Les écosystèmes devraient subir de plein fouet la hausse des températures. "Avec
une planète à +4°C, il faut s'attendre à ce que le changement
climatique devienne le principal moteur des variations des écosystèmes,
prenant la place de menace numéro 1 pour la biodiversité, devant la
destruction de l'habitat", prévient le rapport, rappelant qu'en
Amazonie, le nombre des feux de forêts pourrait doubler d'ici 2050 en
conséquence d'un réchauffement d'environ 1,5 à 2°C par rapport à
l'époque préindustrielle". Un scénario de +4°C entrainerait "des changements encore plus graves".
Pour en savoir plus :
On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Le Petit Prince (1943) de Antoine de Saint-Exupéry
mardi 20 novembre 2012
mercredi 14 novembre 2012
140 chercheurs défendent Séralini et souhaitent que les risques liés aux technologies soient pris au sérieux
Devant l'incroyable levée de boucliers suscitée par la publication de Gilles-Eric Séralini et de son équipe dans le journal Food and Chemical Toxicology, nous, membres de la communauté scientifique, tenons à affirmer les points suivants.
D'une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet l'ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble. Le fait qu'un groupe d'une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d'un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision (au contraire, par exemple, du débat organisé par l'Académie des sciences dans le cadre de la polémique sur le changement climatique, à l'issue duquel la responsabilité de l'homme a été avérée). Nous saluons sur ce point la réaction salutaire du seul statisticien de l'Académie des sciences, Paul Deheuvels.D'autre part, le protocole suivi dans cette étude présente des défauts qui font débat au sein de la communauté scientifique. Mais en tout état de cause, disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les données ayant fondé les décisions d'acceptation des OGM par les experts. Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s'ils le critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l'acceptation d'une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le sens opposé. Ceci est à notre avis totalement contraire à toute déontologie scientifique. Nous affirmons donc que, si les observations en débat méritent d'être confirmées par des expériences de plus grande ampleur, cela s'applique également aux tests qui ont servi à autoriser toutes les plantes transgéniques actuellement sur le marché. Si toute cette histoire aboutit au moins à ce résultat, elle aura été utile.
Enfin, nous tenons à assurer à nos concitoyens qu'il existe également, dans la communauté scientifique, un nombre important de chercheurs qui sont convaincus qu'il faut prendre au sérieux les risques associés aux technologies et qui estiment que, si les chercheurs d'une part, et les applications sociales de la science d'autre part, sont par construction liés à des idéologies, des croyances et/ou des intérêts, la démarche scientifique doit, elle, s'efforcer de rester aussi indépendante que possible pour jouer pleinement son rôle dans la société.
Pour en savoir plus
vendredi 26 octobre 2012
Les zones humides françaises toujours à la peine
Une enquête nationale à dire d'experts montre que la moitié des zones
humides de métropole et d'outre-mer s'est dégradée entre 2000 et 2010.
L'urbanisation, le drainage et l'intensification agricole, la déprise agricole, l'abandon de l'entretien, les événements climatiques exceptionnels et la prolifération d'espèces envahissantes (3 % des sites de métropole en sont dépourvus) ont participé à la perte de surfaces et à la dégradation de l'état de conservation des milieux humides.
L'urbanisation, le drainage et l'intensification agricole, la déprise agricole, l'abandon de l'entretien, les événements climatiques exceptionnels et la prolifération d'espèces envahissantes (3 % des sites de métropole en sont dépourvus) ont participé à la perte de surfaces et à la dégradation de l'état de conservation des milieux humides.
Préservation des abeilles, vecteurs indispensables à la biodiversité
Une proposition de résolution est
déposée, visant à instaurer un moratoire sur la fabrication, la mise
sur le marché et l'utilisation de l'ensemble des pesticides
néonicotinoïdes et des phénylpyrazoles en France.
Les
néonicotinoïdes et les phénylpyrasoles sont une des classes
d'insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ce
type de pesticide est présent sur le marché de l'agrochimie depuis
1994. Sous ces dénominations, on trouve les substances actives
suivantes : thiaméthoxam, imidaclopride, thiaclopride, acétamipride, et
clothianidine pour les néonicotinoïdes, et le fipronil pour la famille
des phénylpyrasoles.
Plus aucun doute n'existe sur le fait que ces pesticides systémiques, utilisés massivement dans l'agriculture intensive, sont l'une des causes de la surmortalité des abeilles et des phénomènes d'effondrement des colonies. Les preuves sont suffisamment nombreuses et intangibles, selon les députés à l'origine de la proposition, pour appliquer le principe de précaution et interdire cette gamme de pesticide.
Plus aucun doute n'existe sur le fait que ces pesticides systémiques, utilisés massivement dans l'agriculture intensive, sont l'une des causes de la surmortalité des abeilles et des phénomènes d'effondrement des colonies. Les preuves sont suffisamment nombreuses et intangibles, selon les députés à l'origine de la proposition, pour appliquer le principe de précaution et interdire cette gamme de pesticide.
