait l’avocate d’un financement d’études jugées nécessaires pour « éclairer » une éventuelle décision d’interdire l’usage des pesticides.
Pourtant,
en dépit d’un tel constat, le texte ne mentionne nulle part la
nécessité de l’arrêt urgent de l’utilisation massive des pesticides.
L’urgence découle des dégâts déjà constatés à ce jour sur la faune et la
biodiversité. Pour l’homme, au regard des incertitudes concernant les
mécanismes d’action des pesticides ou les conséquences de lentes
imprégnations par ceux-ci, les réponses pourraient bien n’être là que
dans dix, vingt ans ou plus. Les cancers reconnus en justice comme liés à
l’utilisation du Roundup se sont par exemple révélés trente années ou
plus (en 2011 et 2015) après le début de l’exposition (1982).
Le
temps représente un enjeu décisif avec lequel les firmes de
l’agrochimie jouent pour commercialiser des pesticides, qui, du fait de
leur toxicité, sont retirés les uns après les autres pour y substituer
d’autres molécules, ou des mélanges variés, ouvrant à de nouvelles
études… et de nouveaux profits. La course est sans fin entre les firmes,
les agences de sécurité, les chercheurs toxicologues, et les politiques
qui n’ont pas, le plus souvent, les connaissances pour discerner le
vrai du faux. Un fongicide, comme l’époxiconazole, mis en cause en 2013,
enfin retiré par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de
l’alimentation, de l’environnement et du travail) le 28 mai, est déjà
remplacé par une molécule sœur !