Remarque : la liste des cultures pour lesquelles la
pollinisation des abeilles entre en jeu est longue : les cultures
fruitières (abricotier, amandier, cerisier,
fraisier, pêcher, poirier, pommier, prunier), les cucurbitacées (courgette, melon, pastèque), les solanées (tomate, poivron), le kiwi, les cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses (féverole), des légumes et condiments (artichaut, chou, fenouil, oignon, persil, poireau, scarole et frisée) des cultures fourragères (luzerne, trèfle), etc. Certaines cultures n'existeraient pas sans le butinage d'insectes pollinisateurs : framboises, mûres, cassis, groseille, etc.
fraisier, pêcher, poirier, pommier, prunier), les cucurbitacées (courgette, melon, pastèque), les solanées (tomate, poivron), le kiwi, les cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses (féverole), des légumes et condiments (artichaut, chou, fenouil, oignon, persil, poireau, scarole et frisée) des cultures fourragères (luzerne, trèfle), etc. Certaines cultures n'existeraient pas sans le butinage d'insectes pollinisateurs : framboises, mûres, cassis, groseille, etc.
mercredi 24 octobre 2012
Un rapport du Sénat dénonce la sous-évaluation des risques liés aux pesticides
Les risques des pesticides pour la santé sont sous-évalués. C'est le
constat opéré par la mission commune d'information sur les pesticides
du Sénat. A la clé, une centaine de recommandations.
Pour en savoir plus :
Entre autres il est nécessaire de renforcer le plan
Ecophyto. Alors qu'il vise à réduire de 50% la quantité de pesticides utilisés
en France à l'horizon 2018, l'utilisation de pesticides a augmenté de 2,5% en
2011. Pour remédier à cela, la sénatrice Bernadette Bourzai (Soc. – Corrèze)
préconise d'accélérer la mise en place des outils existants mais aussi, plus
novateur, de cibler les régions et les secteurs de production les plus
consommateurs, c'est-à-dire les vignes, l'arboriculture et les cultures
maraîchères.
Pour en savoir plus :
mardi 9 octobre 2012
La biodiversité n'a jamais été dans un si mauvais état et elle continue à décliner.
C'est cette conclusion des plus pessimistes que rend le directeur de
la section biodiversité du Programme des Nations unies pour
l'environnement (PNUE), Neville Ash, alors que débute, lundi 8 octobre, la conférence de l'ONU sur la biodiversité biologique de Hyderabad (Inde). Pendant deux semaines, 160 pays vont tenterengagements ambitieux pris il y a deux ans à Nagoya, lors de la précédente conférence, afin d'esquisser des remèdes à l'érosion toujours plus rapide des espèces et des écosystèmes.
de concrétiser les
"Il est maintenant urgent de prendre des mesures concrètes pour appliquer ces engagements. Chaque pays doit mettre en place une stratégie nationale pour la biodiversité, ce qu'a fait la France l'an dernier, et surtout il faut trouver les ressources financières suffisantes, explique Sébastien Moncorps, directeur de l'UICN France. La France, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, a notamment un grand rôle à jouer."
A Hyderabad, un groupe d'experts a calculé le montant à investir dans les pays en développement sur la période 2014-2018 pour atteindre les cibles d'Aïchi : entre 74 milliards et 191 milliards de dollars (57 milliards et 147 milliards d'euros). Soit, sur quatre ans, un budget trois à huit fois supérieur au financement que l'on estime aujourd'hui être consacré à la biodiversité par les bailleurs de fonds publics et le mécénat.
de concrétiser les
Selon la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature
(UICN), inventaire de référence actualisé chaque année, 19 817 espèces
s'avèrent menacées dans le monde, sur les 63 837 que l'organisme a
passées en revue : 3 947 sont classées dans une situation critique, 5
766 comme en danger et 10 104 comme vulnérables. Dans le détail, 41 %
des espèces amphibies, 33 % des barrières de corail, 25 % des
mammifères, 20 % des plantes et 13 % des oiseaux sont menacés.
Entre 1970 et 2008, la biodiversité dans son ensemble a diminué de 28 %, selon un autre indice, l'indice Planète
vivante du WWF, qui suit 9 014 populations appartenant à 2 688 espèces
de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons.
Une tendance qui pousse de plus en plus de scientifiques à avertir que nous sommes entrés dans la "sixième grande extinction" des espèces, la dernière remontant à la fin du Crétacé et des dinosaures il y a 65 millions d'années. "Les
cinq précédentes grandes extinctions sont toutes dues à des phénomènes
sismiques ou cataclysmiques. Cette fois, il s'agit de l'action de
l'homme sur la Terre", note M. Kirchner. En cause, essentiellement : la surpêche, la déforestation, les pollutions ou le changement climatique.
Cinq grandes pressions sont pointées du doigt : la dégradation des
habitats et des milieux naturels (comme la déforestation, qui se
poursuit à un rythme de 13 millions d'hectares par an dans le monde),
la surexploitation des ressources naturelles (75 % des stocks de
poissons sont surexploités), l'introduction d'espèces invasives par le
commerce (qui concurrencent les espèces locales, essentiellement sur
les îles, où les grands prédateurs sont plus rares), les pollutions
(hydrocarbures, polluants organiques persistants ou métaux lourds) et
le changement climatique.
Les pays négociant dans le cadre de la Convention sur la diversité
biologique de l'ONU ont adopté, en 2010, à Nagoya, un plan stratégique
fixant vingt objectifs pour 2020, appelés les "cibles d'Aïchi". Il
s'agit notamment de supprimer
les subventions néfastes à l'environnement, de réduire le rythme actuel
d'appauvrissement de tous les habitats naturels, d'éviter la
surexploitation des stocks de poissons, d'étendre les aires protégées
terrestres et maritimes mais aussi d'augmenter les financements."Il est maintenant urgent de prendre des mesures concrètes pour appliquer ces engagements. Chaque pays doit mettre en place une stratégie nationale pour la biodiversité, ce qu'a fait la France l'an dernier, et surtout il faut trouver les ressources financières suffisantes, explique Sébastien Moncorps, directeur de l'UICN France. La France, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, a notamment un grand rôle à jouer."
A Hyderabad, un groupe d'experts a calculé le montant à investir dans les pays en développement sur la période 2014-2018 pour atteindre les cibles d'Aïchi : entre 74 milliards et 191 milliards de dollars (57 milliards et 147 milliards d'euros). Soit, sur quatre ans, un budget trois à huit fois supérieur au financement que l'on estime aujourd'hui être consacré à la biodiversité par les bailleurs de fonds publics et le mécénat.
lundi 8 octobre 2012
Les objectifs fixés par la stratégie européenne sur la biodiversité risquent de ne pas être tenus
Selon l'ONG BirdLife International, le
maintien de subventions nuisibles, la faiblesse des moyens financiers
ainsi que les réticences des États rendront difficile l'arrêt de perte
de biodiversité dans l'UE pour 2020.
Ainsi, le rapport estime que si l'UE veut remplir ces objectifs, celle-ci doit supprimer les subventions nuisibles dans les secteurs de l'agriculture, de la pêche, des transports et de l'énergie et augmenter les financements pour la conservation de la nature, considérés comme dérisoires par rapport aux objectifs prévus. Le rapport souligne également le blocage de la mise en œuvre de la stratégie par certains États du fait des lobbyistes.
Les principales conclusions de cette évaluation, la première à être mise en œuvre au plan européen, sont les suivantes :
- objectif 1 " Conservation de la nature " : l'évaluation note une série de progrès importants (notamment l'établissement du réseau Natura 2000 sur presque 20 % de la surface terrestre de l'UE), minés toutefois par d'importants problèmes financiers et de mise en œuvre (gestion et suivi des sites Natura 2000 ; manque de volonté politique des États) ;
- objectif 2 " Sauver et restaurer les écosystèmes à travers les paysages" : le rapport note des initiatives prometteuses (objectif de la Commission pour atteindre une absence de perte nette et création d'infrastructures vertes), mais les ressources financières sont absentes et la planification des infrastructures environnementales est loin d'être une réalité ;
- objectif 3a : "Agriculture" : les propositions de réformes pourtant modestes de la PAC (verdissement) sont partiellement bloquées par les États membres, tandis que les subventions agricoles nuisibles (près de 50 milliards d'euros) persistent malgré des budgets publics en crise ;
- objectif 4 : "Pêcheries" : la Politique commune de la pêche (PCP) a largement contribué selon l'étude à l'effondrement des stocks de poissons européens (75 % des stocks surexploités) et plus largement à celui de la biodiversité marine. Les propositions de réforme progressistes rencontrent là encore des résistances et des blocages de la part des États membres ;
- Objectif 5 : "Espèces exotiques envahissantes" : les dommages causés par les espèces allogènes envahissantes sont estimés à 12 milliards d'euros par an au sein de l'UE. La Commission devrait présenter des propositions d'ici la fin 2012 pour réguler ces espèces ;
- Objectif 6 : "Biodiversité mondiale" : le rapport note que l'UE contribue à la perte de biodiversité mondiale par le biais de ses politiques communes, des subventions nuisibles et par ses modèles de production et de consommation non durables. Malgré quelques initiatives intéressantes (dont une Europe efficace dans l'utilisation de ses ressources), les progrès de l'UE dans la réduction de son empreinte écologique sont loin d'être suffisants. A l'inverse, sa politique sur les biocarburants met en danger les écosystèmes de la planète. L'évaluation estime que les États membres doivent réaffirmer leurs engagements et cofinancer des mesures pour la biodiversité dans les pays pauvres.
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